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La minute cynique de Pierre Duriot

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Regis Ollivier, le 15 avril 2017

Le Colonel


© Fonds privé @TJL


 

Minute cynique… la Turquie est au bord d’un scrutin décisif pour son avenir, avec la question de savoir si le sultan Erdogan mérite plus de pouvoirs, à savoir, gouverner par ordonnances, occuper aussi le poste de premier ministre, en plus de celui de président et opter pour un avenir ultra-religieux, musulman donc, dans un pays ayant bâti sa modernité sur la laïcité. Pour faire bonne mesure et obtenir, sans doute, un résultat à la soviétique, il a fait enfermer la plupart de ses opposants, plusieurs milliers : militants, journalistes et même élus du peuple. Certains espèrent tout haut un « non », au mépris de leur vie, avec une voix populaire forte qui permettrait, peut-être, de sortir de la spirale dictatoriale. D’autres expliquent qu’il faut mieux se soumettre, afin que ça ne soit pas pire. On rêve ? Non, en France, de nos concitoyens, devant le même type d’avatars, préconisent aussi une soumission, à petit feu. En attendant de probables jours plus noirs, les Turcs viennent mettre le bordel en France, en tant que supporters de football, entendons nous bien. Pétards, bombes agricoles, rixes, destructions de mobilier urbain, envahissement du terrain, un peu comme lors d’un certain France/Algérie en 2001 : un genre de folklore pour certains. Du coup, le camp lyonnais exige un match retour à huis clos, tellement ils pétochent, comme on les comprend. On pourra toujours se consoler en se disant que ces migrants footballistiques, eux, ne devraient par tarder à rentrer pour voter dans un pays où les débordements de ce genre sont interdits et sévèrement sanctionnés. On pourra aussi pleurer pour notre pays où Erdogan a pu tenir des propos insultants pour l’Occident en place publique, où toute la lie de la planète a bien compris qu’on pouvait venir se défouler en toute impunité, du moins quand on a un profil particulier. Sans être fan de football, comme ça, vu de l’extérieur, on se dit qu’on préférerait perdre contre des Suisses bien élevés que gagner contre des Turcs, parce qu’en plus, ils ont perdu.

 


 

About the author / 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.

By Pierre Duriot

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