Budget Défense : A tous ceux qui la ferment!

Par Régis Ollivier le 15 octobre 2014

Le Colonel Attitude

 

A tous ceux qui la ferment!

 

 

Unknown

Commencées sous Jacques Chirac, poursuivies par Nicolas Sarkozy et amplifiées voire décuplées par François Hollande, les coupes budgétaires sombres au sein de la Grande Muette se poursuivent.

Il s’agit là d’une véritable lame de fond qui risque de provoquer la désintégration de notre outil de défense jusqu’à ce jour envié dans le monde entier et ce, paradoxalement aux engagements auxquels nous sommes confrontés. 

Les bruits de bottes sont de plus en plus forts et se rapprochent inexorablement de notre sanctuaire. Les menaces et périls de tous ordres se précisent et notamment le péril islamico-terroriste auxquels il va bien falloir faire face. Et pas uniquement au travers de frappes aériennes « stratégiques », synonymes de coup de pied dans une fourmilière. Cette vague de terreur qui s’abat sur le monde, il va bien falloir l’affronter. In situ. 

Tirant profit du silence de mort qui règne au sein de nos armées, le chef de l’Etat en tête, Bercy et consorts derrière, taillent à vif dans le budget, les moyens humains et la logistique de nos armées. Coupes budgétaires sur coupes budgétaires. « Vos gueules là-dedans et circulez, il n’y a rien à voir. Sinon au gnouf ». Alors je veux bien croire que nos chefs militaires, ceux qui sont censés défendre les budgets et les ressources humaines du ministère de la Défense l’ont effectivement ouvert… On nous dit que de fortes pressions auraient été exercées sur Jean-Yves Le Drian et même sur le chef suprême des Armées… On nous parle de marteau d’enclume. Mais à ce stade, l’enclume, c’est bien l’armée car l’on sait que ce n’est pas demain la veille que nos militaires descendront dans la rue. Quoi que… 

Alors, j’en reviens à nos chefs militaires, mais pas que les grands commandements. Les chefs de corps également se doivent de monter eux aussi au créneau. Ce sont eux qui sont au contact direct des hommes et femmes placés sous leurs ordres dans les régiments et sur le terrain, en Opex. Ils en sont responsables et il y va de leur crédibilité mais aussi et surtout de leur honneur. L’honneur d’un officier ne doit pas être un vain mot. Ouvrons-la démocratiquement avant que des irresponsables ne s’emparent, ne kidnappent la voix et la pensée de nos militaires. Suivez mon regard… 

Monter au créneau ne signifie pas manifester ou fomenter un complot. Monter au créneau ça veut dire l’ouvrir et dire sincèrement le ressenti des uns et des autres. Il me revient régulièrement que le moral au sein des armées est désastreux. Je n’invente rien. Il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt. Au risque de courir à la catastrophe. 

Alors ce monde est dangereux. Le monde se réarme. Sauf nous. L’armée française n’est plus sanctuarisée. Et cela ne date pas d’aujourd’hui. Comme je le disais en introduction de ce court billet, tous nos politiciens, et ce depuis Jacques Chirac sont responsables de cette débâcle au sein de nos armées. 

Alors, STOP ou ENCORE? A vous de voir…

Le Colonel vous salue bien.

Régis Ollivier
Illustration LCA. Photo : contrepoints.org

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.

2 thoughts to “Budget Défense : A tous ceux qui la ferment!”

  1. Malheureusement, cher Régis, on hurle dans le désert. Nous n’avons aucun poids. C’est d’autant plus désespérant que vous et moi sommes conscients à 100% de ce qui est en train de se passer.

    Rien ne les fait dévier. Tout au plus prennent-ils quelques précautions quand ils sentent la « troupe » prête à faire la « grève du zèle » comme pour l’affaire des ISC. Quand c’est devenu public, ils ont composé (non sans m’en rejeter la faute dessus d’ailleurs au passage).

    Des blogs comme les nôtres leur servent de soupapes de défoulement, c’est bien pour cela qu’ils nous laissent écrire. La liberté de parole et la démocratie n’ont rien à voir avec cela.

    Je deviens de plus en plus persuadée que la fenêtre dans laquelle il y aurait pu y avoir du changement s’est fermée.

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