Affaire Benalla: fin de la saga de l’été, le responsable s’est fait connaître

Par Romain Cro

Le 25 juillet 2018

Le Colonel 3.0

 

 

© Pierre Duriot

Depuis une semaine nous assistons à un scandale tragi-comique, mais la saga de l’été au plus haut niveau de la République touche, semble-t-il à sa fin.


Alors qu’on apprenait qu’un « petit bonhomme » issu de nul part, n’ayant aucune expérience concrète, sorti d’un CQP (contrat de qualification professionnel) d’agent de sécurité, ce qui est loin d’être un diplôme de haut niveau, faisait preuve de violence durant une manifestation alors qu’il y assistait en tant qu’observateur aux cotés des forces de l’ordre, nous apprenions dans le même temps que ce « petit bonhomme » s’était vu nommer au poste de chargé de mission au sein de l’Élysée, avec pour objectif la refondation complète de l’organisation de la sécurité de la Présidence de la République.


Le président de la République s’est exprimé après avoir gardé le silence et esquivé toutes les questions tournant autour de ce sujet durant une semaine. Il a finalement décidé d’endosser la responsabilité de cette affaire, affirmant se sentir trahi par celui qu’il a lui même mis en place.  


Voilà, fin de l’histoire, inutile de continuer les auditions devant les commissions d’enquêtes, ou de pousser des gens à s’exprimer alors qu’ils sont tous dans une posture délicate vis à vis de leur hiérarchie.


En revanche, durant les auditions, nous aurons assisté à un formidable exercice de langue de bois. Maintenant que l’on connait les fonctions d’Alexandre Benalla au sein de l’Élysée, nous pouvons être plus ou moins surpris qu’aucun haut responsable de l’Etat n’ait accepté d’affirmer connaître celui à qui on a confié une mission de si haute importance. Faut-il le rappeler, Alexandre Benalla était en charge de la réorganisation de la sécurité de la présidence entre le GSPR (groupe de sécurité de la présidence de la république) la police et la gendarmerie. 


Mais passons, car nous savons maintenant dans quelle mauvaise posture ont été mises ces personnes à cause d’une volonté incompréhensible du chef de l’Etat.


Car si la saga de l’été autour du Sieur Benalla est terminée, un autre scandale pourrait éclater: quid de la méritocratie ? Comment ce jeune homme de 26 ans a-t-il pu avoir de si hautes fonctions, n’ayant aucune expérience pour y prétendre ?


Comment ce fait-il qu’il ait pu rester si longtemps à son poste, alors que l’ensembles des fonctionnaires chargés de la sécurité de la présidence l’ont tous ou presque décrit comme un arriviste, dépassant largement le cadre de ses fonctions et ayant un tempérament de fou furieux, manquant de respect à ceux qui ont été, de façon inexplicable et étrange, ses subordonnés ?


Le président de la République, en prenant la responsabilité de l’affaire, va devoir répondre à plusieurs questions, notamment celle de la nomination d’un simple militant inexpérimenté à un poste aussi critique. Ces genres de passe-droit sont-il récurrents au sein de l’équipe présidentielle ? Combien d’autres personnes sont-elles affectées à des tâches sans en avoir ni la formation, ni l’expérience, au sein de l’Élysée, dans d’autres ministères ou bien même ailleurs ? 


Hélas, je ne pense pas que nous ayons le droit à la moindre réponse, il faudra se contenter de pirouettes présidentielles, et d’une succession de grandes phrases lancées de façon explosive durant quelques meetings, où seuls les zélateurs du « prince », lui même inexpérimenté, arriviste, et arrivé là par on ne sait quelle magouille, seront présents, et applaudirons de façon énergique des explications vides de sens et inutiles.


Bref, cette présidence sera à l’image de son président, superficielle, et catastrophique.

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.

7 thoughts to “Affaire Benalla: fin de la saga de l’été, le responsable s’est fait connaître”

  1. La question posée à la fin de cet article est effectivement préoccupante. Le sénat doit de toute urgence procéder à un audit de l’organisation et du personnel de l’Elysée ainsi que de tous les services où l’intérimaire du jour (ou du quinquennat, s’il le termine) a pu par passe-droit ou passe-gauche nommer et faire salarier des inqualifiés, délinquants ou pas.

  2. l’attitude du Pt pourrait presque laisser craindre qu’il n’a plus la main. Ses dérives s’accekerent, les veut-ils, les subit-il, a-t-il bien toute sa tête ? un chef d’etat ne doit pas oublier sa stature, or entre ses phrases assassines, sa fête dépravée du 21 juin, la protection qu’il accorde à ce délinquant déjà viré pendant le gouvernement précédent, et qui frappe les français… il y a des questions a ses poser ou à poser a un psy ? Qui est à la tête du pays ???

  3. Je retiens que ce Monsieur ayant trahi le chef de l’Etat, il continuait d’assurer sa sécurité et que selon Mr Darmanin, il faut savoir pardonner.

  4. Notre république (Bananière depuis la présidence de Mitterrand et sans changement depuis) franchit aujourd’hui une nouvelle étape avec un individu qui – comme il l’a annoncé dès le début – a l’intention de s’affranchir de toutes les règles. (On s’en est aperçu avec l’affaire FILLON et à cette époque on aurait pu s’en émouvoir). Le terrain avait été préparé avec Hollande et la Cour de Justice de la République. Il aurait fallu dès ce moment, y veiller.
    Evidemment avec l’ivresse de cette fonction à laquelle il n’était pas préparé et les zélateurs qui l’entourent, le jeune blanc-bec ne pouvait que persister dans son avidité de pouvoir. Nous sombrons dans une dictature et la V° république le permet malheureusement. Le monde politique est totalement inoffensif pour cet arriviste et le peuple n’a qu’un droit, celui d’admirer un guide (Führer en Allemand, Duce en Italien) de cette trempe qui a su utiliser le système pour le dominer et le mettre à son service. Je crois que nous n’avons pas fini de nous mordre les doigts d’avoir toléré de tels agissements.

  5. Par ce « fait divers » les universalistes ont montré de quel bois ils se chauffent.

    Attendons les legitimistes.

  6. Par ce « fait divers », les universalistes ont montré de quel bois ils se chauffent.

    Attendons les légitimistes .

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