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L’armée démantelée par les politiques : militaires, nous ne somme

14 novembre 2013 Par Jean-Claude ThomannGénéral Les militaires français sont tenus au devoir de réserve. Ils sont pourtant plusieurs à faire savoir, depuis quelques semaines, que la loi de programmation militaire 2014-2019 est une catastrophe pour l’armée. Le général Jean-Claude Thomann,...

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Blogs et DICOD, une histoire embrouillée.

Publié par : Régis Ollivier | Categorie : Armées, Internet, Médias, Réseaux sociaux | Le : 29-03-2014

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Le 29 mars 2014 par Roland Pietrini

Le 29 mars 2014 par Roland Pietrini

 

Le blog Zone d’Intérêt dans un article intitulé « Le MinDef et les blogs », indique que « l’intérêt du Mindef pour les blogs est réel puisqu’ils font l’objet d’une veille particulièrement exhaustive de la part de la DICOD et de la DAS (Délégation aux Affaires Stratégiques), qui souhaitent apparemment n’en manquer aucun article. C’est ce qu’illustre un récent appel d’offre intitulé « fourniture d’une veille pluri-médias au profit du ministère de la défense » incluant une « veille internet médias et hors médias ». Ainsi, les blogs et autres sites web qui traitent de sujets de défense feraient l’objet de la même attention de la part du ministère que les grands titres de la presse francophone et internationale. »

 

Illustration LCA goodmorningafrika.blogspot.com

Illustration LCA
goodmorningafrika.blogspot.com

 

Force est de constater que des blogs tels que Secret Défense qui a déblayé le terrain, le Mamouth, Défense ouverte, Ligne de défense, Zone militaire pour n’en citer que quelques-uns, ont depuis longtemps couvert un besoin d’information que le site officiel du Mindef ne satisfait pas ou le fait de manière incomplète.  Pour résumer, le Mindef, mais je comprends que l’on puisse exprimer un autre avis,  donne  l’information souvent trop tard et de manière incomplète, tant celle-ci se doit d’être maîtrisée.

Les blogs en tout cas, ceux qui se réclament de l’information sont plus réactifs et parfois plus en phase avec les réalités du terrain.

Bref, l’information officielle est finalement peu attractive, peu crédible, sans lien avec  l’actualité immédiate, utilise un langage convenu, peu lisible, en un mot elle est officielle.

Les blogs, à contrario s’affranchissent d’un certain nombre de contraintes, techniques et hiérarchiques, ils sont personnalisés tout en ayant pour la plupart  un contenu responsable.

Les blogs les plus lus, dirigés en réalité par des professionnels diffusent en général, des informations maitrisés qui ne représentent aucun risque pour ceux qui vivent le terrain.

Mais au-delà de ces blogs d’autres blogs existent, ceux dont la ligne est d’exprimer une opinion, une tendance ou plus simplement des commentaires, ce sont des blogs que je considère comme étant de seconde zone mais qui ne sont pas moins importants, blogs de géopolitiques, de géostratégie d’histoire des conflits,  de stratégie, de défense et de diplomatie, ou plus simplement blogs de témoignage.  Ceux-ci n’en sont pas moins importants, parce qu’ils relaient l’information, souvent l’analyse de manière originale,  traitent de sujets peu abordés ou oubliés, analysent et synthétisent et osent sortir des idées convenues, enfin génèrent des commentaires parfois judicieux même s’ils ne respectent pas toujours la forme ou l’orthographe, mais participent à la circulation des idées et  ai devoir citoyen.   Je ne peux les citer tous,  mais la Voie de l’épée en cite quelques-uns.

La DICOD et la DAS devraient aussi s’y intéresser et parfois s’en inspirer, il n’est pas certain qu’ils s’en soucient, c’est dommage, ils y trouveraient parfois source à réflexion. 

 

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Loi de programmation militaire : la France est-elle en guerre contre les Français?

Publié par : Régis Ollivier | Categorie : Armées, Internet | Le : 28-03-2014

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mars 28, 2014

mars 28, 2014

 

 

presentation-de-la-lpm-2014-2019

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L’espionnage massif de ses citoyens par les services secrets d’un pays est aujourd’hui devenu la norme. A la faveur de la « lutte contre le terrorisme », la notion de guerre s’est introduite dans le code pénal de l’ensemble des pays occidentaux.

La dernière loi française de programmation militaire, qui vient d’être promulguée le 19 décembre 2013[1], s’inscrit dans cette tendance de fusion du droit pénal et du droit de la guerre. Elle illustre une évolution du droit occidental qui, tout en concentrant l’ensemble des pouvoirs aux mains de l’exécutif, place l’exception à la place de la norme et pose l’anomie comme base de reconstruction d’un nouvel ordre de droit. Cette mutation enregistre la fin d’une organisation, propre à la forme nationale de l’Etat, basée sur l’articulation de deux systèmes relativement séparés,  État de droit à l’intérieur du pays et violence pure à l’extérieur.

Une loi militaire comme « prévention de la criminalité. »

La loi de programmation militaire sert habituellement à encadrer les budgets des forces militaires de l’Hexagone. Cette année, elle sort du cadre de la défense pour englober « la lutte contre le crime ». Portant diverses dispositions, concernant à la fois la défense et la sécurité nationale, elle comprend un article 20 (l’ancien article 13) qui étend les pouvoirs de surveillance des autorités administratives françaises à « la prévention de la criminalité », fusionnant ainsi droit de la guerre et droit pénal en généralisant la tendance déjà imprimée par la lutte « antiterroriste » à l’ensemble du champ pénal. En visant génériquement la « prévention de la criminalité », ce régime s’appliquera à toutes les infractions. En soumettant les citoyens français à un régime de surveillance autrefois réservé à des agents d’une puissance étrangère, la loi ne sépare plus intérieur et extérieur de la nation et ne distingue plus infraction pénale et gestion de l’hostilité. Ce processus omniprésent n’est pas seulement identifiable à l’intérieur du pays, mais aussi au niveau des conflits internationaux. Les engagements de la France en Libye et en Syrie procèdent à une indifférenciation entre action de guerre et fonction de police. La guerre n’est plus engagée, afin de se défendre ou de procéder à une conquête, mais pour « punir un dictateur. »

Afin de procéder à cette fusion du pénal et du militaire, la loi de programmation évince le pouvoir judiciaire et concentre les pouvoirs aux mains de l’exécutif. Non seulement le troisième pouvoir est totalement contourné, mais le seul dispositif de contrôle a posteriori (Commission de contrôle des écoutes et interceptions) relevant de l’exécutif ne pourra émettre qu’une« recommandation » au premier ministre .

La collecte de données porte sur les numéros de téléphone, les adresses IP, ou les listes de contact de correspondants téléphoniques, ainsi que sur les données de géolocalisation en temps réel. Seulement dans ce dernier cas, l’autorisation préalable du Juge des libertés ou de la CNCIS, l’autorité de contrôle  relevant du pouvoir exécutif, reste nécessaire.

Ainsi, l’article 20 de loi  donne à l’administration le droit de collecter, en temps réel, sans recours à un juge et même sans autorisation préalable de l’organe administratif de contrôle, des informations sur les utilisateurs de réseaux de communication. Des agents individuellement désignés, relevant des ministères de la Défense, de l’Intérieur, de l’Economie et du Budget, ainsi  que des « chargés de mission », peuvent désormais accéder directement aux données. La loi étend également le droit de regard à toutes informations et aux documents stockés par l’hébergeur et plus seulement aux données techniques.

De plus, les administrations vont pouvoir exiger des données pour motifs très larges, notamment ceux prévus à l’article 241-2 du code de la sécurité intérieure, c’est-à-dire concernant :  « la sécurité nationale, la sauvegarde des éléments essentiels du potentiel scientifique et économique de la France, ou la prévention du terrorisme, de la criminalité et de la délinquance organisées »

Ainsi, l’article 20, qui entrera en vigueur en janvier 2015, permet la capture en temps réel sur simple demande administrative, sur  « sollicitation du réseau », des informations et documents traités dans ceux-ci et non plus seulement les données de connexion des utilisateurs . La collecte directe d’informations se fera, non seulement auprès des fournisseurs d’accès (FAI et opérateurs de télécommunication), mais aussi auprès de tous les hébergeurs et fournisseurs de services en ligne. Aucune disposition ne limite le volume des collectes. Celles-ci pourraient passer par l’installation directe de dispositifs de capture de signaux ou de données chez les opérateurs et les hébergeurs. L’inscription des termes « sollicitation du réseau » signifie que les autorités souhaitent donner un cadre juridique à une interconnexion directe. Cette loi rend également permanents des dispositifs qui n’étaient que temporaires. Si cette loi française peut être comparée aux dispositions du Patriot Act américain[2], on doit alors faire référence au Patriot Act Improvement and Reautorisation Act of 2005[3], promulguée en 2006 et qui rend permanentes les mesures temporaires prises immédiatement après les attentats du 11 septembre 2001.

Une loi martiale numérique.

Le pouvoir exécutif a toujours soutenu que la nouvelle loi ne portait aucunement sur le contenu des messages interceptés, mais uniquement sur les données de connexion. Cette lecture a été démentie par la CNIL qui, à la suite de la promulgation de la loi de programmation militaire, a déploré l’adoption de certaines mesures d’accès aux données personnelles prévues par son article 20. Elle a tout d’abord à nouveau regretté de ne pas avoir été saisie sur cet article lors de l’examen du projet de loi. Elle déplore surtout que « la rédaction définitive du texte et que le recours à la notion très vague d’informations et documents traités ou conservés par les réseaux ou services de communications électroniquessemble permettre aux services de renseignement d’avoir accès aux données de contenu, et non pas seulement aux données de connexion. »

L’article, entré en vigueur dès janvier 2014, confie au Premier ministre le soin de conduire l’action du Gouvernement en matière de sécurité de l’information, en s’appuyant sur les services de l’ANSSI  (Autorité Nationale de Sécurité des Systèmes d’Information). Il crée surtout un pouvoir de contre-attaque, aussi étendu que flou, qui autorise l’Etat à pirater des serveurs ennemis lorsque “le potentiel de guerre ou économique, la sécurité, ou la capacité de survie de la Nation” sont attaqués.

La loi ne définit pas ce qu’est une cybermenace et ne précise pas l’autorité compétente pour déterminer ce qui constitue une atteinte au “potentiel de guerre ou économique, la sécurité ou la capacité de survie de la Nation”. Avec une terminologie aussi large, cette législation pourrait,  par exemple, s’attaquer à une manifestation organisée et diffusée a travers les réseaux sociaux.

Quant à l’article 22, il crée une obligation, pour les FAI, hébergeurs et autres opérateurs dont les infrastructures sont considérées d’importance vitale pour le pays, de mettre en place à leurs frais. des outils de “détection des événements susceptibles d’affecter la sécurité de leurs systèmes d’information“. Ces outils étant exploités par des tiers certifiés ou par les services de l’Etat lui-même, la loi autorise, dans les faits, le pouvoir exécutif à installer des sondes qu’il contrôle directement ou indirectement.

L’article 23  renforce l’insécurité juridique pour les auteurs ou vendeurs de logiciels qui pourraient permettre l’interception de données. Jusqu’à présent, l’article 226-3 du code pénal interdisait les appareils ou dispositifs “conçus pour” intercepter des correspondances privées ou des données informatiques. Maintenant, seront interdits les dispositifs “de nature à” réaliser de telles infractions. L’intention ne sera plus à rechercher, seul le résultat , même accidentel, pourra compter.

Quant à l’article 23 bis, il donne accès aux fichiers d’abonnés à l’ANSSI qui pourra obtenir les coordonnées de tout abonné, hébergeur ou éditeur de site internet “pour les besoins de la prévention des atteintes aux systèmes de traitement automatisé” ou si l’agence estime que son système informatique est ou peut seulement être sujet à des attaques. L’ANSSI pourrait par exemple se faire communiquer les identités de tous les internautes dont les ordinateurs sont vulnérables, et identifier des cibles pour exploiter ces failles pour les propres besoins de la défense nationale.

Grâce à cette loi, les français sont soumis à des procédures qui relevaient autrefois de la mise sous surveillance d’agents d’une puissance ennemie. Cette dernière législation n’est cependant que la dernière péripétie d’un ensemble de mesures débutant avec la loi d’Orientation et de Programmation de la Sécurité Intérieure (LOPSI 1), définitivement adopté le 29 août 2002[4]. Cette législation permet déjà l’accès à distance de la police aux données conservées par les opérateurs et les fournisseurs d’accès Internet. Quant à la LOPPSI 2[5], définitivement adoptée le 8 février 2011, elle permet de filtrer progressivement le Net et légalise l’introduction de mouchards (chevaux de Troie) au sein des ordinateurs privés.

Jean-Claude Paye, sociologue, auteur de L’emprise de l’image. De Guantanamo à Tarnac, Editions Yves Michel 2012.

[2]    Texte de loi disponible sur http://politechbot.com/docs/usa.act.final.102401.html

[4]    Loi n° 2002-1094 du 29 août 2002 d’orientation et de programmation pour la sécurité intérieure,http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000780288

[5]           La loi dite LOPSI 2″, Loi d’Orientation et de Programmation pour la performance de la Sécurité Intérieure, fait suite à “LOPSI 1″ que Sarkozy avait fait adopter en 2002 lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000023707312&categorieLien=id

Source : Mondialisation.ca

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Gendarmerie : l’incroyable cécité de l’autorité politique

Publié par : Régis Ollivier | Categorie : Armées, Politique, Sécurité | Le : 25-03-2014

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Publié par Régis Ollivier le 25mars 2014

Publié par Régis Ollivier le 25mars 2014

 

Ecrit par sjroche @ le 03/24/2014 

 

Le « rapport d’évaluation de la loi du 3 août 2009 relative à la gendarmerie nationale » a été rendu par le député Hugues Fourage et le sénateur François Pillet en décembre 2013. Il est un nouveau témoignage flagrant de la faiblesse d’analyse de l’autorité politique vis-à-vis des forces de sécurité intérieure.

La loi du 3 aout 2009 a, en théorie, rattaché pleinement la gendarmerie au ministère de l’Intérieur. Et ce rapport, en théorie, fait le point sur ce changement. Par définition, les autorités politiques établissent et dirigent les forces de police et gendarmerie. Cela suppose d’avoir les capacités de le faire. Un des principaux défi à la relation pour parler comme les économistes que les principaux (l’autorité politique) et les agents (les responsables de police et gendarmerie) entretiennent en théorie, c’est à dire une relation hiérarchique des premiers vers les seconds), consiste en une asymétrie dans l’information. En effet, les bureaucraties ne peuvent être dirigés si les principaux ne disposent pas de l’information ou de la capacité de l’analyser (ou des deux). C’est un dilemme bien identifié par les économistes des organisations. A la lecture du rapport, il apparaît que l’autorité politique souffre d’une triple déficit : conceptuel, analytique et informationnel. Pour le dire simplement, les responsables politiques ne sont pas capable d’assigner des buts clairs et mesurables aux forces de sécurité, n’ont pas d’outil de suivi et d’analyse de leur performance ni d’idée des modes optimaux d’organisation. Cette faiblesse est « la faute » de l’autorité politique qui ne cherche pas à faire son travail, mais il est également intéressant de noter que la gendarmerie – dans le cas qui nous intéresse – ne fait rien pour donner les informations utiles à l’autorité politique. Il semble au contraire que la gendarmerie se borne à distiller les informations qui lui permettent de conforter le statut quo de l’organisation actuelle, au détriment du contribuable (qui paye pour une organisation obsolète et couteuse) et de l’effcience.
Le rapport qui est censé évaluer la gendarmerie se contente en réalité d’une succession d’affirmations non fondées et qui reflètent les vues de la gendarmerie comme corps. L’autorité politique n’exerce donc pas son rôle de principal. Les rôles sont renversés.
Le rapport aligne ainsi différentes affirmations comme :

1/ « les contraintes administratives et budgétaires ne doivent pas fragiliser son organisation », ce qui correspond à une demande moyens supplémentaires ou un maintien des ressources existantes dans une période où l’on demande à chacun de faire des efforts ; bref une exemption d’effort pour la gendarmerie;
2/ un maintien de la situation actuelle également pour ce qui concerne les droits des agents « dialogue sociale (dialogue interne) plutôt que le choix du syndicalisme ;
3/ une préservation de la situation actuelle concernant « l’équilibre entre les forces concernant l’organisation du renseignement territoriale et police judiciaire » ou dit autrement « l’équité entre les deux forces plutôt que de chercher la parité » ;
4/ le conservatisme dans la structure d’organisation avec « l’accentuation de mutualisation ou synergie au lieu d’une fusion » et en soulignant que « le statut militaire des gendarmes » est « constitutif du caractère de force armée » ; ceci n’est pas exact, on peut parfaitement conserver le statut des agents en tant que militaire et « civiliser » la gendarmerie ;
5/ conservatisme dans la recherche d’une présentation des traits actuels d’organisation comme étant indissociables: militarité-disponibilité- maillage territoriale de la gendarmerie ; il resterait à montrer que la militarité apporte un bénéfice au contribuable en prenant tous les coûts en considération (logement, âge de la retraite par exemple) et il resterait à démontrer que le maillage actuel de la gendarmerie permet de remplir les missions qui lui sont assignées : comment un maillage qui date d’avant la révolution française peut-il être présenté comme le meilleur choix, inoxydable, pour le 21è siècle ?
6/ Au déficit d’information des responsables politiques s’ajoute la reprise d’arguments souvent entendus mais toujours pas démontrés : l’articulation la dualité des forces de sécurité en tant que garantie démocratique (liberté de libre choix de magistrats)… Il faudrait prouver que les pays qui n’ont pas de gendarmerie sont moins démocratiques ! Ce genre de thèse serait assez difficile à défendre devant nos amis européens, et en particulier ferait sourire les pays nordiques qui sont à la fois les nations où les citoyens sont les plus satisfaits de leurs responsables politiques mais également de leurs forces de police… le tout sans gendarmerie !

On ne peut que rester sous le choc produit par la faiblesse des capacités d’analyse de la part des responsables politiques et de nos assemblées qui sont, en théories, des contrôles de l’action du gouvernement et des administrations qui dépendent de lui. Comment la défense d’un système de sécurité intérieur trop couteux, doté d’une structure datée, dont l’efficience reste à démontrer, le tout au nom d’arguments douteux va-t-il permettre à notre pays de se moderniser ? Comment le conservatisme radical va-t-il nous permettre de nous moderniser et d’être plus efficace ? Décidément, la crise du leadership politique, apparaît d’une profondeur insondable.

Source : http://sebastianroche.blog.fr

Harcèlement : Jean Yves Le Drian, ministre de la défense, s’est lancé à la recherche de l’eau tiède

Publié par : Régis Ollivier | Categorie : Armées, Justice | Le : 21-03-2014

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Par Jacques BESSY, président de l’Adefdromil publié le 21 mars 2014

Par Jacques BESSY, président de l’Adefdromil publié le 21 mars 2014

 

 

L’écoute brouillée de Jean Yves Le Drian sur le harcèlement sexuel.

Madame Taubira ne savait rien des écoutes judiciaires visant l’ex-président Sarkozy. M. Le Drian, ignorait qu’il y eut du harcèlement sexuel et même des agressions  dans son armée. Décidément, les ministres de ce gouvernement ne savent pas écouter !

Ainsi, M. Le Drian semble découvrir l’existence de l’eau tiède et du fil à couper le beurre (breton).

Il est vrai que toute l’œuvre de communication du ministère, bâtie sur  la présentation officielle d’une féminisation réussie, heureuse et paisible des armées et de la gendarmerie s’est effondrée en quelques semaines.

Les premiers articles récents sur le sujet ont été publiés sur le site de l’Adefdromil le 2 février 2014. Fin février, c’est la sortie du livre de deux journalistes « La guerre invisible », qui a mis le feu aux poudres. Cet ouvrage s’est largement appuyé sur l’action et les publications passées de l’Adefdromil sur le sujet. Ensuite, sont venus des témoignages de victimes, dont certaines ont accepté de parler aux médias à la demande de l’Adefdromil. Il faut rajouter à ce battage plusieurs articles concernant des cas récents non cités dans l’ouvrage.

Jean Yves Le Drian tombe alors des nues

 L’Alzheimer précoce du ministre ou sa surdité ?

Nicolas Sarkozy et Bernadette Chirac sont allés inaugurer le 10 mars dernier à Nice l’Institut Claude Pompidou pour les victimes de la maladie d’Alzheimer. Jean Yves Le Drian ne devrait-il pas dès à présent anticiper et y réserver une place ?

Est-il sérieux d’oser affirmer qu’il n’était pas au courant.

Le 25 mai 2012, nous lui avions écrit pour évoquer trois sujets d’importance pour les militaires en fonction des dossiers confiés à l’Adefdromil : « Comme à l’accoutumée, les militaires, citoyens en uniforme, semblent exclus du dialogue social républicain…Cela signifie de notre point de vue, que pour les militaires, « le changement, ce n’est pas maintenant » et qu’une nouvelle fois, ces serviteurs de l’Etat, qui ont payé un lourd tribut en Afghanistan, vont continuer à être marginalisés. Il y a pourtant de nombreux sujets urgents, touchant la condition militaire, qu’il conviendrait d’aborder et de régler dans les meilleurs délais pour atteindre l’objectif de justice fixé par le Président de la République. Ainsi, en est-il de l’introduction d’articles de loi interdisant les harcèlements moral et sexuel dans le code  la Défense, dans le cadre de la réécriture de l’article du code pénal annulé par le Conseil Constitutionnel… »

On aurait pu espérer qu’il donnât des instructions pour être mieux informé par l’armée de bureaucrates de haut niveau l’entourant. Il semble qu’il n’en est rien été.

Comme l’Adefdromil est bonne fille, elle refait un point sur le sujet.

En octobre 2001, Michel Bavoil publie un ouvrage intitulé « Pour que l’armée respecte enfin la loi »(Editions LPM). Le chapitre 4 de cet ouvrage toujours d’actualité, même s’il rapporte des faits datant d’une dizaine d’années, s’intitule : « Avec certains officiers, ça marche à la brimade, au harcèlement et, parfois même à la braguette ». Après avoir rapporté l’histoire lamentable d’un colonel, auteur d’agressions sexuelles lors d’un séjour à Dakar et la tentative de viol d’une élève de Saint-Cyr par un instructeur, le fondateur de l’association conclut : « Il ne fait aucun doute qu’avec la féminisation des armées, ces cas deviennent malheureusement plus fréquents… Tout doit être mis en œuvre pour que demain, dans l’armée comme dans la gendarmerie, le harcèlement, physique ou moral, et les humiliations disparaissent à jamais. Il est temps que s’instaure une force syndicale neutre entre les plaignants, hommes ou femmes et l’autorité militaire. »

Début 2009, l’Adefdromil a publié un « Rapport sur les droits de l’homme dans l’armée française », portant sur la période 2005-2008. Plusieurs cas de harcèlement et de discrimination touchant des femmes militaires y sont rapportés.

Il faut encore citer les articles publiés depuis sur le site de l’Adefdromil, qui font l’objet de rapports et synthèses fréquents au cabinet du ministre par son service de renseignement, la direction de la protection et de la sécurité de la défense (DPSD).

Voici une liste des plus significatifs, ayant donné lieu également à des articles dans les médias :

 

 

Dès lors, la demande d’un rapport sur le harcèlement sexuel dans les armées relève-t’elle de l’habileté avérée du ministre ou bien d’un certain manque de courage, voire d’un simple opportunisme ?

Une habileté reconnue.

Tout en rondeur, rarement en colère, Jean Yves Le Drian est parvenu, à force de présence sur le terrain, lors des pots, des cérémonies, des deuils, des retours, à donner l’image « du père du régiment ».

Souvenons-nous de l’accueil à Chypre de l’un des contingents de retour d’Afghanistan en décembre 2012, en compagnie de la députée bretonne, Patricia Adam, présidente de la commission de la défense.

Son habileté s’est également exercée à l’égard de la haute hiérarchie militaire. Il a mis fin aux pouvoirs exorbitants du Chef d’état-major des armées (CEMA), l’amiral Guillaud, qui était soumis à la seule autorité présidentielle.

Les interventions au Mali et en Centrafrique ont conforté cette image d’homme de terrain, proche de la troupe.

En Bretagne, les restructurations des armées n’ont eu que des effets limités. Il a su protéger l’emploi militaire dans sa région.

Il est parvenu à exfiltrer sans dommages son directeur adjoint de cabinet en lui obtenant une belle promotion à la tête de la société « Défense Conseil International » (DCI).

La nomination de son fiston au conseil d’administration de la Société nationale immobilière (SNI) a suscité, en revanche, des commentaires souvent très critiques.

Manque de courage ou simple attentisme ?

On peut se demander si l’attitude de Jean Yves Le Drian vis-à-vis de la haute hiérarchie militaire n’est pas conditionnée, par ce qu’il convient d’appeler « le syndrome Allende », c’est-à-dire par la peur d’un coup d’état militaire ou a minima par celle d’une fronde des généraux, voire par un défilé protestataire de troupes, dans le style de celui des gendarmes en 2001.

A cet égard, le bilan Le Drian est éloquent.

Louvois, tout d’abord.

Il a solennellement déclaré la guerre au logiciel. Le bilan de son action n’est pas à la hauteur de ses déclarations fracassantes. Le logiciel continue de faire des victimes malgré l’annonce de son remplacement dans les mois à venir. Surtout, il semble qu’il n’y ait pas eu d’identification de responsables et donc aucune sanction n’est intervenue.

Autre exemple, les cas des généraux Dary et Desportes.

Lorsque l’ex gouverneur militaire de Paris, le général Dary, s’est affranchi de son devoir de réserve en conseillant les organisateurs de la manifestation contre le « mariage pour tous », le ministre l’a fait convoquer au cabinet et s’est abstenu de prendre des sanctions, donnant ainsi l’image d’un ministre pusillanime face à des prises de position d’un officier général.

En ce qui concerne le général Desportes, expert reconnu en stratégie, qui dérange et critique l’action gouvernementale, il s’est contenté de le tacler dans les médias. Cela  n’a pas manqué de provoquer un éditorial furibard d’un autre général, Pinard Legry, président de  l’ASAF, association à caractère syndical de soutien à l’armée française et à sa hiérarchie. L’objectif demeure de ne pas risquer de se mettre à dos la caste des généraux et de rechercher une certaine forme d’apaisement.

Toujours dans le même esprit, et sans souci d’économie, il s’est abstenu de supprimer le poste supplémentaire de général d’armée (5 étoiles) accordé en 2010 au général Pierre de Villiers en compensation du rejet imprévu de sa candidature au poste de chef d’état-major particulier du Président de la République.

Elections obligent, les annonces précises faisant suite aux restructurations de la défense, notamment celles concernant l’armée de terre, que ce soit celles engagées sous le mandat présidentiel précédent ou celles résultant du nouveau livre blanc…sont toujours attendues.

S’agissant du harcèlement dans les armées, l’agrégé d’histoire Le Drian va t-il oublier cette citation du Général de Gaulle rapportée par Georges Pompidou dans « Pour rétablir une vérité » : « C’est pourquoi la conduite des Etats, c’est l’art de contraindre les corps constitués à se plier à l’intérêt général.» ?

Car, l’intérêt général commande que les militaires ne soient plus marginalisés dans la Nation. Il commande d’interdire le harcèlement sous toutes ses formes dans le Code de la défense. Aura-t-il le courage d’imposer à la hiérarchie  cette réforme salutaire?

On peut en douter, et on attend avec impatience la production de la contrôleuse générale Debernardy et du général Bolleli.

On prend le pari qu’on va minimiser le phénomène et proposer des mesurettes du type : formations préventives dans les écoles à l’heure de la sieste, grosse menace de sanctions et numéro vert que les victimes seront réticentes à appeler, surtout lorsqu’elles auront testé son inefficacité ou sa dangerosité.

Et puis à quoi servent un président du HCECM, le sieur Pinault, conseiller d’Etat, qui a déclaré « avoir fouillé dans les coins » (avec qui M. Pinault ? Les Français veulent savoir, comme dirait JJ Bourdin !) et une haute fonctionnaire à l’égalité Homme/Femme, madame Gaudin, qui n’ont rien vu, rien entendu et qui sont forcément muets comme les trois singes de la sagesse ?

La comédie du pouvoir est décidément bien triste et surtout couteuse pour les finances publiques.

De son côté, comment le ministre pourrait-il suivre sérieusement un dossier comme celui sur le harcèlement, alors que son cabinet est un de ceux dans lesquels le « turn over » est le plus élevé ? En décembre 2013, c’est  son directeur adjoint de cabinet, le contrôleur général en deuxième section Jean Michel Palagos qui a montré la voie en prenant la tête de Défense Conseil International (CDI). Quelques semaines plus tard, un autre membre du cabinet, Jérôme Bastin, a été nommé directeur des services du conseil régional de Bretagne, avant d’être suivi du conseiller diplomatique, Nicolas Roche devenu directeur de la stratégie du commissariat à l’énergie atomique (CEA).

Et ce n’est pas fini. Selon Jean Guisnel, le directeur de cabinet en personne, l’électricien (ancien d’EDF), Cédric Lewandovski, rêverait lui aussi de quitter son poste pour des cieux plus cléments.

On a lu enfin que Jean Yves Le Drian aimerait retourner à la présidence de la région Bretagne. Après les bérets rouges, les bonnets rouges ? La boucle serait alors bouclée !


  1. Rappelons par respect pour le ministre que l’expression « Tomber des nues » ne signifie pas « draguer des femmes dans un camp de naturistes ».

Source : http://adefdromil.org

Le ministre de la Défense estime que «la guerre de libération du Mali est finie, elle a été gagnée».

Publié par : Régis Ollivier | Categorie : Armées, Conflits, Monde | Le : 20-03-2014

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AFP 20 MARS 2014

AFP 20 MARS 2014

 

 

Le ministre de la Défense estime que «la guerre de libération du Mali est finie, elle a été gagnée».

Des soldats français sur un pick-up au Mali. (Photo Eric Feferberg. AFP)

Des soldats français sur un pick-up au Mali. (Photo Eric Feferberg. AFP)

Une quarantaine de jihadistes, dont «plusieurs chefs», ont été tués par les forces françaises ces dernières semaines au Mali, a annoncé jeudi le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. «Depuis quelques semaines, nous avons mené des opérations qui ont permis de neutraliser plusieurs dizaines de terroristes qui tentaient de se regrouper»«une quarantaine», a-t-il déclaré sur RMC-BFMTV.

«On a pu neutraliser plusieurs chefs, dont en particulier Ould Hamaha, un chef historique d’Aqmi, qui était le beau-père de Mokhtar Belmokhtar», a poursuivi le ministre.«Neutraliser ça veut dire éliminer», a-t-il précisé. Mokhtar Belmokhtar avait conduit début 2013 la prise d’otages d’In Amenas, en Algérie. «La guerre de libération du Mali est finie, elle a été gagnée», a assuré Jean-Yves Le Drian, «ce qui est loin d’être fini, et pas uniquement au Mali, c’est la lutte contre le terrorisme».

Les forces françaises présentes dans le pays, où un millier d’hommes «resteront dans la durée», ont désormais «le contre-terrorisme»pour objectif. «Ca se passe au Mali, au nord Niger… Et ça se passe plutôt bien», a-t-il affirmé. «Nous avons une responsabilité sur la durée. Le terrorisme et les groupes jihadistes ne se sont pas arrêtés uniquement parce que nous avons gagné la guerre du Mali. Ils existent toujours, il y a des circuits du terrorisme qui perdurent, de l’océan Atlantique jusqu’à la corne de l’Afrique», a souligné le ministre de la Défense.

Dans la nuit du 4 au 5 mars, une dizaine de combattants d’Aqmi avaient été tués par des avions de combat et des hélicoptères français dans le nord-est du Mali. Le Malien Omar Ould Hamaha faisait partie des victimes de ces combats, avait déclaré un haut responsable de l’armée malienne le 14 mars à un correspondant de l’AFP à Bamako. Pour avoir été responsable de différents groupes jihadistes, dont le Mujao et Aqmi, il était recherché par le Mali et les Etats-Unis.

Environ 1 600 soldats français sont actuellement présents au Mali, dans le cadre de l’opération Serval lancée en janvier 2013 contre les groupes jihadistes qui occupaient le nord du pays. Le nombre doit être ramené à un millier dans les prochains mois.

AFP

Source : http://www.liberation.fr

Propagande et médias dans les interventions armées occidentales

Publié par : Régis Ollivier | Categorie : Armées, Conflits, Médias | Le : 17-03-2014

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16 MARS 2014 PAR ANTHONY MARANGHI

Le 16 MARS 2014  PAR ANTHONY MARANGHI

 

 

Nous pourrions nous croire à l’âge d’or de l’information à l’ère du multi-écrans. Quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit, dès qu’on allume nos téléviseurs, smartphones et autres ordinateurs, nous sommes transportés en Libye, en Syrie ou en Centrafrique. Mais quelle réalité nous est montrée ?

 

 

Depuis la guerre du Golfe, on a pu se rendre compte que les médias, notamment via des reportages télévisés, déforment la réalité. Mais contrairement à ce qu’on a pu dire sur l’existence d’un « effet CNN » et d’un « quatrième pouvoir » incarné par les médias du fait qu’ils pourraient influencer l’opinion publique et la politique extérieure d’un pays, les puissances étatiques et militaires contrôlent toujours l’information au nom de la sécurité d’Etat. Qui choisit de nous montrer telle situation au lieu d’une autre ? Que laisse entrevoir l’armée aux journalistes embarqués dans une zone de conflit ?

Le rôle des médias et de la propagande dans la guerre

 

Le rôle des médias dans la politique contemporaine nous oblige à nous interroger sur le monde et la société et notamment sur ce qu’est une démocratie. Selon le célèbre linguiste et intellectuel engagé américain Noam Chomsky, dans son ouvrage Propagande, médias et démocratie, il existe deux conceptions de la démocratie : la première stipule que les citoyens dispose des moyens de participer efficacement à la gestion des affaires qui les concernent et que les moyens d’information sont accessibles et indépendants. Selon la seconde acception, l’hypothèse est que le peuple doit être exclu des affaires qui le concernent, et les moyens d’information doivent être efficacement et rigoureusement contrôlés. Nous allons nous efforcer à démontrer qu’il s’agit de la conception dominante actuellement, et aux Etats-Unis particulièrement, « aussi bien sur le plan pratique que théorique ». On concentrera notre réflexion sur l’époque contemporaine après un cours rappel des débuts de la propagande dans l’histoire contemporaine et notamment dans la Première Guerre mondiale dont on célèbre le centenaire cette année.

Dans les « Exploits de la propagande », Noam Chomsky remonte le cours du temps jusqu’au début du XXème siècle pour nous expliquer le système de propagande instauré aux Etats-Unis au moment de la Première Guerre mondiale par l’élite du monde politique et du milieu des affaires. Avec un mépris total pour la population, cette « minorité intelligente » ne recule pas devant la transformation de la réalité pour « fabriquer l’opinion publique ». Elle montre également l’importance croissante du rôle des relations publiques née à cette époque et le soutien que es personnalités les plus influentes dans les médias apportent à ce système de propagande. « La propagande, écrit-il, est à la société démocratique ce qu’est la matraque à l’Etat totalitaire ». C’est le cas de Walter Lippmann, illustre journaliste américain qui rendit populaire plus tard le terme de « guerre froide », à la fois éminent analyste de la politique américaine et théoricien reconnu de la démocratie libérale. Ceci ne l’empêcha pas de prendre part aux commissions de propagande organisés par le gouvernement et d’en reconnaître l’impact : selon lui, la « révolution dans l’art d’exercer la démocratie » devait permettre de « fabriquer le consentement » au sein de l’opinion publique, soit l’adhésion de la population à des mesures qu’elle ne souhaite aucunement à l’origine. Il allait jusqu’à dire que c’était là une « idée nécessaire » car « le bien commun est une notion qui échappe complètement à l’opinion publique».

Considérons la première opération de propagande organisée par un gouvernement contemporain. Elle s’est déroulée sous le mandat de Woodrow Wilson, élu président des Etats-Unis en 1916 au terme d’une campagne électorale menée sur la défense de la paix en pleine Première Guerre mondiale. La population américaine pacifiste ne voyait pas l’intérêt à intervenir dans une guerre européenne alors qu’elle profitait largement du conflit dans tous les domaines : financier, agricole, commercial et industriel. Les pays de l’Entente ont eu besoin de s’approvisionner en énergies et d’emprunter auprès des Etats-Unis. Cependant, le gouvernement Wilson, avait déjà décidé qu’il rentrerait en guerre, et est intervenu dans ce sens. Il a créé une commission gouvernementale de propagande, la Commission sur l’information publique dite Commission Creel, qui est parvenue en six mois à amener un peuple pacifiste au conflit jusqu’à vouloir détruire tout ce qui était allemand, à entrer en guerre pour jouer les sauveurs du monde libre.

Les médias et le milieu des affaires, avec une implication considérable du gouvernement américain, ont organisé et chaperonné cette campagne anti-allemande qui a connu un vif succès. Cette campagne s’est accompagnée de mensonges grossiers comme l’attribution aux dits « boches » d’horreurs surréalistes comme le fait qu’ils auraient arraché les bras des nourrissons belges et autres atrocités inventées par le ministre britannique de la guerre chargé de la propagande, Horatio Herbert Kitchener. Ainsi qu’il l’a exprimé au cours de délibérations secrètes, il avait le vœu de « manipuler la pensée de la plus grande partie du monde ». Mais le plus important pour le Ministre était d’influencer l’opinion américaine afin de la faire entrer dans une véritable frénésie guerrière. Cela a très bien fonctionné et on n’en a tiré une conclusion générale : lorsque l’opinion publique est étayée par les élites intellectuelles et qu’aucune dissidence n’est autorisée, la propagande d’Etat peut avoir des effets conséquents.

Pendant la même période et après la guerre, on a eu recours aux mêmes techniques de propagande afin de créer une véritable psychose autour du nouvel ennemi incarné par l’URSS et plus généralement le « péril rouge ». Au nom de cette présuposée « menace », le gouvernement américain a presque réussi à détruire les syndicats ainsi que la liberté d’expression politique. C’est ainsi qu’après la guerre, les Américains ont également créé dans chaque pays européen des cellules d’espionnage appelée  « stay-behind » afin d’organiser une résistance en cas d’invasion de l’URSS. Ces « stay-behind » étaient composées d’agents locaux farouchement anti-communistes dont d’anciens membres de la ligue fasciste d’avant-guerre la Cagoule au sein de la cellule française qui était patronnée par personne d’autre que le « Monsieur Afrique » français, Jacques Foccart.

Dans Le journaliste venu de Mars, Chomsky aborde un sujet qui est toujours d’actualité : la couverture médiatique de la « guerre contre la terreur » qui vient supplanter la guerre contre l’épouvantail socialiste en Amérique du Sud et le communisme installé de l’autre côté du « Rideau de fer ». Il y explique comment les Etats-Unis ont déclaré la prétendue « guerre contre le terrorisme » non le 11 septembre 2001, mais il y a plus de 30 ans. Dans les années 1980, sous l’administration Reagan, les Russes constitueront la nouvelle menace, tandis que dans les années 1990, l’administration de George W. Bush père aura créé de nouveaux ennemis : le terrorisme international notamment incarné par la figure de Saddam Hussein, « le nouveau Hitler qui allait conquérir le monde ». Ce néoréalisme américain s’est accompagné de la diabolisation des non-démocraties via la presse qui a diffusé un discours anti- « Etats-voyou » et via une intervention de la communauté démocratique contre cet « autre » qui n’est ni démocratique, ni libéral.

La construction discursive et médiatique de la diabolisation des non-démocraties

« Nous occuper des « Etats voyous » est l’un des principaux défis de notre époque » déclarait déjà la Secrétaire d’Etat des Etats-Unis, Madeleine K. Albright en 1997. La politique étrangère américaine poursuit à l’encontre de ces Etats une stratégie d’ « endiguement » étayé par un « discours d’orthodoxie » produit par les penseurs néo-conservateurs comme William Kristol, partisan d’un « internationalisme conservateur ». Le gouvernement américain est le principal défenseur du terme d’ « Etat voyou » alors que de nombreux auteurs critiques de la politique étrangère et de défense états-unienne dénoncent son utilisation à l’encontre des nombreux pays hostiles aux Etats-Unis qui ne constituent pas de réelles menaces. Certains penseurs, tels que Jacques Derrida ou encore Noam Chomsky, ont critiqué ce choix sémantique et la politique étrangère de George W. Bush, dont son discours contre l’ « Axe du mal » de 2002 qui incluait le Pakistan, l’Irak, l’Iran, la Libye et la Corée du Nord. Ces pays ne respectant pas la démocratie libérale américaine ont été stigmatisés par les médias occidentaux. Si on se réfère à Louis Althusser, les médias seraient réduits à n’être que de simples « appareils idéologiques d’Etat » qui présenteraient la puissance occidentale sous un visage « idéaliste ». Cette dernière défend pourtant des intérêts réalistes, soit des intérêts économiques et politiques qui lui sont propres comme c’est le cas dans les nombreuses interventions guerrières occidentales qui ont eu lieu au lendemain de la guerre froide.

Les limites de la théorie de la paix démocratique

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2014 : « année vérité » pour la Défense

Publié par : Régis Ollivier | Categorie : Armées, Défense | Le : 12-03-2014

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Publié le 12 mars 2014

Publié le 12 mars 2014

 

 

LETTRE MENSUELLE de L’ASAF 14/03

« Ne pas subir » (Maréchal Jean de Lattre de Tassigny)


Madame, Monsieur,

Comme chaque mois, l’ASAF vous adresse sa lettre électronique. Elle est consacrée ce mois-ci à deux grandes préoccupations de l’année 2014 : les opérations extérieures en Afrique, zone stratégique prioritaire pour la France, et la mise en œuvre de la première année de la loi de programmation militaire qui s’avère à la fois impérative et plus problématique que jamais compte tenu de la situation économique du pays.

L’ASAF précise que ces lettres mensuelles sont rédigées par une équipe composée d’adhérents civils et militaires possédant une expertise indiscutable en matière de Défense. Elles n’ont, à ce jour, jamais été contestées ou contredites par les faits.
L’ASAF rappelle qu’elle est une association strictement indépendante qui ne sollicite aucune subvention de l’Etat.

Malgré les irritations qu’elle peut provoquer, l’ASAF continuera à exprimer ses analyses avec la même liberté, le même sens des responsabilités et la même détermination ; elle relaiera celles qu’elle estime pertinentes par le biais de son site (80 000 contacts mensuels), de la lettre mensuelle (15 000 destinataires initiaux) et de sa revue trimestrielle « Engagement » (12 500 exemplaires pour le numéro 103 à paraître le 15 mars).

A cet égard, il est navrant de voir un journaliste se faire l’instrument du cabinet du ministère de la Défense en s’en prenant, sur son site, avec des arguments d’une médiocrité affligeante, au général Vincent DESPORTES dont les réflexions sont souvent publiées par l’ASAF. En agissant ainsi, ce journaliste s’est définitivement discrédité aux yeux de ceux dont il revendique par ailleurs la sympathie.

Bonne lecture.

Henri Pinard Legry

Président de l’ASAF

LETTRE 14/03 

2014 : « année vérité » pour la Défense

L’Afrique, zone stratégique essentielle
La France comprend que l’Afrique, bordée par la Méditerranée, le golfe de Guinée et l’Océan Indien, est sa zone d’intérêt stratégique prioritaire. Ce continent, proche de l’Europe, riche en matières premières et en pleine expansion démographique, est traversé par un courant islamiste intégriste meurtrier dont le référentiel de valeurs est radicalement différent du nôtre. Notre ministre de la Défense a d’ailleurs présenté récemment aux Etats-Unis le nouveau dispositif militaire français en Afrique subsaharienne.
La violence qui se développe au Sud est d’autant plus menaçante qu’elle peut s’appuyer en France mais aussi en Europe sur des noyaux islamistes déjà implantés.Les centaines de djihadistes français qui combattent aujourd’hui en Afghanistan, en Syrie, en Libye et dans le Sahel, comme l’a rappelé le ministre de l’Intérieur, peuvent organiser demain, contre les intérêts de la France, des actions subversives nourries d’islamisme.
Cette menace commence à être évoquée après avoir été longtemps niée. Notre pays se doit donc de préparer avec réalisme, des mesures à mettre en œuvre pour assurer, le cas échéant, la protection des Français et la neutralisation de ces noyaux terroristes.

Le caractère toujours contingent des conflits
Les engagements au Mali et en RCA ont conduit nos dirigeants à communiquer très vite sur la durée prévue de nos interventions et sur l’échéancier de réduction des forces déployées. Aucune de ces prévisions n’a été respectée. C’est ainsi que l’on compte encore plus de 2 500 soldats au Mali – ils étaient plus de 5 000 au plus fort de la crise – et que les effectifs en RCA viennent d’être renforcés récemment de 400 militaires pour tenter de stabiliser une situation très difficile dans laquelle notre pays est intervenu, à l’évidence, trop tard et avec trop peu de moyens pour une mission trop floue.
On mesure aussi combien les drones et satellites, si utiles au Mali, sont peu efficaces en RCA. Ainsi se vérifie la règle de bon sens qui veut qu’une armée dispose d’une gamme complète de moyens, en quantité suffisante, pour faire face aux multiples crises dans lesquelles elle peut être amenée à intervenir. La « caisse à outils » militaire de la France commence à être incomplète, même pour des interventions de faible niveau. Elle risque de le devenir hélas de plus en plus…

Le respect de la loi de programmation militaire (LPM) : un impératif absolu
Recevant une trentaine de présidents d’association du monde de la Défense le 9 janvier, Jean-Yves Le Drian a rappelé que les crédits prévus dans la LPM 2014-2019 devaient être mis en place intégralement, faute de quoi tout l’échafaudage visant à maintenir, dans un fragile équilibre, la cohérence de nos forces s’effondrerait. « Il faut que rien ne manque, cela ne marche que si toutes les pièces sont là ».
Il a d’ailleurs confirmé à l’ASAF qui l’interrogeait à ce sujet au cours de cette réunion, que les déclarations du président de la République, en début d’année, relatives aux économies à réaliser dans la dépense publique, ne toucheraient pas la Défense et que « les ressources seront maintenues ».
Or l’on sait que le maintien de ces ressources dépendra de la signature ou non du contrat de vente du Rafale à l’Inde, de la prise en charge ou non du coût des Opex, du montant des ressources exceptionnelles – cessions immobilières et d’actifs – effectivement allouées et du résultat du combat que déclare mener le ministre contre Bercy pour que la Défense obtienne son dû. Leur réalisation permettra donc de savoir si notre armée va brutalement perdre toute cohérence ou si elle continuera seulement de décliner doucement en attendant des jours meilleurs.

Il importe donc qu’en 2014, notre pays fasse l’effort de redressement économique nécessaire, traque les gaspillages financiers et redonne aux fonctions régaliennes de l’Etat, notamment la Défense, des moyens aujourd’hui insuffisants.L’ASAF compte sur tous ceux qui partagent ses préoccupations d’intérêt national pour la rejoindre, s’exprimer et agir avec elle.

 

Rédaction de l’ASAF – (www.asafrance.fr)

Quand les politiques deviendront-ils des stratèges militaires ?

Publié par : Régis Ollivier | Categorie : Armées, Politique | Le : 12-03-2014

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Par Vincent Desportes le 12 mars 2014

Par Vincent Desportes le 12 mars 2014

 

Si l’année 2013 a été marquée d’entrée par un remarquable succès militaire au Mali, 2014 s’ouvre sur de sérieuses interrogations, avec une opération Sangaris en Centrafrique qui, faute d’avoir disposé d’emblée des moyens nécessaires, progresse très laborieusement.

Il est difficile d’affirmer que cette opération sera la seule de l’année, tant les derniers mois ont montré le caractère brutal des crises dans lesquelles la France n’a d’autre choix que de s’engager militairement. Car notre pays ne peut échapper à l’Afrique, et pour longtemps encore. Dans cet effort sur la durée, nous devrons surtout compter sur nous-mêmes. Pas sur l’Europe, en panne de solidarité militaire. Tant qu’il n’y aura pas de vision stratégique commune, il n’y aura pas de défense commune, car le sentiment de solidarité n’est pas assez fort pour que chaque gouvernement assume les risques politiques liés à ces opérations. La France doit donc cesser de se départir hypocritement des moyens - terrestres en particulier - nécessaires à l’exercice de ses responsabilités et à la protection de ses intérêts.

L’utilisation des forces armées est légitime, mais elle demande, de la part du politique, endurance et persévérance. N’imaginons pas que demain plus qu’aujourd’hui nous pourrons « commander » à la guerre et décider par avance de calendriers théoriques ignorants de l’aspect dialectique de l’engagement armé. « A la guerre, chaque adversaire fait la loi de l’Autre » : c’est l’imparable contrainte que nous rappelle Clausewitz. Le rêve du politique, c’est l’intervention puissante, rapide, ponctuelle, qui sidère. C’est le mythe cent fois invalidé du « hit and transfer », du choc militaire qui conduirait directement au résultat stratégique et, dans un monde parfait, au passage du relais à quelques armées vassales immédiatement aptes et désireuses d’assumer elles-mêmes les responsabilités. Las ! Clausewitz nous le dit aussi : la guerre ne se résume jamais à un seul coup et se vit toujours dans la durée. Avec sa dynamique propre, elle balaye toujours les calendriers préétablis. Il faut donc reconstituer notre capacité à conduire des engagements longs, avec des moyens suffisants pour produire d’emblée un résultat significatif. Le contraire de l’opération Sangaris au Centrafrique, en somme.

Si nous voulons préserver notre crédibilité militaire, il faut sans délais corriger les deux grandes inadéquations de notre système de défense. Inadéquation d’abord entre notre politique extérieure, qui s’appuie sur nos capacités militaires, et notre politique militaire qui tend à l’inverse à réduire ces mêmes capacités. Inadéquation ensuite entre les modèles de forces vers lesquelles nous nous dirigeons - des forces réduites de haute sophistication, de plus en plus aptes à remporter les batailles et de moins en moins capables de gagner les guerres, adaptées surtout aux conflits que nous ne voulons pas mener - et les guerres réelles qui exigent des formats et des capacités, dont nous nous dépouillons allègrement.

Le « wishfull thinking » ne peut pas remplacer les moyens. C’est un fait : le « paradigme de destruction » ne peut plus être l’argument central de la guerre. Lorsqu’il faut agir dans des contextes où le facteur multiplicateur de la technologie est réduit, puisque la légitimité de la bataille se mesure à son résultat politique, l’instantanéité et la « foudroyance » ne fonctionnent pas. Notre opération Harmattan en Libye (2011) en constitue une preuve flagrante, puisque nous en payons les conséquences au Mali et en Centrafrique aujourd’hui. La capacité à durer, les volumes déployables, le contrôle des espaces sont redevenus des données essentielles, ce qui remet d’autant en cause les évolutions de nos armées et ce terrible « manque d’épaisseur stratégique » qui les caractérise. 2013 aura été, militairement, l’année de la contradiction : entre les faits - les interventions - et le discours (le Livre blanc et sa traduction budgétaire, la loi de programmation militaire) qui dégrade profondément nos capacités de défense. Interventions, parfaitement légitimes, et incohérence budgétaire… jusqu’à l’absurde. Cette dernière « année militaire » nous a montré clairement ce que savent faire nos armées et leurs évidentes limites. Souhaitons qu’en 2014, le politique se fasse enfin stratège en proportionnant l’enjeu et les moyens.

Vincent Desportes

Vincent Desportes est général (r), professeur de stratégie à Sciences po et HEC, et ancien directeur de l’Ecole de guerre.

 

Source : http://www.lesechos.fr

 

Les armées recrutent de moins en moins

Publié par : Régis Ollivier | Categorie : Armées, Défense | Le : 11-03-2014

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Par Michel Cabirol   le 11/03/2014

Par Michel Cabirol le 11/03/2014

 

Le volume de recrutement des armées est en baisse de 21,8 % entre 2008 et 2012. En revanche, la sélectivité des candidats a tendance à augmenter.

 

Illustration La Tribune

Illustration La Tribune

Les armées recrutent moins. Beaucoup moins même pour certaines comme l’armée de terre. Ce qui est logique au vu des politiques de départ initiées par le ministère de la Défense (77.500 départs prévus sur douze ans entre 2008 et 2019). Depuis 2001, l’armée de terre a par exemple perdu 43 % de ses effectifs, a rappelé le nouveau chef d’état-major des armées, le général Pierre de Villiers. « Globalement, le volume de recrutement annuel est en baisse », a récemment constaté le président du Haut comité d’évaluation de la condition militaire (HCECM), Michel Pinault. Soit un très net recul de 21,9 % entre 2008 et 2012. Les baisses les plus marquées concernent l’armée de terre mais aussi la gendarmerie, respectivement en recul de 33 % et de 21 % entre 2010 et 2012.

En revanche, si le volume de recrutement a fortement baissé, « la décroissance du nombre de postes offerts a, dans certains cas, eu pour effet d’améliorer un peu le taux de sélection au recrutement, gage de qualité », a-t-il souligné. Ainsi, le taux de sélection des sous-officiers (hors gendarmerie) était de 3 candidats pour 1 poste en 2008 et de 4,5 en 2012. Celui des officiers sous contrat s’est établi en 2012 à 9,2 candidats pour un poste (contre cinq en 2008). Le taux de sélection des officiers sorti des grandes écoles reste « stable et satisfaisant », a jugé Michel Pinault. Il est passé de 15,2 candidats pour 1 poste en 2008 à 15,3 en 2012.

Peu de candidats pour devenir militaires du rang

L’armée a beaucoup de mal à attirer des candidats pour endosser le treillis. « La sélectivité des militaires du rang s’est un peu améliorée mais reste faible », a constaté Michel Pinault. Elle est passée de 1,7 candidat pour 1 poste à 2 en 2010 puis 2,3 en 2012. En revanche, la sélectivité des sous-officiers de gendarmerie a baissé. En 2008 il y avait 8,4 candidats pour 1 poste contre 6,9 en 2012.

Le président du HCECM estime que la sélectivité du recrutement des agents civils de l’Etat est « généralement bien meilleure que celle des militaires ». Et de rappeler que le dernier taux de sélection connus (2011) pour le recrutement externes de fonctionnaires civils de catégorie C est « supérieur à 24 candidats pour 1 poste ».

Pourquoi le métier des armes n’attire plus

Selon Michel Pinault, « la fonction publique civile attire plus que les métiers des armes car elle offre la perspective d’une carrière complète ». Y compris aujourd’hui. En dépit de la mauvaise situation du marché de l’emploi, « la taille des viviers au sein desquels les militaires sont recrutés reste globalement stable ».« L’attractivité des emplois militaires doit être renforcée et la journée Défense Citoyenneté doit mieux y concourir. Avec la réforme de la carte militaire, on a créé de véritables déserts militaires ».

Source : http://www.latribune.fr

Les forces nucléaires, priorité du renseignement français

Publié par : Régis Ollivier | Categorie : Armées, Défense, DGSE, SSX | Le : 09-03-2014

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Par JEAN GUISNEL Publié le 07/03/2014

Par JEAN GUISNEL Publié le 07/03/2014

 

Jean-Yves Le Drian veut que les services privilégient « la préservation des intérêts vitaux » de la France. Le terrorisme vient ensuite…

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. © LOIC VENANCE / AFP

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. © LOIC VENANCE / AFP

 

Le ministère de la Défense est un gros consommateur de renseignement pour ses propres besoins, tout en fournissant nombre d’informations et d’analyses au sommet de l’État. Mais le politique s’exprime peu sur ce sujet sensible, chaque intervention rendue publique faisant alors figure de petit événement. C’est ainsi que Jean-Yves Le Drian a prononcé le jeudi 6 mars à Paris - dans un lieu et dans des conditions qui n’ont pas été rendus publics – un discours devant le personnel de la Direction de la protection et de la sécurité de la défense (DPSD). Il vaut moins pour l’adresse à ce service spécifique que pour les priorités affichées par le ministre de la Défense. Lesquelles dénotent un retour aux « fondamentaux » des services de renseignement dont il a la tutelle – Le Drian préfère dire « placés sous mes ordres » -, à savoir la DPSD donc, la DGSE et la DRM (Direction du renseignement militaire).

Terrorisme au deuxième rang

On retiendra que le ministre évoque en priorité le rôle des services « déterminants pour la préservation de nos intérêts vitaux. Il permet en effet de dimensionner au plus juste notre force de frappe nucléaire », en l’adaptant aux transformations « opérationnelles, doctrinales et technologiques de nos adversaires potentiels ». Sous le précédent quinquennat, la priorité absolue – quasi exclusive, en réalité – était celle du terrorisme, avec un mot d’ordre implicite : pas d’attentat sur le sol français. Cette préoccupation demeure, mais au deuxième rang, afin de « détecter les menaces, identifier les réseaux et les entraver avant qu’ils ne passent à l’action ». Les intérêts de la France sont concernés, car « la menace représentée par les groupes djihadistes sahéliens nous renvoie à un ensemble de ramifications qui s’étendent de l’Asie centrale à l’ouest du continent africain, et cherchent des prolongements dans notre pays ».

Évoquant ensuite les menaces visant les entreprises françaises, le ministre souligne le rôle du renseignement. Les armées ne font « pas un pas sans renseignement : en janvier 2013, nous nous sommes engagés aux côtés des Maliens sur la base des analyses de vos services », a dit le ministre devant la DPSD. Idem pour la préparation d’une attaque contre la Syrie qui n’a finalement pas eu lieu, mais aussi pour celle de l’intervention en Centrafrique : « Ce sont bien les signaux d’alerte envoyés par la communauté du renseignement qui ont permis de mobiliser à nos côtés nos partenaires africains, européens et américains. »

Dispositions contestées

Quant aux dispositions très contestées de la Loi de programmation militaire sur la surveillance de l’infosphère, elles ne sont pas oubliées, au contraire ! « L’accès à certains fichiers administratifs ou judiciaires, ainsi qu’aux données de connexion et de géolocalisation, permettra aux services de mieux détecter des comportements menaçants, qu’il s’agisse de lutte contre le terrorisme ou de protection des intérêts fondamentaux de la nation. Le Parlement a bien voulu suivre mes propositions à cet égard », a déclaré le ministre.

Les finances étant ce qu’elles sont, les services de renseignement peuvent se réjouir d’un effort de recrutement qui se poursuit à contre-courant, puisque 800 nouveaux agents seront recrutés d’ici 2019. Pour autant, les moyens techniques coûtent de plus en plus cher et Jean-Yves Le Drian entend poursuivre « la mutualisation de nos capacités de recueil », notamment entre les deux services budgétivores, la DGSE et la DRM. Le ministre ajoute néanmoins que « mutualiser n’est pas uniformiser », et qu’il souhaite « éviter la pensée unique dans le domaine du renseignement ». Il entend donc « conserver les pôles d’expertise que représentent les différents services » en privilégiant « l’autonomie de chacun en matière d’analyse ».

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