Budget défense : un trou d’au moins 650 millions à combler pour la fin 2017

Par Michel Cabirol  | 

La Tribune

 

 

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Le ministère des Armées va être confronté à une fin de gestion du budget 2017 très, très compliquée. Notamment qui va payer le reliquat des surcoûts des opérations extérieures et intérieures?

Mayday, mayday… Le ministère des Armées sera sauf miracle en détresse budgétaire à la fin d’année. Selon notre décompte, il manque au moins 650 millions d’euros dans le budget des armées pour boucler 2017 : reliquat du surcoût des opérations extérieures (OPEX), financement du surcoût des MISSINT, dérapage des dépenses de fonctionnement et de carburant, surestimation des recettes exceptionnelles (REX).

Comment Florence Parly, qui présente ce mercredi son budget 2018 (+ 1,7 milliard), va-t-elle pouvoir se sortir du guêpier de la fin de gestion de 2017, qui s’annonce aussi terrible que très compliquée? Et ce d’autant que des crédits sont encore gelés. Sur les 2,66 milliards d’euros gelés par le gouvernement Cazeneuve (850 millions de crédits annulés en juillet puis dégel de 1,2 milliard le même mois), il reste encore un peu plus de 600 millions d’euros à dégeler… ou pas. En tout cas, le programme 146 (Equipements) va être à nouveau racketté pour payer les factures courantes. Ce qui ne va pas rendre le sourire aux industriels déjà échaudés en juillet par l’annulation de 850 millions d’euros de crédits et la démission du général Pierre de Villiers.

Qui va payer le reliquat des surcoûts des OPEX et de MISSINT

Le ministère des Armées n’en a pas encore terminé avec les surcoûts des opérations extérieures (OPEX), qui doivent s’élever à 1,32 milliard d’euros en 2017. Il en a déjà financé une bonne partie : 450 millions en loi de finances initiale (LFI), 643 millions dans le cadre du décret d’avance du 20 juillet dernier et 43 millions attendus d’organismes internationaux. Soit 1,13 milliard d’euros déjà réglés. Mais il reste 190 millions d’euros environ à payer sur l’ardoise totale. Qui va régler la douloureuse ? Le ministère des Armées ou la solidarité interministérielle, appelée de ses vœux par le chef d’état-major des armées, le général François Lecointre. Conformément à la loi de programmation militaire (LPM), le ministère des Armées est en droit de demander une couverture par un financement interministériel du solde résiduel des surcoûts des OPEX.

Le surcoût des missions intérieures (MISSINT) devrait quant à lui s’élever cette année à près de 203 millions d’euros, dont 41 millions ont déjà été payés. La question reste donc la même : qui va payer les 162 millions restants. Au total, le surcoût net des dépenses, qui restent à financer par des crédits du ministère des Armées ou interministériels, atteint 352 millions d’euros. Sans compter les dépenses du ministère pour aller secourir et aider les populations de Saint-Martin et Saint-Barthélémy après le passage de l’ouragan Irma. L’Hotel de Brienne a envoyé beaucoup d’équipements, dont deux A400M et le Bâtiment de projection et de commandement (BPC), le Tonnerre.

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Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.

2 thoughts to “Budget défense : un trou d’au moins 650 millions à combler pour la fin 2017”

  1. Le règlement de la facture financière afférentes aux opérations extérieures ne doit pas être supportée par le budget Défense , c’est une escroquerie manifeste compte tenu d’un pouvoir de décision qui échappe complètement aux forces Armées. Le pouvoir politique devrait se tourner vers le ministère des affaires étrangères dont l’enveloppe budgétaire bien garnie sert essentiellement à des postes diplomatiques qui exagèrent considérablement les frais de représentations avec un train de vie au-dessus de nos moyens.

  2. Puisque tout le monde est mis à contribution,il y a dans un ministère à qui on ne demande jamais rien,celui de Bercy.Il y a de Haut-Fonctionnaires qui gagnent très bien leur vie,on devrait leur baisser le salaire pour contributions exceptionnelles.On leur dirait que c’est pour la France.Je pense qu’ils le comprendraient.

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