Armées, Budget, Défense, France, Politique, Société

14 juillet: rendre aux armées leur vraie place

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The Conversation, le 12 juillet 2017

 

 

« Si les armées continuent d’être considérées comme le palliatif de tous les dysfonctionnements sociaux tandis que Bercy demeure le décisionnaire ultime des moyens de notre puissance, le malaise continuera de coller aux semelles de ceux qui combattent au nom de leurs concitoyens. »

 

Lire aussi : C’EST L’ARMÉE FRANÇAISE QU’ON ASSASSINE 12 juillet 2017 By Régis Ollivier

 

 

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Depuis qu’il a été élu président de la République, Emmanuel Macron a multiplié les signes propres à l’installer dans sa fonction de chef des armées. « En choisissant de remonter les Champs-Élysées à bord d’un véhicule militaire, le nouveau président envoie un signe fort à un pays traumatisé par la menace terroriste », écrivait un journaliste au soir de son investiture, le 14 mai. L’après-midi même, le nouveau Président s’était aussi rendu à l’hôpital militaire Percy pour une visite aux blessés de guerre, à huis clos. Depuis les visites se sont enchaînées, de celle – à Gao le 19 mai – auprès des militaires de l’opération Barkhane au spectaculaire hélitreuillage pour rejoindre le sous-marin nucléaire, Le Terrible, le 4 juillet.

Le ministère de la Défense est devenu ministère des Armées. Au-delà des questions de périmètres, théoriquement inchangés, les mots ont leur importance : le terme « armées » revient au premier plan institutionnel, donnant au militaire un rôle central dans l’histoire immédiate de la défense nationale.

Il y a certes une part d’affichage et de communication dans ces choix, mais les symboles comptent dans un pays dont la relation entre la société, le monde politique et les armées s’est longtemps caractérisée par une valse-hésitation entre une lointaine indifférence et une condescendance polie.

Le soutien de l’opinion, pas de Bercy

La question se pose alors de la politique qui sera réellement menée après cette introduction martiale du quinquennat. Bien des acteurs et des spectateurs attentifs de l’actualité militaire étaient dans une expectative inquiète, pour ne pas dire plus, sur le sort budgétaire effectivement réservé aux armées. Ils n’ont désormais plus guère de doute sur l’issue des arbitrages en cours.

Parce qu’on a légèrement freiné l’inexorable courbe de la réduction des effectifs militaires après les attentats de 2015, parce qu’on a beaucoup parlé de guerre au cours du dernier quinquennat et que certains ont adopté des postures viriles, parce que les candidats à l’élection présidentielle ont presque tous brandi les fameux 2 % du PIB comme un but à atteindre, certains ont pu croire que les préoccupations sur les moyens alloués à la défense nationale n’avaient plus lieu d’être. À tort.

Quelques observateurs légitimement obstinés ne cessent de le rappeler : les saignées des décennies précédentes sont loin d’être compensées. Il serait bon que leurs voix, heureusement plus présentes qu’elles n’ont pu l’être par le passé dans le paysage médiatique, ne deviennent pas peu à peu une petite musique de fond avec laquelle on compose sans vraiment en tenir compte.

Les responsables politiques devraient y être d’autant plus attentifs que les Français semblent bien être prêts à entendre un discours qui aille en ce sens : 82 % souhaitent que le budget de la Défense soit maintenu ou augmenté (IFOP-DICoD, mars 2017) et 66 % sont en faveur d’une augmentation et d’une modernisation des forces conventionnelles françaises pour en maintenir la crédibilité. Enfin, 55 % des Français considèrent que le budget actuel de la Défense est insuffisant pour que les armées puissent remplir leurs missions de défense (IFOP-DICoD, mai 2017), soit 20 points de plus qu’en 2012. Resterait alors à utiliser ces nouveaux moyens pour une politique générale d’emploi des forces qui soit cohérente au regard des ambitions affichées.

 

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About the author / 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.

By Pierre Duriot

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