ANALYSE | Non, Daech n’est pas mort – il est simplement retourné à ses racines

Publié par La Plume Libre, le 28 octobre 2017

Le Colonel

 

 

Il y a quelques années, spécialistes et experts français se bousculant sur BFMTV ou dans les médias assuraient que Al-Qaïda était mort de sa belle mort. « Ils ne savaient pas que c’était une graine… ». Il en sera de même avec Daesh. //RO

 

 

© Pierre Duriot

 

 

Stanislas Racine revient, dans un long article, sur le recul de Daech au Moyen-Orient : oui, ils ont perdu du terrain – et c’est une victoire. Mais non, ils ne sont pas morts : leur idéologie se répand encore. Avec la perte de Raqqa, Daech a perdu une bataille – mais il n’a pas perdu la guerre.

Mardi 17 octobre 2017 restera comme une date historique pour ces soldats. L’épuisement, la faim, mais aussi le soulagement et la joie se lisent sur les visages. Les forces kurdes – qui avaient préféré, même pour les femmes, prendre les armes plutôt que de fuir en Europe – ont libéré les derniers checkpoints qui restaient aux mains des soldat du califat auto-proclamé. Le « rond-point de l’enfer » a été libéré, et les photos qui ont émergé sur Twitter sont impressionnantes : soldats kurdes – hommes comme femmes – ensemble, les mains levées, les drapeaux plantés dans la terre cendrée, qui proclament la victoire sur une ville détruite à plus de 80 %.

Raqqa était un symbole très important : Daesh y avait établi sa « capitale ». De nombreux attentats – notamment en Europe – y avaient été préparés. Avec cette défaite – qui, de prime abord, semble leur porter un coup fatal – Daesh a perdu la bataille au Moyen-Orient. La coalition, largement soutenue par les Etats-Unis – encore plus depuis que Trump est arrivé au pouvoir – a repris 87 % du territoire de l’EI. C’est énorme : les djihadistes affiliés à ce groupe contrôlaient un territoire grand comme le Portugal. Désormais, leur province se résume à quelques checkpoints, quelques villages, quelques bandes de terre désertées de toute population – les 13 % restants sont dérisoires et devraient bientôt tomber. Les derniers leaders, qui ont survécu aux bombardements et aux fusillades intenses, sont en fuite, éparpillés. Le « califat », instauré en 2014, ne cesse de se réduire. De nombreux soldats de Daesh ont été capturés – ou ont eu le droit de fuir la zone après avoir signé un « accord de paix » avec les autorités irakiennes.

Le bilan de ce conflit est très lourd. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), 3 250 personnes sont mortes, dont 1 130 civils, y compris 270 enfants. 2 120 combattants des deux bords ont également perdu la vie. Après quatre mois de combats et de bombardements aériens, la ville est en ruine.

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Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.

2 thoughts to “ANALYSE | Non, Daech n’est pas mort – il est simplement retourné à ses racines”

  1. Pas d’accord sur le fait que la Syrie doive remercier les forces armées de la coalition. L’état islamique s’est quand même fait dézinguer en Syrie grâce à l’aide du Président Russe offerte à EL ASSAD. Les forces de la coalition n’ont rien fait sinon le contraire.

    Une chtite blaguounette récente de Kouchner : Il nous explique « qu’ il ne faudra pas mettre en prison les djihadistes français de retour de Syrie lorsqu’ils seront de retour , car cela risque de les radicaliser »… ! Plus « con » tu meurs !

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