Avez-vous vu l’Etat ? Je le cherche partout…

Publié le 10 avril 2016 par KOZ

Koztoujours


Voilà ce que donne l’alliance du ventre mou et du coup de menton. Un pouvoir débordé par sa propre gauche et qui n’ose pas intervenir face à une situation quasi insurrectionnelle, en plein état d’urgence. Je ne puis m’empêcher de faire un parallèle avec l’affaire Piquemal, qui n’avait donné lieu à aucun débordement, et s’était terminée par une arrestation musclée du général septuagénaire. La déliquescence de l’Etat, c’est maintenant. //RO


 

… Avez-vous vu l’État ? Il va me rendre fou…

Pour la première fois de toute mobilisation étudiante et lycéenne, des lycéens ont, à trois reprises, incendié leur établissement – le feu ne restant circonscris aux portes que par l’intervention1 des pompiers. Ainsi, désormais, dans l’imaginaire des manifestations lycéennes, une nouvelle modalité d’action a pris place. Il ne s’agit plus seulement de bloquer des établissements, de les dégrader éventuellement, mais encore de les incendier. Dans l’éventail des modalités d’action, un palier est franchi, un cliquet est engagé. Comment l’État a-t-il pu permettre cela ? Où sont les réactions de condamnation fermes que de telles actions auraient dû appeler ? Un communiqué de presse du ministre pour « condamner vivement ». Dérisoire papier.

Pour la première fois certainement, des commissariats ont été attaqués, par des lycéens (!) et plus car affinités. Ceci s’est reproduit cette nuit, un commissariat du XIème arrondissement étant « violemment attaqué »2. Comment ceci est-il seulement possible ? Dans quel état avons-nous collectivement glissé pour que l’on puisse penser qu’il faille protéger des commissariats (!) dans une situation autre qu’insurrectionnelle ?! Comment ceci a-t-il pu se produire sans une réaction de fermeté ? Un Etat qui se respecte sait montrer les limites de la contestation acceptable. Quand on attaque un commissariat, elles sont franchies. Quand, de surcroît, elles le sont dans un pays qui se prétend sous état d’urgence, cela confine à l’humiliation du pouvoir. Et c’est symptomatique d’un pouvoir velléitaire qui se paie de mots et de coups de menton : soit le pays est en état d’urgence, soit il ne l’est pas. S’il n’a pas à l’être, qu’on en prenne acte et qu’on le lève. Mais si on le maintient et que l’on veut que la notion d’« état d’urgence » ait un sens et un impact à l’avenir, il faut imaginer le faire respecter. C’est sans compter la perte de crédit de la France à l’étranger, pays qui se déclare martialement en guerre et s’érige de barricades en plein état d’urgence : la situation recèle un potentiel rare de ridicule.

Que des jeunes se réunissent de nuit sur des places pour parler politique ne saurait émouvoir – sauf à se souvenir que des Veilleurs qui ne dégradaient jamais rien étaient aussi systématiquement qu’irrégulièrement interpellés, et que les organisateurs de « Nuit Debout » semblent avoir bien du mal à se dissocier de « ceux que vous appelez les casseurs ». Il est en revanche inconcevable que le Président de la République comme le Premier Ministre ou les ministres compétents s’abstiennent de fixer les bornes claires et évidentes. Le pouvoir est liquide. L’évolution de ce mouvement traduit l’éternelle relation coupable de la gauche à la violence qui, quand elle ne la considère pas explicitement légitime, garde un rapport malsain à une violence qu’elle fantasme révolutionnaire – tout en préemptant sans vergogne la République. Il n’y a pourtant guère que la gauche pour entraîner de tels débordements. Car aussi détestables soient nombre des idées qu’ils ont pu y avancer, c’est à peine si les participants au « Jour de colère » ne s’arrêtaient pas consciencieusement aux feux rouges. Et aussi opposé que je sois à son action et au mouvement Pegida, il n’a pas fallu longtemps pour interpeller le général Piquemal, dont la manifestation n’avait pourtant donné lieu à aucun débordement comparable.

 

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Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.

3 thoughts to “Avez-vous vu l’Etat ? Je le cherche partout…”

  1. Pardonnez mon intervention mais :
    – l’état c’est aussi nous : rester devant sa TV à chialer n’est pas une solution.
    – l’état, les français en attendent tout : du pognon, l’éducation de leur marmaille, le chômage du plus grand, des retraites mirobolantes, … Mais avant la retraite c’était à 65 ans pourquoi vous être émerveillés de la voir passer à 60 ans alors même que l’on savait déjà qu’on ne pourrait la payer à 65 ?
    – l’état c’est aussi la sécurité : or, la baisse des effectifs est évidente. Dans les campagnes, croiser un véhicule de gendarmerie relève du gagnant du Loto.
    – l’état c’est aussi le voisin qui fout le bordel en feignant d’ignorer qu’il emmerde tout le monde avec sa tondeuse à 7h du matin le dimanche. faut-il un flic derrière chaque crétin ? Ca va faire du monde…
    – l’état ce sont les éboueurs qui font mal leur boulot, les chaussées dégradées un peu comme en Syrie.
    – l’état ce sont les gens qui détournent le regard quand une jeune femme se fait agresser.

    * Alors continuez à chialer dans vos chaumières mais cessez de nous casser les pieds ! Ces jeunes ont bien des parents, non ? Où sont-ils ? Sont-ce ceux qui chialent ici ?
    Cela fait des décenies que j’aide mon pays et je me sens bien seul car le premier crétin venu qui ne fait jamais rien se met en travers car il a une meilleure idée (qu’il ne réalisera pas bien entendu)…

  2. Le pouvoir rose persiste, avec une loi mal équilibrée, mal préparée ,qui devrait être une loi de début de mandat et non de fin de mandat, il est certain que cette loi est imposée au pouvoir rose, par les mondialistes de Bruxelles; il y a la France qui est dans la rue, et il y en a une autre silencieuse, qui vit dans un climat social, sociétal économique anxiogène qui tous les jours par les fuites des médias apprend que des terroristes se baladent comme ils veulent dans notre pays, sans se soucier des frontières, il est presque certain que lors du prochain attentat une force terrible jusqu’à présent contenue de cette masse silencieuse peut exploser avec des effets au delà de ce que l’on peut imaginer.

  3. Mais enfin, l’Etat ne peut bastonner toute cette jeunesse de gôche, voyons !

    L’Etat va bien trouver un moyen pour la prendre dans ses bras en vue de 2017. L’Etat étant un ramassis de Voyous, il ne peut que respecter ses enfants mal éduqués.

Les commentaires sont clos.