Candidats au bac : soyez réalistes

 

Publié par Guillaume Cammilleri le 22 juin 2014

Opposition Républicaine Jeunes

 

Excellent texte que je valide. Les jeunes parlent aux jeunes! //RO

 

En parcourant les nouvelles informations, sur quoi suis-je tombé hier ? J’ai vu à mon très grand étonnement que des candidats au baccalauréat avaient signé une pétition pour se plaindre… de la difficulté de l’épreuve de mathématiques en série S… J’ai d’abord souri en me disant que personne ne signerait, puis j’ai vu que cette pétition montait haut, puisque adressée à Benoît Hamon, le ministre de l’Education Nationale en personne et que 40 000 candidats l’avaient signée… Et là mon sourire s’est effacé, laissant place à de la colère. Lire ce genre de chose me laisse sans voix, des candidats à une épreuve qui se permettent de faire une pétition parce qu’ils jugent les sujets trop durs…. Où va-t-on ? Qu’est-ce que cette manie de vouloir tout contester, même les sujets de l’épreuve phare de l’Ecole de la République ?

Pire encore, il n’y a pas que l’épreuve de mathématiques qui est contestée ! Les sujets de physique-chimie et d’anglais sont aussi mis en cause pas les candidats. Peut-être que le texte d’anglais comprenait un ou deux mots que les élèves ne connaissaient pas et peut-être que le sujet de physique nécessitait de réfléchir plus que dans les sujets habituels… Mais de quel droit des candidats peuvent-ils signer une pétition appelant à « arrêter le carnage » ? Je connais des élèves qui passent le bac cette année et qui n’ont pas trouvé de difficultés particulières dans les sujets. Pour avoir moi-même obtenu un Bac S, le sujet de maths ne contenait à mes yeux rien de choquant. Peut-être une ou deux questions complexes, mais on ne peut pas donner le Bac, parfois il faut réfléchir, parfois apprendre par cœur ne suffit pas ! Je suis révolté par cette pétition, qui va beaucoup trop loin !

Par ailleurs, il faut rappeler les taux de réussite au Bac, très élevés. En 2013, 92,5% des candidats en série S avaient obtenu le précieux sésame. Un taux en constante augmentation depuis des années. Et je ne parle pas des nombreuses commissions d’harmonisation des notes, qui font que les élèves n’ont pas à se faire de soucis. Si certaines questions sont mal réussies, elles seront moins notées. Je ne veux pas dévaloriser le Bac, ce diplôme est absolument fondamental, sans lui beaucoup de portes restent fermées, et ce diplôme n’est pas donné, il nécessite du travail !

Mais ce mouvement de révolte est en réalité révélateur d’un mouvement bien plus grand. La population, et cette génération en particulier, a pris l’habitude que tout leur soit donné, que tout leur tombe dans la main, que tout soit gratuit ! Résultat de politiques laxistes, de politiques où on vous tend sans cesse la main. Vous êtes au chômage et vous ne cherchez pas d’emploi ? Pas grave, vous gagnerez plus que quelqu’un qui se lève à 4 heures du matin ! Vous êtes sans papier, clandestin, ne travaillez pas et ne faites rien ? Pas de soucis, nous vous prenons en charge ! Cette révolte lycéenne est le fruit d’une politique trop laxiste depuis des années mais aussi d’un manque flagrant d’autorité, à toutes les échelles : à la tête de l’Etat, dans les salles de classe et dans les familles.

Mais je veux dire aux lycéens que dans la vie tout n’est pas rose et tout n’est pas donné. La réalité est bien différente, il ne faut pas s’habituer à ce que d’autres fassent tout pour nous. Si aujourd’hui ils sont 40 000 à protester pour un sujet avec une question difficile, qu’en sera-t-il quand ils passeront des concours, un BTS ou des partiels à la Fac ? Qu’en sera-t-il quand un hypothétique employeur leur refusera un poste ? Qu’en sera-t-il quand il faudra se bouger pour chercher un emploi et que l’Etat ne sera pas derrière pour vous assister ? Qu’en sera-t-il quand vous vous rendrez compte que votre sujet de maths au Bac, ce n’est rien comparé à ce qui vous attend ?

En savoir plus sur http://www.orjeunes.fr

 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.