Bienvenue chez les Ch’tis

« Tranches de vie » par Régis Ollivier – Le 03 août 2022

Je vous propose un petit extrait de ce que seront mes mémoires. Ici l’entrée en matière si je puis dire. 

Vous dire que je suis de bonne humeur tous les jours serait vous mentir honteusement. Non! En fait la mauvaise humeur est la règle chez moi et la bonne humeur l’exception. D’ailleurs, dans le cadre de mes fonctions, j’avais demandé instamment que l’on ne me pose plus jamais la question « comment ça va ? » puisque ça n’allait jamais et qu’en plus si j’avais une dose infinitésimale de bonne humeur, elle fichait le camp sur le champ.

 En réalité, c’est de naissance. Et ça a débuté le 8 septembre 1952 à la maternité de Cambrai dans le Nord de la France. Bienvenue chez les Ch’tis. A peine avais-je passé la tête à l’extérieur de mon cocon que j’étais de mauvaise humeur. Renfrogné et ridé comme un Sharpeï. Je savais que ma vie allait être « une vie de merde ». 

Je précise tout de suite que je n’ai pas été expulsé comme ils disaient car cela aurait signifié que j’ai été éjecté à 3 ou 4 mètres sans que personne ne puisse me rattraper. Nan! Là je confirme… on m’a tiré dans tous les sens par la tête puis le corps jusqu’aux pieds. J’étais d’une humeur massacrante et, sans rien voir, j’ai pensé « c’est quoi ce bordel ?  » « Dans quel monde de fous je suis ». 

Mais le pire du pire c’est quand quelqu’un m’a pris par les pieds, tête en bas et m’a filé ma première raclée. Là j’étais rouge de rage et j’ai gueulé, j’ai gueulé. Pour me punir plus encore, ils m’ont mis de l’eau dans tous les trous. Les yeux, le nez, la bouche, les oreilles avant de rentrer des bâtons dedans. J’ai pensé « ils veulent me tuer ». Je gigotais dans tous les sens et je braillais de plus belle. Mais c’était pas terminé. Ils m’ont coupé un cordon qui sortait de mon ventre et ils ont fait un noeud avec le bout qui restait. Des cinglés je vous dis.

Et moi qui croyais que c’était fini… Nan! Ils m’ont tiré sur le zizi très fort et quelqu’un ma pincé les testicules pour voir si j’en avais bien deux. Et là elle a gueulé à son tour : « duos habet et bene pendentes »… Bref! J’étais déjà un enfant précoce. Bon là j’déconne. Je me suis dit « pourvu qu’ils ne me fassent pas un toucher rectal sinon… Ils ont probablement lu dans mes pensées. Rien ne s’est produit. Pas de TR.

Mon calvaire s’est arrêté là il me semble. En fait je crois que j’ai dû m’évanouir après tant de maltraitances.

À suivre

8 réflexions au sujet de “Bienvenue chez les Ch’tis”

  1. Dure dure la vie et surtout le début ! Si nous pouvions savoir ce qui nous attend, nous resterions bien au chaud dans le ventre de sa maman et ainsi il n’y aurait aucun risque de se faire tirer le zizi ni les mignonettes ! Je pense comme toi que la vie est « une vie de merde ».

  2. Ah cher Colonel nous avons un point commun, je suis moitié chti ! Au plaisir de lire vos mémoires attendues avec empressement ! Bel été à vous.

  3. Bonjour Régis! Quelle bonne idée d’écrire vos mémoires et ça commence en fanfare! J’attends la suite avec impatience.

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