Faits divers, Justice, Médias, Société

Affaire Grégory : fascinante, forcément fascinante

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Par David Carzon

Libération

 

© Logo by Pierre Duriot

 

Une affaire vieille de trente années qui refait surface. Un drame qui aura ému la France entière qui jettera par la suite en pâture la mère du petit Grégory suivant en cela les « investigations et autres réquisitoires » d’une presse déjà charognarde et forcément nauséabonde. « On pouvait espérer que la presse et la justice auraient appris de cette histoire, que les pratiques allaient changer ». Que nenni. C’est aujourd’hui pire encore. « Le mieux qui puisse arriver, c’est qu’enfin, la justice puisse mettre un nom sur le (ou les) coupable(s). Pas pour le public. Pas pour la presse. Mais pour les parents de Grégory, qu’ils puissent enfin retrouver la paix à laquelle ils ont droit. » //RO et citations de DC

 

 

Il y a quelques jours, un homme assassinait sa femme en la ligotant sur une ligne TGV près de la gare Montparnasse à Paris. Lui se suicidait de la même manière. Fait divers sordide dont la violence dit beaucoup de la société d’aujourd’hui.

Mais voilà, c’est l’affaire Grégory qui refait la une des journaux, Libération compris. Regarder à nouveau le visage de ce petit garçon à travers cette photo familière depuis plus de trente ans, revoir l’image de cette innocence assassinée, provoque la même émotion et fascine toujours autant. On peut y voir un fait divers hors norme, une intrigue digne d’un polar, un fiasco judiciaire sans précédent…

Fascinante, forcément fascinante, cette histoire est bien plus que ça, elle touche à l’inconscient collectif. Tout a concouru à ce que de nombreux Français se projettent dans la figure maternelle de Christine Villemin, la mère de Grégory, accusée à tort de l’avoir tué avant d’être définitivement blanchie par la justice. On l’a accusée de tous les maux, elle a nourri toutes les suspicions, tous les fantasmes refoulés de l’opinion, elle a été jetée en pâture à un monde qui s’est servi d’elle, de sa détresse, de son innocence.

La presse y a contribué grandement car l’affaire Grégory, c’est aussi une histoire du journalisme. Celle où des journalistes confondaient leur rôle avec celui des juges ou des enquêteurs. Celle où ils défendaient une thèse, presque une cause. Celle où ils étaient prêts à tout pour un scoop, une photo volée. On pouvait espérer que la presse et la justice auraient appris de cette histoire, que les pratiques allaient changer. Et puis il y a eu l’affaire Outreau, qui est venue nous rappeler qu’on n’est jamais à l’abri d’une récidive en matière de fiasco médiatique et judiciaire.

 

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About the author / 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l’Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST – Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales – INALCO Paris. Ex-DGSE.

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