30 ans après, l’agent français qui a coulé le Rainbow Warrior présente ses excuses

Par L’Orient Le Jour, avec AFP le 06 septembre 2015

 

Je ne me prononce pas sur les excuses et les regrets du Colonel Jean-Luc Kister. C’est en son âme et conscience. En revanche, je voudrais m’attarder juste un instant sur ce point précis de son interview, je cite : « L’ex-agent accuse de « haute trahison » les autorités politiques qui ont fait fuiter son nom (avec une faute d’orthographe, Kyster au lieu de Kister) après les faits ».

Et je m’exprime en connaissance de cause pour avoir vu jeter mon nom en pâture à la presse, dans le cadre de mes fonctions, par des magistrats très peu scrupuleux du secret de l’instruction. Des fuites éhontées et hors contexte de mes propos tenus devant le juge d’instruction dans une affaire devenue « affaire d’Etat » par la volonté de certains protagonistes dont, secret de l’instruction oblige, je tairai les noms.

Aujourd’hui, la révélation de l’identité d’un membre ou ex-membres des services secrets français est passible du tribunal.

Mais pour votre serviteur, c’était avant. Je n’en dirai pas plus mais ma haine est tenace. //RO

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Jean-Luc Kister juge que la « riposte » dont ont été chargés les douze agents qui ont participé à l’opération commanditée par le ministre de la Défense de l’époque, était « disproportionnée ».

OLJ/AFP
06/09/2015

 

L’agent des services secrets français qui a posé la charge explosive ayant fait couler en 1985 le Rainbow Warrior, un bateau de l’ONG Greenpeace, présente ses excuses dans une interview diffusée trente ans après ce fiasco retentissant de la présidence Mitterrand.

Dans cet entretien diffusé dimanche par le site d’information Mediapart, le colonel Jean-Luc Kister s’explique à visage découvert sur les détails de cette opération au cours de laquelle un photographe de Greenpeace, Fernando Pereira, fut tué.

Le 10 juillet 1985, des agents de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) coulent en Nouvelle-Zélande le Rainbow Warrior, un chalutier reconverti par l’association écologiste pour perturber les essais nucléaires dans le Pacifique.

« Trente ans après les événements, avec les passions qui se sont apaisées, et aussi le recul que j’ai par rapport à ma vie professionnelle, j’ai pensé que c’était une occasion pour moi d’exprimer à la fois mes profonds regrets et mes excuses », dit Jean-Luc Kister, interrogé par le fondateur de Mediapart, le journaliste Edwy Plenel.
Jean-Luc Kister adresse, ému, ses excuses à la famille de Fernando Pereira, aux membres de Greenpeace qui étaient à bord et au « peuple néo-zélandais ». « J’ai la mort d’un innocent sur la conscience, et ça pèse. »

 

(Lire aussi : Quand les services secrets français détruisaient un navire libyen à Gênes)

« Nous ne sommes pas des tueurs de sang-froid, ma conscience me dictait de faire des excuses et d’expliquer », ajoute celui qui était un agent de l’unité des nageurs de combat du service Action de la DGSE.
Il juge que la « riposte » dont ont été chargés les douze agents qui ont participé à l’opération commanditée par le ministre de la Défense, Charles Hernu, était « disproportionnée » et affirme que les autres scénarios ont été refusés par le pouvoir politique. « On nous dit: +non, il faut le couler+. Alors là c’est simple, pour couler un bateau, il faut faire un trou dedans. Et là il y a des risques » liés à l’emploi d’explosifs.

L’ex-agent accuse de « haute trahison » les autorités politiques qui ont fait fuiter son nom (avec une faute d’orthographe, Kyster au lieu de Kister) après les faits. « Ce n’est pas aux journalistes que j’en veux, c’est au pouvoir politique. Si on avait été aux États-Unis, d’autres têtes seraient tombées », estime-t-il.

 

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Illustration : Le 10 juillet 1985, des agents de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) coulent en Nouvelle-Zélande le Rainbow Warrior, un chalutier reconverti par Greenpeace pour perturber les essais nucléaires dans le Pacifique. AFP PHOTO / PATRICK RIVIERE

 

 

 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.

3 thoughts to “30 ans après, l’agent français qui a coulé le Rainbow Warrior présente ses excuses”

  1. Deux des politiques qui ont ordonné et/ou autorisé cette « action disproportionnée  » sont morts.
    N’y aurait il pas dans les spheres de notre gouvernement actuel quelquesprotagonistes deja dans les arcanes du Pouvoir à cette époque ? Conseillers de…. Ministre de … voire plus ?

  2. Ne vous excusez pas ! Vous saviez et connaissez parfaitement la mentalité de ceux qui prétendent gouverner ! A l’heure actuelle ce n’est pas mieux !

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