Algérie : le jour où les « Afghans » sont rentrés

Par ADLÈNE MEDDI – Publié le 02/09/2016 – Le Point Afrique

« Une trahison française » selon Waleed Al-Husseini.

Quand nos « Afghans » rentreront, la France tremblera. Merci qui ? //RO

© Pierre Duriot

Les autorités françaises redoutent le retour des Français partis en Syrie. Dans les années 90, l’Algérie a fait face à la violence de ses propres djihadistes revenus d’Afghanistan. Récit d’une guerre civile.

Le froid du désert enserre la petite garnison du 15e Groupe des gardes-frontières de Guemar. Les soldats – pour la plupart de jeunes appelés – dorment alors que les sentinelles en faction scrutent l’obscurité, dans le sud-est du Sahara frontalier avec la Tunisie. Vers 2 heures du matin, trois petits groupes sortis de la nuit attaquent par un feu nourri avant de tenter de dévaliser l’armurerie. Les autres soldats se réveillent en catastrophe et réussissent à repousser les assaillants, qui prennent la fuite. Bilan : trois victimes parmi les sentinelles dont les corps ont été mutilés. Nous sommes le 29 novembre 1991 et, quasi officiellement, le terrorisme islamiste signe son premier attentat en Algérie. « La manière dont les corps ont été mutilés présageait déjà de la barbarie qui allait caractériser le terrorisme intégriste », note dans un ouvrage le ministre de la Défense de l’époque, le général Khaled Nezzar. Le chef du groupe qui a mené l’attaque deviendra célèbre auprès des services de sécurité et du renseignement. Tayeb el-Afghani (l’Afghan), Aïssa Messaoudi de son vrai nom, est membre de l’organisation secrète Le Jour du jugement, créée en juin 1990 par les plus radicaux du Front islamique du salut (FIS), le parti intégriste en passe de remporter les législatives avant l’annulation des élections par les militaires en janvier 1992. Le groupe des assaillants était majoritairement formé par des « vétérans » d’Afghanistan. Cette nouvelle donne marquera durablement le phénomène terroriste en Algérie et ailleurs, à travers le monde et durant plus d’une décennie.

http://afrique.lepoint.fr/actualites/algerie-le-jour-ou-les-afghans-sont-rentres-02-09-2016-2065446_2365.php?fbclid=IwAR23Mz8lFe2M67oXqG_ura3U1sJngtpncooLptggDjrIIriI7K5oUoxR1qo

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.

One thought to “Algérie : le jour où les « Afghans » sont rentrés”

  1. Dans le temps , il se trouvait des  » escaliers très glissants » ou des  » branches d’arbres » si basses qu’elles envoyaient dans le décors toutes personnes ne restant pas sur le droit chemin .

    Je sais très bien qu’actuellement l’écologie interdit toute  » corvée de bois » ,trop polluante mais une petite, toute petite exception pourrai il me semble  » assainir » l’air de Paris

Les commentaires sont clos.