Anti-sarkozysme : une erreur que la gauche pourrait regretter

22/09/2013 | Comité Cicéron | Vie politique
22/09/2013 | Comité Cicéron | Vie politique

LE CERCLE. Compétitivité, sécurité, justice, éducation, maîtrise de l’immigration : après la violence de l’hostilité à Nicolas Sarkozy, le principe de réalité confronte la majorité socialiste aux blocages français. La montée de la droite conservatrice pourrait même, finalement, pousser une partie de la gauche dans les bras de l’ancien Président.

Les choix politiques faits par Nicolas Sarkozy de façon appuyée jusqu’en 2010, puis de façon plus discrète, mais tout aussi volontaire, ont indéniablement conduit à un renouveau du débat politique. L’émergence de chroniqueurs à tendance conservatrice (Éric Zemmour en est le porte-drapeau), une plus forte différenciation des radios et de la presse, la volonté de l’opinion de ne pas se laisser manipuler ont renforcé la liberté de parole dans notre pays et rendu la tâche de la majorité socialiste plus complexe qu’elle ne le pensait.

Le renouveau du débat a permis d’aborder les sujets comme la sécurité, l’économie, l’entreprise, la nation sous un angle différent, mais a fait l’objet de critiques sévères parce qu’il aurait introduit des conceptions « populistes » qui n’ont pas de droit de cité dans la République. À ces critiques, il est pourtant facile de répondre : 

– Ne s’agit-il pas de la vie normale d’une démocratie que le débat soit organisé de manière à permettre au président de la République de jouer son rôle de synthèse tout en faisant bouger les lignes dans le sens de sa sensibilité politique ?

– La victoire plutôt aisée de François Hollande ne démontre-t-elle pas que, loin des apparences dictatoriales que peut avoir Nicolas Sarkozy (personne n’ignore son air de ressemblance avec Bonaparte), la gauche est loin d’être privée des moyens d’imposer son point de vue ?

– Enfin, le mode de gouvernement de François Hollande atteste que, à vrai dire, il n’y a pas vraiment d’autre choix que de pousser la France vers plus de compétitivité, plus de sécurité, et moins de dépenses publiques, comme Nicolas Sarkozy avait commencé à le faire malgré la terrible crise de 2008-2009. Et devant l’ampleur de la tâche, un style directif n’est peut-être pas déplacé.

À bien des égards, ce que fait François Hollande au sein de sa majorité depuis son élection ressemble beaucoup à ce qu’a fait Nicolas Sarkozy au sein de la classe politique française dans son ensemble :

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Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.