A propos du Donald

Par Charles Gave, le 28 mars, 2016

Institut des Libertés

Charles Gave, on aime ou pas. En plus, c’est toujours très long. Certains diront « Charles me gave » et il n’auront pas tout à fait tort. Il m’est arrivé de penser ainsi. Trop long, trop chiant… Et pourtant, j’ai pris la peine, au sortir de ma sieste, de commencer la lecture de ce réquisitoire. Et plus je déroulais le fil de ce long billet, pas du tout soporifique,  plus j’appréciais ce discours que Charles Gave tenait. Tiens! Il ne me gavait pas pour une fois. J’ai trouvé ses propos  plein de vérités. Celles qui ne faut surtout pas tenir en France. Ces vérités qui dérangent celles et ceux auxquelles elles s’appliquent. Alors, j’ai décidé de publier ce billet qui se termine sur cette réflexion de l’auteur, je le cite :

« Dans la vie comme dans les affaires, il faut savoir sérier les problèmes.
Mon fils quand il était dans l’armée Française en tant que Lieutenant avait posé une question à son Capitaine qui lui avait répondu : « Lieutenant, dans la vie, il y a deux sortes de problèmes : Les problèmes de Lieutenant et les problèmes de Capitaine. Cela m’a l’air d’être un problème de Lieutenant. Rompez ! ». //RO

 

Il y a bien longtemps au tout début des années 60, j’étais tombé par hasard sur un jeune homme qui venait de s’échapper de Roumanie et qui comme bien des Roumains parlait le Français. Durant la discussion il me dit soudain « Vous avez quelqu’un de très bien en France et c’est le General …Salan».Pour ceux à qui cela ne dit rien, le dit General Salan était l’un des quatre officiers qui avaient commis une tentative de coup d’Etat contre de Gaulle quelques mois avant.

Quelque peu interloqué, je lui dis, certes, certes, mais pourquoi ?
La réponse fut sublime de profondeur. « Voyez-vous, me dit-il, la radio Roumaine officielle ne cesse d’en dire du mal. »
Et c’est la que je compris pour la première que dans les pays où la liberté d’information n’existe pas et où sévit un « Ministère de la Vérité », la population pour se faire une opinion n’a pas d’autre moyen que de prendre le contrepied de la Vérité officielle. L’ennui bien sur est qu’en termes logiques, le contraire d’une erreur peut ne pas être la vérité, mais une autre erreur, mais cela reste utile.

Je n’ai jamais oublié cette leçon et je l’applique depuis avec bonheur.
Prenons un premier exemple dans le domaine de la politique.
A la fin des années 70, aussi bien l’économie Américaine que le prestige des USA dans le monde entier étaient au plus bas, ce qui réjouissait infiniment toute la gauche Française.

Reagan fut désigné, à la loyale, comme le candidat Républicain chargé de lutter contre le très incompétent Président Carter, au demeurant un fort brave homme.
Dans les mois qui suivirent, les journaux Français « de gauche » furent remplis d’injures adressées à l’acteur de seconde zone, à l’ignare, à l’inculte, au demeuré mental qui osait prétendre qu’il allait redresser son pays. Comme chacun sait, la France s’est toujours distinguée par la qualité des élites qu’elle sélectionne, depuis le rescapé de l’attentat de la rue de l’Observatoire jusqu’à l’Homme Normal qui nous gouverne. On aurait aimé plus de modestie de la part de la classe jacassière, mais à l’impossible nul n’est tenu. Connaissant un peu Reagan et encore mieux les USA, c’est à ce moment là que j’ai cessé de lire « Le Monde » en partant du principe que l’information était une chose, la désinformation une autre. Après tout, c’est déjà difficile de comprendre ce qui se passe mais si en plus des incompétents à l’esprit faux essaient de me faire prendre des vessies pour des lanternes, je ne vois pas pourquoi je devrais les payer pour accomplir cette forfaiture.

Prenons un deuxième exemple dans le domaine de la stature morale d’un personnage et je vais parler de Soljenitsyne qui venait d’être expulsé d’URSS après avoir publié « l’Archipel du Goulag », ce coup de boutoir qui fit sauter le Mur de Berlin. Invité à « Apostrophes » (je crois), il y rencontra Jean Daniel qui lui tint à peu prés ce discours : « Lui et Soljenitsyne avaient toujours lutté pour la Liberté. (On voit l’outrecuidance de la part d’un homme qui était pour l’alliance avec les communistes, que personne n’avait jamais mis en prison et qui venait à l’émission dans son joli costume bleu, bien rasé, prospère et sentant bon la lavande )… et donc il ne comprenait pas comment le prophète Russe pouvait venir en France pour expliquer que le communisme était une abomination juste avant des …élections cantonales (ou municipales, je ne sais plus).

Je me souviens de l’air absolument ahuri de Soljenitsyne qui à l’évidence se demandait qui était ce jean-foutre en face de lui. « Quand le sage montre la lune du doigt, l’imbécile regarde le doigt » dit la sagesse populaire.
Et du coup, rebelote, je n’ai plus jamais lu le Nouvel Observateur qu’il m’arrivait parfois de parcourir d’un derrière distrait avant cet incident.
Le lecteur ne peut imaginer à quel point ne plus lire ces deux publications libère l’esprit et permet de recommencer à réfléchir tant il est vrai qu’essayer de comprendre pourquoi tous ces gens pensent faux est une tache sans aucun intérêt.

La seule chose qui compte c’est d’essayer de penser juste soi même. Comprendre pourquoi les autres pensent faux ne fait pas faire de grands progrès intellectuels.
Le pauvre Revel s’y est brisé.
Et donc, en suivant cette méthode, après cinquante ans de lectures, je suis arrivé à repérer les gens ou les publications qui pensent de travers, ce qui est bien utile et surtout économise un temps précieux.

Ce qui m’amène à mon sujet, l’inénarrable monsieur Trump.

 

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Illustration Le Colonel 2.0 photo La Libre.be

 

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