« Cet Occident qui trahit…

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Magistro

 

 

© Pierre Duriot

 

Selon le chroniqueur, il faut continuer à soutenir nos alliés kurdes des YPG (Unités de protection du peuple). Non par idéalisme, mais par réalisme.
 

Jusqu’où l’Occident ira-t-il dans son lâchage des Kurdes de Syrie face à l’ogre islamiste turc ? Le 18 mars 2018, l’armée turque, appuyée par des éléments rebelles syriens pour la plupart islamistes, a pris, au nord-ouest du territoire syrien, la ville d’Afrine, qui avait été pacifiquement administrée par le mouvement kurde YPG (Unités de protection du peuple) depuis 2012. Dans les cartes du mandat français en Syrie (qui s’exerça entre les deux guerres mondiales), Afrine est décrite comme de peuplement kurde à 90 %. L’attaque turque, précédée de bombardements de terreur visant la population civile, a provoqué la fuite de plus cent mille personnes. De nombreuses exactions ont été commises par les rebelles syriens, notamment contre les éléments féminins des YPG, mouvement laïc prônant l’égalité entre les hommes et les femmes.


En tant que Français, nous pouvons avoir honte que ces rebelles syriens, idéologiquement affiliés à al-Qaida, aient été armés clandestinement par la DGSE en 2013, sur ordre du président Hollande.


Comme l’a dit le ministre de la Défense turc dès le mois de janvier 2018, son opération militaire en territoire syrien, baptisée, non sans une forte dose de cynisme, « Rameau d’olivier », a vocation à « nettoyer » l’ensemble du Rojava (bande kurde couvrant le nord de la Syrie et de facto autonome depuis 2012). Les soldats du président Frère musulman Erdogan ont pour mission d’en chasser tous les Kurdes des YPG, mouvement proche du PKK de Turquie, et donc considéré comme « terroriste » par Ankara. Enivrée par son succès à Afrine, l’armée turque rêve de prendre Manbij (ville de peuplement principalement arabe) sur les rives de l’Euphrate puis de poursuivre vers l’est pour s’emparer des cantons de Kobané et de Hassaké, qui, de tout temps, furent très majoritairement kurdes.
 
Pourquoi l’Occident devrait-il se soucier de ces querelles régionales incompréhensibles propres à l’Orient compliqué ? N’avons-nous pas quitté volontairement cette région après la Seconde Guerre mondiale, alors que nous l’avions administrée sous mandat de la SDN à l’issue de la dissolution de l’Empire ottoman, défait en 1918 ?

Le problème est que nous sommes en guerre contre l’État islamique depuis 2014 et que les seuls qui nous aient efficacement aidés à réduire son sanctuaire de terreur de Raqqa (où furent notamment détenus les otages journalistes français) sont les combattants kurdes, associé à quelques éléments arabes modérés au sein des « Forces démocratiques syriennes » (FDS). Depuis qu’ils ont résisté héroïquement au siège de Kobané (septembre 2014-juin 2015) lancé par les soldats fanatisés du nouveau califat, les Kurdes des YPG sont les alliés des Occidentaux dans leur lutte contre Daech. Ils sont formés, assistés et armés par les forces spéciales des États-Unis, de France et de Grande-Bretagne.


Et voici que, sous prétexte que le travail des FDS serait achevé sur le territoire syrien et qu’Erdogan nous menace, nous voudrions laisser tomber nos amis kurdes ? Ne nous faisons aucune illusion. Le nouveau sultan n’a pas la moindre pitié pour la faiblesse en politique. Plus nous céderons à son chantage, plus il exigera de nous.

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Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.

2 thoughts to “« Cet Occident qui trahit…”

  1. Le Kurdistan : Un territoire trois fois convoité de par sa position géographique.

    1° MOTIF : TERRITOIRE politique :

    -Une base permanente pour un allié objectif des Etats Unis : Israel qui se considère comme le seul ayant droit dans la région

    « Les Kurdes sont profondément solidaires d’Israël et un Kurdistan indépendant sera bénéfique à l’Etat juif », a estimé le journaliste kurde Ayoub Nouri. Il précise qu’à « l’heure actuelle, Israël est un pays confronté à de nombreux conflits, mais avec la présence d’un Etat kurde indépendant,
    Israël bénéficiera de la présence d’un ami et d’un allié sincère dans la région, et le Kurdistan pourra servir de zone tampon face à la Turquie, l’Iran et l’Irak. »

    Rappelons qu’Israël et les Kurdes ont entretenu des liens étroits depuis les années 1950. Des agents du Mossad avaient été envoyés au nord de l’Irak pour aider Mulla Mustafa Barzani dans sa rébellion contre l’armée irakienne. L’assistance était principalement dans le domaine sécuritaire et militaire, mais elle s’est élargie au fil des ans à l’aide médicale et aux relations commerciales. Selon certains observateurs, Israël importe les trois quarts de son pétrole du Kurdistan irakien. Le désir d’alliance est également présent chez les Kurdes.
    Soulignons que l’économie kurde repose fortement sur le pétrole, sans presque aucune activité du secteur privé, à l’exception de grands chantiers de construction. Très peu de produits sont

    « Le Kurdistan deviendrait la seconde patrie des Juifs après Israël » pense Hamma Mirwaisi, auteur de « Le retour des Mèdes ». « Depuis l’empire des Mèdes, les Kurdes ont toujours traité les Juifs comme des partenaires égaux au Kurdistan. Peut-être du fait d’Abraham, le patriarche de la nation juive, qui, d’après moi était un Kurde indo-européen et non un sémite Africain comme certains érudits Juifs l’affirment, du fait que Moïse était né en Egypte. De même une grande proportion de la population kurde descend des 10 tribus juives perdues, exilées par l’Empire assyrien au Kurdistan. Quelle que soit la raison, les Kurdes ont toujours traité les Juifs en égaux, alors que les sheikhs musulmans les encourageaient dans la discrimination (dhimmi) ».
    « Le Kurdistan peut absorber des millions de Juifs, car c’est un territoire immense qui a besoin du savoir juif. Chaque nation pourrait être une bénédiction pour l’autre, et vivre en paix et prospérité pour les générations à venir »

    Depuis la fin des années 1980 en territoire Kurde Turc et Kurde Irakien se trouvent des forces spéciales Israéliennes (les Mistara’avins ) en place pour soi-disant officiellement aider les Kurdes à obtenir leur indépendance vis-à-vis de la Turquie et de l’Irak .

    2° MOTIF : APPROVISIONNEMENT EN EAU DOUCE D ISRAEL

    – ressource en eau douce (revenant moins chère que la désalinisation d’eau de mer.

    LE KURDISTAN : objectif principal d’Israel pour l’approvisionnement en eau douce suite à la sécheresse qui sévit dans ce coin de la planète depuis 2012 (et comme par hasard début des hostilités en Syrie) .
    Le Jourdain, le lac de Tibériade, la mer morte sont en train de connaître une déperdition en eau la plus importante depuis plus de 80 ans.
    L’eau ne peut provenir que de cette partie de la région
    PRECEDENTS :

    1964 : bombardement par l’armée de l’air Israélienne de voie de détournement de l’eau en Syrie

    1966 : Bombardement par l’armée Israélienne du barrage hydraulique Miskheiba en construction

    1967 : Israël bombarde le chantier Syro-Jordanien d’un barrage sur le Yarmouk , affluent du Jourdain

    DANS LES ANNEES 1980 : incursion de l’Armée Israélienne dans le sud Liban pour empêcher les Libanais de détourner au profit de leurs irrigations l’eau du LITANI

    FIN DES ANNEES 1980 : s’intensifient les plans pour faire parvenir de l’eau du sud de la Turquie ou du Kurdistan Irakien pour alimenter le territoire Israelien. Ces aqueducs géants ne pouvaient passer que par les territoires Kurdes Irakiens et par l’Irak.

    Le problème à été Saddam – HUSSIEN.

    2017 Le mois de février le plus sec depuis 87 ans en Israël et cette année 2018 n’est pas près d’arranger la situation même si les deux premiers mois ont été très pluvieux en Israél mais pas suffisants

    « C’est un mois de janvier très rare, de façon certaine » a-t-il affirmé à la radio de l’armée israélienne. « Il n’y en a pas eu de tel, à Jérusalem depuis 1860, et au nord depuis plus d’un siècle. »
    Seulement un millimètre de pluie est tombé sur la capitale, le mois dernier, contre une moyenne de 200 millimètres pour janvier.

    La mer de Galilée n’est montée que de onze centimètres pendant le mois de janvier, selon le quotidien Walla, contre environ un mètre en janvier 2013.

    Et tout récemment 2018 :
    https://fr.timesofisrael.com/lete-en-israel-devient-plus-chaud-plus-long-etude/

    L’été en Israël devient plus chaud, plus long – étude

    Comme si l’été n’était pas assez long et chaud en Israël, les scientifiques de l’Université de Tel Aviv (TAU) prédisent que les mois chauds et secs de la région s’étendront de quatre mois à six mois d’ici 2100.
    La Méditerranée orientale, qui comprend Israël, l’Egypte, la Jordanie, la Syrie, le Liban et le sud de la Turquie connaît des « changements climatiques monumentaux » qui affecteront de manière significative les écosystèmes et la santé humaine, ont annoncé mercredi les scientifiques de TAU.
    Question : pour remplir les piscines du Roi Salomon faut-il en passer par le génocide de centaines de milliers de Syriens dont plusieurs milliers d’enfants innocents ???

    3° MOTIF : RESOURCES GAZ ET PETROLE ISRAELIEN + ARABIE SAOUDITE ET ACHEMINEMENT SUR L EUROPE , AU DESAVENTAGE DE LA RUSSIE ( qui en serait écartée).

    La Turquie hausse le ton au sujet de l’exploitation des ressources gazières au sud de Chypre. Convoité par Israel dans le bloc 9 qui se situe en territoire Libanais. Le Liban pourrait donner un contrat d’exploitation à une société française.
    -ressource en gaz et pétrole destinées aux pays européens en passant par le : Golan, ensuite un parcours sous marin : Chypre, les iles grecques , la grèce, l’Italie et enfin l’Europe

    Le parcours terrestre ( moins cher) n’étant plus à l’ordre du jours la présence d’ASSAS devenant compliqué malgré les (accusations, très certainement fausses de bombardements au moyen de produits chimiques , quel intérêt aurait-il vu comment il est surveillé , épié )

    read:https://www.romandie.com/news//905201.rom

    Poutine en Turquie pour renforcer la coopération sur l’énergie et la Syrie
    http://www.romandie.com

    Ankara – Le président russe Vladimir Poutine a entamé mardi une visite de deux jours en Turquie où il a lancé avec son hôte Recep Tayyip Erdogan un méga-projet nucléaire, symbole de leur rapprochement, avant des discussions cruciales sur la Syrie.

    « Nous assistons à un moment vraiment historique », a déclaré le chef de l’Etat turc lors d’une cérémonie à Ankara avec M. Poutine pour donner le coup d’envoi de la construction de la centrale nucléaire d’Akkuyu, dans la région de Mersin (sud), par le géant russe Rosatom.

    Les deux dirigeants, qui ont noué depuis plus d’un an une relation étroite, se sont ensuite isolés pour un entretien en tête-à-tête, à la veille d’un sommet trilatéral sur la Syrie à Ankara, où ils seront rejoints par le président iranien Hassan Rohani.

    Confronté à une grave crise diplomatique avec l’Occident après l’empoisonnement en Grande-Bretagne de l’ex-agent double Sergueï Skripal, que Londres impute à Moscou, M. Poutine a été accueilli en grande pompe par M. Erdogan qui lui a donné du « cher ami ».

    Le chef de l’Etat russe, qui effectue en Turquie son premier déplacement à l’étranger depuis sa réélection pour un quatrième mandat de président le 18 mars, est arrivé au palais présidentiel turc escorté par des gardes à cheval.

    La construction de la centrale d’Akkuyu, estimée à quelque 20 milliards de dollars et dont le premier réacteur devrait être opérationnel en 2023, est le symbole de ces relations florissantes.

    « Il est difficile de surestimer l’importance de ce projet innovant d’ampleur », a déclaré M. Poutine lors de la cérémonie à Ankara. « Nous ferons tout pour assister ensemble en 2023 à la cérémonie du lancement de la nouvelle centrale », a-t-il ajouté.

    – « Etroite coopération » –

    D’après M. Erdogan, cette centrale doit permettre à terme de répondre à 10% de la demande en électricité de la Turquie, pays fortement dépendant de l’importation d’hydrocarbures pour satisfaire son appétit énergétique.

    Ce projet, plusieurs fois retardé, avait notamment connu un coup d’arrêt lors d’une grave crise diplomatique provoquée par la destruction par l’aviation turque d’un bombardier russe à la frontière syrienne en novembre 2015.

    Mais leurs relations se sont depuis réchauffées. La Turquie et la Russie ont notamment mis de côté leurs différends pour travailler ensemble sur la Syrie, où Moscou soutient le régime de Bachar al-Assad, alors qu’Ankara appuie l’opposition.

    « Nous coopérons étroitement avec la Russie pour mettre rapidement fin au terrorisme et aux affrontements en Syrie », a déclaré mardi M. Erdogan qui s’est dit « déterminé à poursuivre et renforcer davantage, chaque jour », ce partenariat entre Ankara et Moscou.

    Mercredi, les deux présidents seront rejoints dans la capitale turque par M. Rohani pour un sommet trilatéral consacré à la Syrie, où Moscou, Ankara et Téhéran se sont imposés comme les maîtres du jeu.

    – Inquiétude de l’Otan –

    MM. Poutine et Erdogan, deux dirigeants à poigne en délicatesse avec l’Occident, ont noué depuis plus d’un an de solides relations bilatérales. L’an dernier, ils se sont rencontrés à huit reprises, sans compter de nombreux entretiens téléphoniques.

    Signe de ce rapprochement observé d’un mauvais oeil par les partenaires de la Turquie au sein de l’Otan, Ankara s’est tenu à l’écart de l’expulsion coordonnée par plusieurs alliés du Royaume-Uni de diplomates russes, en réaction à l’empoisonnement de l’ex-espion Skripal.

    A ce sujet, M. Erdogan a notamment déclaré qu’il refusait d’agir contre la Russie « sur la base d’une allégation ».

    Autre élément qui a troublé l’Otan, la Turquie et la Russie affirment avoir conclu un accord portant sur l’achat par la Turquie de systèmes russes de défense anti-aérienne S-400.

    Les deux pays ont aussi accru leur coopération sur le plan économique et énergétique, comme l’illustre le chantier du gazoduc TurkStream qui permettra à Moscou de contourner l’Ukraine, via la mer Noire et la Turquie, pour exporter son gaz vers l’Europe.

    (©AFP / 03 avril 2018 15h51)

    Au fait les produits chimiques retrouvés flottants dans des emballages étanches en méditerranée, ne comportaient pas des inscriptions en langue Russes, Nord coréennes ou iraniennes mais bien des inscriptions en langue Américaine.

    Voilà un article qui serait plus proche de la réalité .

  2. Bonjour,

    Peut être pour arrêtez de trahir l’Occident, et je pense à la France notamment, devrait elle avoir une politique beaucoup plus réaliste et nous pouvons dire  » souveraine  » comme au temps du général de Gaulle.
    Or après s’être fait l’allié des rebelles qui n’étaient autre chose que des terroristes, sans doute idiotement orientée par son allié américain toujours prompt à essemer le chaos partout où il passe, l’occident se fait aujourd’hui l’allié des Kurdes et s’enferre dans un cul de sac. Il suffit pourtant de regarder honnêtement la géographie locale pour comprendre que ni les Turques, Ni les syriens, ni les iraniens, et en somme ni les Russes auront intérêt à voir l’émergence d’un Kurdistan ou de Kurdistan -S autonome(s) ; il n’y a peut être que les américains déjà bien implantés à profit à l’Ouest et les Israéliens qui ont intérêt à cela. D’un point de vue politique même, l’admiration beate de l’Occident pour les Kurdes est quelque peu naïve. Leur passe politique et historique, comme la déclaration de la grande Charte du Rojavas (d’Avril 2016) qui est tout simplement effrayante d’une liberté apparente en fait de déguisement à une soumission totale de la première des libertés qui est la liberté de conscience devrait nous appeler à plus de circonspection ; c’est alors ironique de voir les américains se faire l’allié des politiciens Kurdes qui (contre leur propre peuple) rêve d’un État socialiste comme on en a pas vu depuis 90 ans ; sauf à comprendre que c’est évidement opportuniste et que tout cela s’effondrera au détriment même du peuple Kurde. Peut être la première des choses dont il faut tenir compte avant de bâtir une diplomatie là-bas : c’est donc la réalité géographique, et politique locale avec en particulier l’existence légitimité de la souveraineté d’un État. Voilà pourquoi les Russes ; les seuls lucides sur les visées impérialistes qui s’exercent en Syrie pour créer et entretenir le chaos seront les seuls qui seront encore longtemps cohérents sur place.

    Bien à vous.

    Adrien Robelet

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