Céline Pina : Ce que révèle l’inquiétante soirée électorale à Évry

 

Par Céline Pina, 

Le Figaro

 

 

Je valide bien évidemment l’ensemble des propos de Céline Pina. Une défaite de Manuel Valls eut été pour moi une immense satisfaction mais force est de constater que face à cette concurrente « venue d’ailleurs » politiquement parlant et à l’image véhiculée par le chef de file de la France Insoumise, la victoire de l’ex-Premier ministre est un soulagement profond. L’arrivée en politique de cette nouvelle génération du tout-venant n’augure rien de bon des futures joutes à l’Assemblée nationale,  qui risquent de ne pas être que verbales. C’est bien triste. //RO

 

 

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FIGAROVOX/TRIBUNE – Contestant la victoire de Manuel Valls à Évry le soir du second tour des législatives, la candidate de la France insoumise, Farida Amrani, n’a pas condamné les désordres. Céline Pina rappelle le devoir d’exemplarité des élus et dénonce la posture de la candidate.


Ancienne élue locale, Céline Pina est essayiste et militante. Elle avait dénoncé en 2015 le salon de «la femme musulmane» de Pontoise et a récemment publié Silence Coupable (éditions Kero, 2016). Avec Fatiha Boutjalhat, elle est la fondatrice de Viv(r)e la République, mouvement citoyen laïque et républicain appelant à lutter contre tous les totalitarismes et pour la promotion de l’indispensable universalité de nos valeurs républicaines.


Les scènes de violence qui ont accompagné la victoire de Manuel Valls à Évry sont tristement révélatrices de l’immaturité politique de certains candidats et sont tout aussi indignes de la République que les affaires qui ont plombé les derniers scrutins.

Cette violence, qui peu à peu s’installe dans la vie politique ou syndicale est inquiétante. On se souvient de l’agression subie par des membres de la direction d’Air France où des syndicalistes, soutenus d’ailleurs par le Front de gauche à l’époque, s’en étaient pris physiquement à eux. Plus récemment de l’agression de Nathalie Kosciusko-Morizet sur un marché entre les deux tours des législatives ou de celle du maire de Montfermeil, renversé par deux fois devant sa mairie par des jeunes en scooter. À chaque fois, ces comportements inacceptables dans une démocratie apaisée sont justifiés au nom d’une violence sociale subie. Ainsi la haine et le dérapage des individus concernés ne seraient plus que la conséquence logique des «violences» exercées sur la population par le politique.

Il est difficile de faire entendre à cette frange, obnubilée par l’idée de vivre dans un État policier et sous une dictature masquée, que les défauts réels de nos démocraties occidentales n’en font pas moins les États parmi les plus libres, les plus protecteurs et les plus confortables de notre planète. Assimiler ceux-ci à des États policiers où régneraient l’arbitraire et le racisme pour chauffer à blanc la frustration et le ressentiment de certaines catégories sociales ou de certains jeunes dans les quartiers difficiles et les amener à passer à l’acte est non seulement irresponsable mais dangereux.

On peut gagner une élection, comme la perdre d’ailleurs, de peu de voix, cela ne rend pas celle-ci moins valide ni le pouvoir transmis moins légal. En aucun cas cela ne justifie de tenter de renverser le résultat des urnes en poussant à des émeutes devant et dans la mairie, bureau de centralisation des votes. Pourtant, c’est ce que n’a pas hésité à faire la candidate de la France Insoumise à Évry, mettant ainsi les pas dans les pas de son leader, Jean-Luc Mélenchon. Lequel, depuis la présidentielle, agit comme s’il avait été victime d’un coup d’État institutionnel, alors qu’il n’a fait que perdre.

Aujourd’hui, les Français ont rejeté en bloc une classe politique parce qu’ils estiment qu’elle a failli dans ses missions et oublié ses principes, idéaux et responsabilités, voire perdu son honneur. Pour autant, accepteront-ils demain d’être représentés par des candidats se comportant en chefs de bande? Par une nouvelle génération qui n’a pas intégré un minimum de codes? Par des représentants pour qui l’échec personnel est une incitation à déclencher des violences collectives?

La démocratie ne peut s’exercer sereinement que dans un espace pacifié ou chacun en accepte les règles, pas sous la pression de meutes inféodées. La noblesse de la politique et l’enjeu de la civilisation se jouent dans le rapport au pouvoir et à sa transmission. En s’élevant au-dessus du meurtre, de la terreur, de la violence et de la contrainte comme pratique d’exercice du pouvoir, moyen de règlement de la succession et mode de gestion des relations entre les hommes, nous avons contribué à construire une société où les conflits sont gérés par le compromis, le dialogue et la loi. Le tout au sein d’un État de droit où les règles sont opposables et où le pouvoir de la majorité inclut la protection de la minorité. Une élection peut donc être contestée, mais en faisant appel à la justice, pas en faisant usage de la menace et de la force.

 

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2 réflexions au sujet de “Céline Pina : Ce que révèle l’inquiétante soirée électorale à Évry”

  1. Je ne valide pas les propos bisounours de C.PINA, lesquels consistent ni plus ni moins qu’à se ranger sous l’ordre délétère d’une « démocratie » qui n’en est plus une, où le mot suffit au parjure, et à l’escroquerie. Tout se résume à cette phrase malheureuse  » nous avons contribué à construire une société où les conflits sont gérés par le compromis, le dialogue et la loi. Le tout au sein d’un État de droit où les règles sont opposables et où le pouvoir de la majorité inclut la protection de la minorité. Une élection peut donc être contestée, mais en faisant appel à la justice, pas en faisant usage de la menace et de la force ». parce que la justice dont elle parle comme d’un recours légaliste n’est jamais que l’instrument d’un diktat absolu que le système a mis en place, s’offrant une majorité d’une formule aussi inique que non démocratique, la liberté laissée au peuple de s’exprimer ne lui laissant que l’alternative de se taire s’il n’y consent.

  2. Satisfaction aveugle une fois de plus:la France est une démocratie ni « apaisée » ni « libre »e et les bondieuseries « démocratiques » n’y changeront rien,tout au contraire!

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