Attentats: Cazeneuve étouffe l’enquête sur les attentats de l’Hyper Cacher et de Charlie Hebdo

Christian De Lablatinière, le 05 décembre 2015

EuropeIsraël

La raison d’État a ses raisons que la raison ignore. C’est Secret Défense… //RO

 

 

Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a eu recours au secret défense pour bloquer l’investigation de l’attentat contre l’Hyper Cacher qui s’est déroulé en parallèle avec l’attentant terroriste contre Charlie Hebdo le 7 janvier, information révélée par Mediapart.

Il est facile de confirmer le recours au secret défense en consultant le texte de la décision de Cazeneuve, inscrit discrètement au Journal officiel de la République française le 18 juin 2015 : « Emet un avis défavorable à la déclassification des documents communiqués par le ministère de l’intérieur.«

Cette décision refuse une requête de déclassification de documents émise le 10 avril 2015 par des juges d’instruction au tribunal de grande instance de Lille, chargés de l’enquête sur la provenance des armes d’Amédy Coulibaly, responsable de l’attentat contre l’Hyper Cacher.

Selon Médiapart, « Des gendarmes lillois et un de leurs informateurs ont été au centre d’un trafic d’armes ayant permis d’alimenter Amedy Coulibaly, auteur de l’attaque de l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes. S’ils n’ont rien su de la destination des armes, ils semblent bien avoir laissé filer les acheteurs ou perdu leur trace. Leur position est suffisamment délicate pour qu’ils se retranchent, courant avril, derrière le secret défense », position confirmée en juin par Cazeneuve.

Coulibaly et les frères Kouachi, qui s’étaient rencontrés en prison avant de mener les attentats contre l’Hyper Cacher et Charlie Hebdo respectivement, faisaient partie des réseaux islamistes dont se sert Paris pour former des combattants islamistes et les acheminer vers les zones de combat en Syrie.

Il reste à éclaircir les motifs qui ont poussé ces réseaux à acheminer des armes le 7 janvier non pas vers les combattants islamistes en Syrie, mais vers des islamistes en France.

Médiapart révèle que « Le 20 janvier, les responsables de la Brigade criminelle et de la Sous-Direction antiterroriste (SDAT) ont résumé, dans une synthèse au parquet de Paris, les vérifications opérées au sujet des armes utilisées par Coulibaly sans faire état de la réponse d’Europol, datée du 16 janvier. Europol mentionne pourtant un ‘traçage positif pour trois armes’, et un ‘traçage approchant pour deux armes’, en précisant que ces cinq armes ont été achetées par la société lilloise d’Hermant à l’entreprise slovaque AGF Security. ».

Dès le 14 janvier, les services de renseignement slovaques et Europol auraient averti les autorités françaises que les armes de Coulibaly avaient transité par la société de Hermant, ancien barbouze et indic de la gendarmerie.

D’après les enquêteurs, Hermant a acheté ces armes sur le site internet slovaque de vente d’armes en ligne AGF Security pour un volume de 200 armes, revendues ensuite. Les juges antiterroristes de Paris n’ont rien fait de ce renseignement et ont apparemment tenté d’empêcher leurs homologues lillois d’avoir accès à ces renseignements.

Les enquêteurs pensent que Hermant aurait également acquis 90 autres armes auprès d’un contact belge à Charleroi. Alors que l’achat d’armes de guerre est interdit en France, Hermant a pu par l’intermédiaire de la société de sa femme et sans être inquiété par la police, acheter des armes de guerres démilitarisées. L’achat de ces armes ne pouvait être possible sans la complicité de sections du renseignement ou de la gendarmerie, ce que confirme Médiapart.

Un échange de mails entre Hermant et la gendarmerie démontre qu’il a contacté une « cible » qui aurait posté une annonce en 2013 sur le site de vente d’armes Delcampe. La « cible » n’est autre qu’un détective belge, domicilié près de Charleroi, entendu dans le cadre de cette affaire.

Ce dernier affirmerait que « Claude Hermant était son principal client », qui lui « achetait 95 pour cent de ses armes démilitarisées provenant du site slovaque AFG », soit « plusieurs dizaines, sans savoir ce que le prévenu en faisait ensuite ». Les proches de Claude Hermant réfutent toutefois cette version : « Les transactions ne tournent, au maximum, qu’entre 4 et 6 armes en deux livraisons couvertes par la gendarmerie ».

Selon Médiapart, les armes vendues par Hermant auraient également servi le 7 janvier à assassiner une policière à Montrouge et dans l’attaque contre un joggeur. Ce dernier, toujours en vie, accuse Amar Ramdani d’être l’auteur de l’agression.

Amar Ramdani, ami intime de Coulibaly, était le compagnon d’une gendarme des services de renseignement du Fort de Rosny-sous-Bois : Emmanuelle C., formatrice en renseignement opérationnel, la spécialité de Claude Hermant. Bien que Ramdani et la gendarme soit en couple, les enquêteurs ne font pas le lien entre elle et Claude Hermant.

Médiapart écrit que dans l’entourage de Coulibaly outre des ingénieurs, des officiers et des barbouzes de la gendarmerie, et des réseaux de mercenariat, c’est auprès d’un dénommé Metin K. que Coulibaly, parfois en compagnie de Ramdani, a cherché à vendre le véhicule de sa compagne dans les semaines précédant les attentats.

Metin K., un autre contact désigné par Hermant aux enquêteurs, s’était présenté spontanément le 12 janvier aux autorités belges pour clarifier les détails de l’achat du véhicule. L’homme n’est pas inconnu des services de police et de renseignement. Suspecté de trafic d’armes et de drogue, il est aussi présenté comme un sympathisant des rebelles kurdes du PKK.

Selon la Voix du Nord:

« Nous venons d’apprendre que le ministre de l’Intérieur a opposé le secret défense aux juges lillois qui instruisent l’enquête… » Ce qui ne perturbe en rien les proches de Claude Hermant, ex-mercenaire d’extrême droite, au cœur d’un vaste trafic d’armes.

Au contraire, l’intervention de Bernard Cazeneuve ne ferait qu’ajouter de l’eau au moulin de l’inculpé, présumé innocent. Elle repose la question de la nature des liens supposés avec les attentats de Paris.

« Le fait que le nom de Coulibaly n’apparaisse jamais dans le dossier de Claude Hermant ; que celui-ci n’ait jamais été interrogé à ce propos, nous rassure… », poursuit une source familiale. La justice fera-t-elle un jour la jonction entre les deux affaires ? L’interrogation se fait de plus en plus lancinante.

 

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Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.

9 thoughts to “Attentats: Cazeneuve étouffe l’enquête sur les attentats de l’Hyper Cacher et de Charlie Hebdo”

  1. article pris o pif ‘..

    « Ne l’appelez plus DCRI. Le contre-espionnage français évolue et change de nom ce lundi pour « Direction générale de la sécurité intérieure » ou DGSI. Et recrute, au passage, 430 civils pour renforcer son effectif de 3600 policiers. La mission, elle, reste la même: déjouer les attentats et filières djihadistes en France.  »

    donc ça c le contre espionnage … c pas le renseignement interieur, c le contre espionnage … bon bah c’est bien, donc capicité noyautage grande hein …

    Voyez comme les média sont tout content, l’interieu, c’est le contre espionnage .. alors bien sur ca dira mais on e pas des expert dans la qualificatin … baratin de merde, il savent pafaitement ce qu’ils font, enfumons les citoyen, faisons en sorte que oui contre espion rime avec secu interieur … LOLOLOL

    bref bonne nuit.

    George w. b.

  2. de la daube préparée pour une eremontée éclair dans les sondages Sauf qu’il y a du materiel de vidéo performant qui prouve cette daube

  3. Bonjour Colonel,

    Que cela concerne une entreprise ou un service de renseignement, lorsqu’on fusion/restructure, on change les équipes ( du moins, c’est l’opportunité de changer les équipes en douceurs, de manière naturelle).

    Si, à cette transformation, on ajoute le couple politique/pouvoir, alors on accentue la capacité/intérêt/attrait de changement.
    Placements d’agents politiques ? placements d’agents étrangers ?

    J’émet l’hypothèse que nous vivons une guerre de noyautage au sein des services de renseignements intérieurs dont les acteurs sont:
    #1 des gouvernements étrangers
    #2 des associations discrètes de personnes

    Vous me direz que cela a toujours été un problème et qu’en réponse, il y a le contre espionnage.. certes, espérons juste que ce service ne fût pas placé sous la direction d’un autre service sinon cela signifierai que des agents étrangers, aux intérêts de mes compatriotes, influencent fortement nos services et donc pilote notre politique intérieur et étrangère …

    PS: si cela était ( ce qui n’est pas le cas ) avéré, alors l’incapacité de la France a redessiner une stratégie extérieur indépendante et forte s’explique facilement. Ceci expliquerai également la grande division des français, une déstabilisation du pays de l’intérieur donc.

    Cordialement,
    John.

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