Brexit: coup dur pour le rêve d’une défense européenne et sérieux maux de tête pour l’industrie

Par la rédaction, le 24 juin 2016 

45ème Nord


La Défense européenne a t-elle réellement du plomb dans l’aile ? Des éléments de réponse ici. //RO


 


La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne pourrait marquer la fin du rêve d’une défense européenne et compromettre les projets de l’industrie.

Contrairement à l’Otan, qui organise une défense commune des frontières des États de l’Alliance, les politiques de défense au sein de l’Union visent à créer au cas par cas, et entre pays volontaires seulement, des capacités opérationnelles communes ou des programmes d’armement.

La création d’un « champion européen de la Défense », s’était déjà butée sur les divergences entre les gouvernements britannique français et allemand et rien ne permettait de croire, Brexit ou non, qu’un rapprochement aurait été possible dans l’immédiat.

La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE) marque la fin de l’ambition de construire une politique de défense à l’échelle de l’UE, avait estimé jeudi, le responsable de la stratégie d’Airbus Group, la veille de la victoire du Brexit au référendum marqué par une participation importante (72,2%) et où 51,9% des électeurs ont voté pour la sortie Royaume-Uni de l’Union européenne. .

«C’est la fin», a déclaré tranché Marwan Lahoud, responsable de la stratégie d’Airbus Group, interrogé sur l’enjeu du référendum lors d’une conférence organisée par le cabinet d’avocat Clifford Chance sur le thème « Brexit, le lendemain du vote».

«Pour un groupe comme Airbus, le Royaume-Uni est fondamental, je cite un ancien ambassadeur du Royaume-Uni à Paris: Airbus sans le Royaume-Uni ce ne serait qu’un bus», souligne Marwan Lahoud, rappelant que les ailes des avions sont construites au Pays de Galles. «Si à chaque fois qu’il y a un morceau de métal qui traverse la Manche, et il y en a, il y a une taxe, évidemment la compétitivité d’Airbus, elle est par terre».

Le départ de quelqu’un qui n’était déjà pas vraiment là

Si, pour l’industrie de la défense, c’est probablement la fin d’un rêve, par contre, selon le journaliste français spécialisé dans les questions militaires, stratégiques et internationales Jean-Dominique Merchet, le Brexit n’aura pas de conséquences dramatiques en matière de défense, de renseignement et de sécurité.

« L’Union européenne ne joue qu’un rôle modeste, voire marginal dans ces domaines » [sécurité, renseignement, défense, NDLR] et, qui plus est, le Royaume-Uni s’est tenu traditionnellement à l’écart des initiatives dans ce domaine », écrit-il dans L’Opinion ce matin.

Quant aux autres accords qui lient Londres à ses alliés – qu’ils soient bilatéraux avec la France ou dans le cadre de l’Alliance atlantique – ils resteront tout simplement en vigueur, fait-il valoir, contrairement au responsable d’Airbus, pour qui l’idée selon laquelle la coopération militaire entre les États européens et le Royaume-Uni serait préservée en cas de Brexit est fausse.

Pour Jean-Dominique Merchet, l’implication du Royaume-Uni était te toutes façons déjà modeste. « Le Royaume-Uni avait déjà un statut très particulier dans l’UE, hors de la zone euro, hors de l’espace Schengen, écrit Merchet, il a toujours bloqué les efforts en vue de mettre en place une politique de Défense et de sécurité commune (PESC) ».

« La France et la Grande-Bretagne – les deux principales puissances militaires du Vieux Continent – sont liées par un traité bilatéral depuis novembre 2010, les accords de Lancaster House. Ils organisent leur coopération militaire. Ainsi, une force d’intervention commune (Combined joint expeditionary force, CJEF) a été mise en place et son concept a été validé lors de l’exercice Griffin Strike en avril dernier. Paris et Londres collaborent également en matière de dissuasion nucléaire, les Britanniques « simulant » des tirs dans les installations du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) à Valduc, en Côte-d’Or ».


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Photo de Une : Des soldats britanniques arrivent à Kandahar, le 27 octobre 2014 en Afghanistan. (AFP/Archives/WAKIL KOHSAR)

 

 


 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.

One thought to “Brexit: coup dur pour le rêve d’une défense européenne et sérieux maux de tête pour l’industrie”

  1. Des accords de coopération existent entre la France et le Royaume Uni (notamment pour ce qui concerne les échanges aéronavals), mais apparemment la Grande Bretagne était farouchement opposée à la mise en place d’une défens européenne. Toutes les tentatives d’association des industries de constructions navale et aéronautique militaire ont échouées. La sortie des britanniques de l’Europe ne va pas changer grand chose.

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