Après la séquence sociale, le fiscal. Emmanuel Macron est de plus en plus prévisible, il suffit de relire le Rapport Attali pour savoir ce qu’il va faire

Le 25 septembre 2017 

POLÉMIA

 

 

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♦ Jean-Marc Sylvestre, éditorialiste à Atlantico.fr, et Aude Kersulec, Essec, spécialiste de la banque et des questions monétaires, chroniqueuse et blogueuse.

La hausse de la CSG pour baisser le coût du travail y était écrite, le grand chantier de la réforme par points des retraites aussi. Et s’il suffisait de relire le Rapport Attali pour savoir ce que nous réserve le gouvernement ?


Les noms de Macron et Attali ont d’ailleurs souvent été liés. L’économiste a longtemps été considéré comme un des maîtres spirituels du jeune prodige. Derrière la politique Macron, celle du conseiller du premier président socialiste ?

Le Rapport Attali est sorti en 2010, mais il n’a pas pris une ride. Nicolas Sarkozy, qui avait commandé ce rapport à Jacques Attali, l’a partiellement laissé de côté. Faut dire que l’explosion des subprimes et la gigantesque crise mondiale ont tout bouleversé.

Mais Emmanuel Macron s’en souvient : il était rapporteur général adjoint de la 1re version et membre de la seconde ; il les a gardées dans le coin de sa tête et certaines de ses propositions se sont retrouvées dans le programme du candidat à la présidentielle.

Ressortir ce rapport du placard, vieux de bientôt dix ans, pour son premier opus, Emmanuel Macron l’a donc fait pour concocter son programme économique. La Commission Attali avait pour vocation de libérer la croissance française et s’articulait autour d’une ambition à 10 ans : l’ambition de tout homme de pouvoir qui veut faire réussir son pays et s’inscrire dans la longévité d’une politique à deux quinquennats.

Alors, à l’époque, Jacques Attali avait nommé là le jeune Macron un peu par hasard ; il ne connaissait pas encore le jeune homme, mais son CV correspondait au profil recherché. Jeune énarque, inspecteur des finances, Macron est donc devenu rapporteur adjoint de la Commission. En 2010, ce fut plus facile. Emmanuel Macron était gérant chez Rothschild et il avait déjà usé de son entregent pour se lier avec les membres de la Commission et s’imposer comme un des leurs.

« Une occasion historique de changer la France », avait déclaré Jacques Attali au moment de la sortie du rapport, mais surtout un ensemble, une vision globale à avoir. Impensable que l’on puisse sélectionner uniquement certaines de ses mesures. Il s’agissait « d’un ensemble cohérent dont chaque pièce est articulée avec les autres, dont chaque élément constitue la clef et la réussite de tout ». Aucune des mesures qui sont là ne peut s’appliquer sans être faite dans un ensemble. On ne peut pas supprimer les freins sur la roue gauche d’une voiture sans supprimer les freins sur la roue droite ». Trouver un équilibre : c’était la méthode Attali ; la méthode Macron n’en est pas si éloignée. Lors de la présentation des ordonnances, Edouard Philippe avait en effet insisté sur la nécessité de prendre cette réforme dans sa globalité, chaque arbitrage ayant été décidé avec le soin d’une dentellière.

Parmi une suite de poncifs, liés à la reprise de la croissance, à une meilleure éducation, ou à la préservation de l’environnement mais sans réalisation concrètement applicable, certaines propositions sont au contraire des recommandations directes et ciblées.

Les propositions que le président a déjà mises en œuvre

Le premier gros chantier a été celui de la fiscalité. Du Rapport Attali, on peut lire : « Réduire le coût du travail pour toutes les entreprises en transférant une partie des cotisations sociales vers la Contribution sociale généralisée (CSG) ». Le basculement du financement de la protection sociale vers l’impôt, c’est effectivement ce qu’avait promis Macron et qui sera effectif dans la loi de finances de fin septembre : une hausse de 1,7 point de la CSG destinée à contrecarrer la baisse de cotisations maladie et famille. Objectif : l’allégement du coût du travail pour favoriser l’emploi.

La réduction des niches fiscales, afin de ne pas grever les ressources fiscales, est aussi toujours un sujet touchy. Cela reste en général discret, mais certaines niches fiscales ont donc disparu. Fini le crédit d’impôt pour la transition énergétique lors du changement de portes et fenêtres ou encore la réduction de l’ISF pour l’investissement dans les PME. Là encore, le Rapport Attali était bien l’instigateur de la mesure, préconisant « la réduction et l’élimination de niches fiscales, notamment celles ayant des effets non redistributifs ».

Enfin, si le Rapport Attali omettait totalement de se prononcer sur l’avenir de l’impôt sur la fortune, Jacques Attali s’est rattrapé en 2016 dans son ouvrage Cent jours pour que la France réussisse, où dans le chantier fiscal est apparue, pour la première fois, la proposition de transformer l’ISF en impôt sur la fortune immobilière.

 

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1 réflexion au sujet de « Après la séquence sociale, le fiscal. Emmanuel Macron est de plus en plus prévisible, il suffit de relire le Rapport Attali pour savoir ce qu’il va faire »

  1. Le but est de tout rabaisser. Il ne faut pas perdre de vue que ce que nous entendons à longueur de temps comme étant des charges pour les entreprises sont intégrées dans le prix du produit fini. Ce qui veut dire que ces fameuses charges sont au final payés par le consommateur, donc par nous tous. Les réduire met en péril les caisses auquelles elles sont rattachées sans pour autant voir les prix chuter.

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