Armée : en marche ou aux arrêts ?

Le nouveau rendez-vous
Le 22 février 2018
France Inter

 

Répondant à l’invitation de Christophe Bourseiller, j’étais en direct des studios de France Inter le 22 février 2018 dans l’émission culturelle de Laurent Goumarre « le nouveau rendez-vous ». L’émission, en présence d’autres invités, s’est déroulée de 23h00 à minuit dans une ambiance fort sympathique  Nous avons débattu du projet de « Service National Universel » initié par le président Emmanuel Macron, ainsi que sur d’autres sujets de notre Défense. //RO

**********

 

Après le départ médiatisé, l’été dernier, du chef d’État-major des armées, le Général Pierre de Villiers, et après les annonces contradictoires d’un possible retour du service national universel, où va l’armée ? La grande muette peut-elle faire sa grande mue ?

 

Défilé des armées le 14 juillet 2017 © AFP / ALAIN JOCARD

 

Le nouveau service militaire, un service national universel pour quoi et comment ? Jacques Chirac y avait mis fin pour la plus grande joie de beaucoup de jeunes en 1997, comment expliquer que 20 ans plus tard, on y revienne ?

Mais comment le financer ? Et plus généralement, quel budget pour l’armée ?

Aujourd’hui, 4.000 soldats français sont déployés dans la bande sahélo-saharienne dans le cadre de l’opération Barkhane, pour contrer les groupes djihadistes aux côtés des armées des pays du Sahel. Le 21 février, deux soldats français en opération au Mali sont morts. Cette actualité relance le débat sur l’engagement des militaires français au Mali, où la situation se dégrade. Les résultats sur le terrain sont-ils à la hauteur de cet engagement militaire ?

Nos invités :

Nathalie Hernandez, journaliste au Service Défense de France Inter
Jean-Dominique Merchet, journaliste spécialiste des questions militaires, et auteur de l’essai Macron Bonaparte paru chez Stock
Régis Ollivier, militaire à la retraite et animateur du site internet Le Colonel 3.0

Programmation musicale :

T.REX : « Mambo Sun »
EELS : « The Deconstruction »
GROUPE MOSTLA : « L’amour, c’est mieux »

Retrouvez ici le podcast de l’émission

 

 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.

5 thoughts to “Armée : en marche ou aux arrêts ?”

  1. Cher camarade. Je prends bonne note de vos propos. Cette prestation sur France Inter était la première du genre pour moi et peut être n’y en aura-t-il pas d’autres.Je suis toujours resté à l’écart des médias car ce n’est pas un exercice facile. Nous avons les mêmes opinions vous et moi. Sans doute me suis-je mal exprimé. Je m’en excuse humblement. Quand ça veut pas le faire… je suis issu des OAEA et je suis entré dans les TDM en 1969 à l’âge de 17 ans. J’en suis sorti (entier) à 60 ans. Je ne cherche nullement à briller. 25 années de DGSE m’ont appris la discrétion. Merci pour vos commentaires judicieux. Bien cordialement.

  2. mon colonel
    pardon d’insister. la quête du brassage social découle de la finalité d’un engagement fort et contraignant qui s’exprime dans l’effort en commun et des conditions pénibles, pour aller dans le cas extrême à l’engagement opérationnel. ce n’est pas le sujet du SNU mais le devient quand on essaye de faire croire que le brassage social coulerait de source en rassemblant des jeunes français, sous un habillage militarisé et caricatural comme certaines chaînes de TV s’essayent à la restituer. le drame est là : la nostalgie de ce que j’appelle la « maison de correction », en oubliant que les objecteurs ou réfractaires étaient pris en main par les gendarmes, et pas par des adjudants en section disciplinaire.
    c’est de cette caricature dont ne veulent pas les officiers. je ne vois personnellement pas comment vous pouvez affirmer publiquement que certains officiers souhaitent l’entresoi alors que les armées passent leur temps à conduire la bataille du recrutement , sans exclusive de sexe, d’orgine sociale ou de niveau scolaire.
    une fois encore le dossier du G2S auquel vous avez fait référence ne laissait pas , bien au contraire, transparaître le moindre esprit de caste, en proposant que seules les futures élites étudiantes, indépendamment de leurs origines sociales, fassent un service militaire, reprenant par là un des constats du 11e rapport du HCECM. ce dernier soulignait à juste titre la méconnaissance des élites pour la chose militaire, ce qui me semble t’il éclaire le lecteur sur ce découplage croissant entre la nation et les enjeux de sécurité.
    Pour achever ma présentation , je ne suis pas issu d’une école militaire de l’entresoi mais justement sorti du contingent. j’en parle donc en connaissance de cause. cordialement

  3. Mon Colonel, les belles paroles sur « la perspective de l’engagement ultime » n’ont pas de place dans ce projet de SNU puisque qu’aucun de nos jeunes ne mettra jamais la main sur le moindre fusil. L’idée phare du Président Macron et du comité d’experts est bel et bien le brassage social, sous entendu le vivre ensemble qui n’a pas fonctionné dans la société civile et que l’exécutif souhaite imposer, à marche plus ou moins forcée, dans un environnement pseudo-militaire. Il suffit pour s’en convaincre de reprendre tous les propos tenus par le président Macron sur ce sujet. Cela étant dit, mon propos a sans doute été mal introduit, je le reconnais. Ce qui explique l’intervention de Madame Hernandez pour rétablir les faits. Car les faits sont bien là. Il y a des réticences chez les officiers supérieurs, mais pas qu’eux, adeptes de l’entre-soi, à voir cette obligation au vivre ensemble structurer l’ensemble du projet. Mais il ne faut surtout pas le dire. Je ne suis d’ailleurs pas le seul à le pointer du doigt.Et je les comprends puisque j’ai souligné être dans ce même état d’esprit. J’ai évoqué les « jeunes en marge de la société » pour ne pas parler de « chances pour la France », politiquement incorrect. Je savais que mes propos choqueraient. Je les assume. Bien à vous.

  4. monsieur Olivier, comme vous je suis ancien officier d’active et je vous dis tout de go que je suis surpris , si ce n’est choqué, par vos propos introductifs notamment sur la réticence des officiers à accueillir les différentes couches sociales de notre pays dans un futur service.
    vous lancez une idée qui n’est d’ailleurs pas étayée par la suite , ce qui la rend dévastatrice. en tant qu’ancien officier, vous auriez mieux fait de dire que le service national n’est que la conséquence du brassage social et non le but en soi. ce qui a fait le brassage social et le fait encore dans une armée professionnelle, c’est l’apprentissage du service des armées dans l’effort.
    vous auriez mieux fait de dire que la discipline militaire n’a de sens que dans la perspective de l’engagement ultime, et pas pour faire comme dans les emissions de sitcom…
    si les officiers sont opposés au service national, c’est non seulement parce qu’ils ne sont pas des « assitantes sociales » comme vous dites mais c’est aussi parce qu’ils savent parfaitement que le SNU sera contourné par les classes favorisées par les réseaux… et quon fait croire aux français que l’armée deviendra une gigantesque maison de correction pour rattraper les errements de notre société.
    votre référence au G2S est partiel et ce n’est pas un officier général en 2S qui vous le dit.
    COL (R) ROBIN Ph

  5. Vers un service civique rénové et universel.
    Par Philippe Mounier. Comité Aunis-Saintonge [AR-18] – La Rochelle, le 15/01/2018.

    Sujet abordé par Monsieur Emmanuel Macron pendant la campagne électorale de 2017, le rétablissement du service national alimente, depuis, de nombreuses prises de position aussi diverses que disparates. Le pilotage de l’étude de ce qui semble plus devoir être une rénovation qu’une restauration a été confié à Madame Darrieussecq, Secrétaire d’État auprès de la Ministre des Armées. Universalité, brièveté, parité semblent les maîtres-mots de cette nouvelle mouture d’un système dont la véritable universalité ne remonte qu’au début du XXème siècle, système néanmoins frappé du souvenir des deux conflits mondiaux et de la guerre d’Algérie.

    Se situant dans le cadre des réflexions présentes et futures sur le service national, un groupe de travail du comité Aunis-Saintonge de l’AR 18 (Poitou-Charentes) de l’Union des Associations de l’IHEDN, passionné par les questions d’éducation à la citoyenneté et la Défense, a étudié ce sujet et rédigé un mémoire portant sur un service civique rénové et universel.

    Afin de participer à cette belle aventure et de nourrir les réflexions en cours, ce bref article présente les points clés d’un service civique rénové et universel, considéré comme une évolution positive. Celui-ci est donc conçu à budget et effectifs constants. Il représente ainsi un gain social en développant le thème « Citoyenneté-Défense » et en aménageant la constitution d’un réservoir pour la Garde nationale.

    Il a semblé tout d’abord indispensable au groupe d’utiliser les existants pour ne pas créer une nouvelle « Usine à gaz ». Il a ensuite pensé que cette action devait être centralisée dans sa conception, diversifiée dans sa conduite, décentralisée dans sa mise en œuvre.

    Un mot essentiel : efficacité. Une formule lapidaire : « un chef, une mission, des moyens ».
    • La gouvernance doit se situer au plus haut niveau, celui du Premier ministre, garant de la cohérence et de l’application de ce grand principe stratégique, l’unité d’action.
    • Le budget doit être autonome, pour ne pas dépendre du bon-vouloir de chacun des ministères concernés.
    • Un certain nombre de ministères doit cependant être impliqué en fonction de leurs capacités (Au minimum : Armées, Intérieur, Éducation nationale, Jeunesse).

    Cet ensemble de réflexions a abouti à l’idée de la mise en place, sous l’égide du Haut-Commissaire à l’engagement civique, d’un service civique rénové et universel, construit à partir des structures actuelles : JDC , service civique, cadets de la Défense, ÉPIDE, SMV , éventuellement SMA, etc.

    La formation à l’esprit de défense, base de l’esprit civique, serait une mission essentielle sous la forme d’un « Parcours de citoyenneté » se déroulant tout au long de la scolarité.

    Lui succéderait une « Semaine Défense et Citoyenneté », universelle et seule forme obligatoire de service. A l’issue de cette semaine, les jeunes gens pourraient, soit s’arrêter là, soit postuler un volontariat spécifique au sein d’un de ces trois pôles spécialisés.

    Pôle 1 : purement civil, altruiste, ouvert sur la vie sociale et associative, reprenant les missions de l’actuel service civique. Objectif : 350 000 jeunes par an.

    Pôle 2 : situé dans une structure militarisée, ouvert sur la promotion individuelle, professionnelle et sociale, fusionnant : EPIDE, SMV, éventuellement SMA. Objectif : 11 000 jeunes par an.

    Pôle 3 : de préparation militaire pure ouvrant sur le monde des services de Défense et de Sécurité (armées, gendarmerie, police, pompiers, douanes, etc.), il fournit les réservistes volontaires de ces différentes entités et de la Garde Nationale. Après cette formation commune, chaque ministère concernerait donnerait à ses volontaires une formation complémentaire. Ce pôle pourrait être rendu obligatoire pour l’accès aux formations de haut niveau. Objectif de 85 000 jeunes pour trois ans minimum.

    L’organisation opérationnelle de ce nouvel ensemble doit privilégier le maintien des acquis et la spécificité des trois pôles envisagés. Il doit proscrire les redondances, l’éparpillement et les querelles de chapelles. Seule sa subordination directe au Premier ministre permettra d’appliquer cet autre principe stratégique fondamental « L’économie des forces », clé du succès et de la pérennité.

Les commentaires sont clos.