Allemagne: Hooligans et cols blancs ensemble contre l’islamisation

Par Paulina Dalmayer, le 26 mai 2015

Causeur

L’Allemagne, ce pays où les dirigeants appellent à la délation, est juste un peu en avance sur la France. La France connaitra le même scénario contre l’islamisation à outrance de notre pays, les mêmes événements. Soyez-en persuadés. Le mouvement est déjà en marche. Ce sera eux ou nous! //RO

*Photo : Jens Meyer/AP/SIPA. AP21720225_000007.
*Photo : Jens Meyer/AP/SIPA. AP21720225_000007.

 

Le phénomène des attaques anti-immigrés atteint en Allemagne une ampleur nationale, ayant dépassé le stade d’incidents isolés qui auraient touché quelques villes de l’Est en proie au chômage massif et à la pauvreté. Tel est en substance le constat dressé par le gouverneur de Saxe-Anhalt, Reiner Haseloff, après qu’un incendie a ravagé le bâtiment flambant neuf qui devait accueillir ce mois-ci quelque 40 réfugiés dans la ville de Tröglitz. Construite dans les années 1930 pour loger des ouvriers, la tristounette bourgade est tombée dans l’instabilité au moment de la réunification, frappée par la fermeture de la mine et le licenciement de près de 5000 personnes. Un profil urbain « à risques » donc, ce qui n’a pas échappé aux autorités locales. L’annonce de l’ouverture d’un local destiné à loger des étrangers a été précédée d’une réunion publique dont la tenue n’a pas permis de présager de la suite des événements, malgré le mécontentement exprimé tant par les membres du parti néo-nazi NPD que par le voisinage : « Les étrangers reçoivent beaucoup d’aides et nous rien ! ».

Si la précarité et un sentiment d’injustice sociale sauraient expliquer l’incident de Tröglitz, il n’en est pas de même pour Escheburg, situé à trente minutes de route de Hambourg. Là, c’est un duplex en bois qui a été la proie des flammes avant qu’une famille d’Irakiens ait eu le temps de s’y installer. Sa localisation à proximité immédiate d’un terrain de golf a fortement déplu aux habitants. Un d’entre eux -ni un skinhead ni un extrémiste de droite, mais un agent du Trésor public- a avoué être l’auteur de l’incendie. Comme beaucoup de ses voisins, il se disait inquiet pour sa femme et ses enfants à qui il voulait offrir l’opportunité de grandir dans un environnement protégé. Son procès sera accompagné de séances de médiation, autant dire de psychothérapie, organisées à l’intention de tous les villageois à l’initiative du pasteur et avec le soutien d’un groupe d’experts en résolution de conflits. Il reste à craindre qu’il sera plus difficile d’appliquer la même méthode, susceptible de conduire les Allemands à se projeter dans une radieuse diversité aux côtés de leurs nouveaux voisins, à l’échelle d’une ville comme Dresde, sans parler du pays tout entier. Or même le cosmopolitisme berlinois paraît à présent suspect. Si les DJ anglophones ou autres vidéo-concepteurs branchés y sont toujours les bienvenus, les demandeurs d’asile le sont moins à en juger par rapport à la récente explosion d’origine criminelle dans un centre multiculturel du quartier de Kreuzberg.

L’attitude des autorités face au fléau -c’est le cas de le dire- se révèle aussi louable qu’inefficace. Jusqu’à présent les incitations financières à dénoncer les malfaiteurs xénophobes n’ont pas donné les résultats espérés, même dans les communes aussi métissées que Germering, près de Munich, où la population locale a pris l’habitude de cohabiter avec les émigrés venus de plus de 120 pays différents. Bien que la destruction par le feu du refuge de Gremering en 2014 ait ému tout le monde, personne ne s’est pressé pour aider la police à identifier les suspects. Pourtant il serait exagéré de dire que l’Allemagne est en flammes. Comme il serait futile d’affirmer, d’après Christine Lüders de l’Agence fédérale contre la discrimination, que « quand on commence par brûler les maisons on finit par brûler les gens ». Il serait peut-être plus approprié d’évoquer l’atmosphère à la fois glaçante et atrocement drôle de « Dramuscules » de Thomas Bernhard, avec notamment la scène finale où deux personnages féminins pensent avoir vu un corps au bord de la route, puis comprennent leur erreur : « Rien que des affiches à croix gammée et nous on a pensé que c’était un mort ! ». Fort heureusement, pas de morts en Allemagne, du moins pour l’instant. Quant aux croix gammées, comment soutenir sensément que les 10 000 participants aux manifestations organisées à Dresde l’hiver dernier par le mouvement Pegida (l’acronyme allemand de « Européens patriotiques contre l’islamisation de l’Occident ») pour dénoncer l’immigration économique, étaient tous et restent à jamais des nazillons au fond de l’âme ? 34% des Allemands, selon le sondage d’opinion publique réalisé par l’hebdomadaire Der Spiegel, partagent le constat de Pegida sur l’islamisation croissante de leur pays. Seraient-ils forcément les héritiers de l’idéologie du IIIème Reich et des promoteurs de la vague de violence à l’encontre des immigrés ?

 

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Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.