Boris Boillon, l’ex-« Sarkoboy », refait parler de lui

L’Express.fr Par , publié le 

L’ex-diplomate couvé par Nicolas Sarkozy, Boris Boillon, a été arrêté fin juillet alors qu’il se rendait en Belgique en possession de 350 000 euros et 40 000 dollars en liquide. Mais que fait-il depuis qu’il n’est plus Monsieur l’ambassadeur? 

Boris Boillon, ex-ambassadeur en Tunisie et en Irak, s’est reconverti dans les affaires après avoir été écarté de la diplomatie française après les élections de 2012. REUTERS/Mohammed Ameen

Boris Boillon, l’ex-diplomate iconoclaste, s’était fait oublier depuis un an. Fidèle de Nicolas Sarkozy, il avait été écarté en août 2012 par François Hollande, quelques semaines après son arrivée à l’Elysée. Depuis, il s’est reconverti dans les affaires. De fructueuses affaires si l’on en juge le butin, réparti dans des enveloppes avec soin, que les douanes ont trouvé dans ses bagages fin juillet à Paris alors qu’il s’apprêtait à prendre le train pour Bruxelles: 350 000 euros et 40 000 dollars, rapporte Mediapart.

La somme en espèces dépasse largement le seuil des 10 000 euros en liquide autorisés, sans déclaration préalable, à l’intérieur de l’Union européenne. « Le service de police judiciaire de la douane a été saisi et une enquête est en cours. Elle devrait notamment déterminer l’origine des fonds », précise le site d’informations qui a eu accès au procès-verbal. Boris Boillon, 43 ans, désormais résident belge, s’est justifié: il s’agirait d’argent provenant de ses activités professionnelles en Irak, versé en liquide du fait des carences du système bancaire irakien.

Le nouveau business de Monsieur l’ambassadeur

Ces explications pourraient d’ailleurs coller avec ce que Le Point a découvert sur son nouveau « business ». On y trouve deux sociétés différentes dont une qui disposerait en effet de liens avec l’Irak. Dans sa société French Properties UR, il a un associé irakien, Adil Alkenzawi. « Un homme d’affaires que Boris Boillon connaît de longue date. Lorsqu’il était ambassadeur en Irak, il l’avait nommé consul honoraire à Nassiriya. Cette bourgade de 250 000 habitants jouxte un champ pétrolier en cours d’attribution que lorgne Total », détaille Le Point.

Mais le déplacement à Bruxelles que Boris Boillon comptait faire le 31 juillet dernier était lié, d’après lui, à l’activité de son autre société, Spartago. Il a expliqué qu’il voulait ouvrir à Bruxelles une filiale de cette entreprise de conseil dirigée par Malika Benlarbi, par ailleurs « directrice des relations institutionnelles du groupe L’Oréal pour la zone Maghreb et Moyen-Orient », ajoute le site de l’hebdomadaire. Ils ont une connaissance en commun: Nicolas Sarkozy.

James Bond en maillot de bain

C’est Nicolas Sarkozy « en personne » qui, à la fin des années 2000, choisit de placer en Irak son ancien conseiller diplomatique à l’Intérieur puis à l’Elysée. En Irak, déjà. Arabophone, il y a été ambassadeur en 2009-2010. Jeune, dynamique, couvé par l’ancien président au point d’être surnommé « Sarkoboy » par Marine Le Pen, le jeune diplomate intrigue.

Dans un reportage de 66 minutes qui lui est consacré, il fait son footing autour de l’ambassade. Les comparaisons pleuvent: James Bond, Rambo… Son physique, entretenu, il l’affiche même sur une photo postée sur son compte Copains d’avant, débusquée par les internautes en 2011: on l’y voit en maillot de bain, en train de sortir de l’eau. Internet hésite entre le rire ou la consternation.

 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.