Cette peur qui dévaste l’Amérique, comme le reste de l’Europe

Bernard Guetta, le 08 novembre 2016

Challenges


Le monde a les yeux tournés vers les Etats-Unis. Le monde s’est arrêté de tourner. Clinton ou Trump ? Trump ou Clinton ? De fait, l’Amérique a peur. Pas seulement peur de l’élection mais surtout de l’après. Le monde a peur. La France a peur. Tous scotchés à leur téléviseur. Comme un match de coupe du monde. Ainsi va le monde… //RO


Ne parlons plus des Etats-Unis et de l’Europe. Parlons de l’Occident. Parlons des grandes démocraties économiquement développées, parlons d’un ensemble qui ne fait plus qu’un des deux côtés de l’Atlantique, avec des scènes politiques si semblables. 

Le suspense reste entier à Washington. Le prochain président devrait y être une présidente car Hillary Clinton a repris l’avantage dans les sondages mais, outre qu’on est toujours dans la marge d’erreur, que rien ne sera certain avant l’heure des résultats et qu’ils pourraient même être si serrés dans des Etats clés qu’il puisse falloir procéder à des recomptages, la certitude est qu’une moitié des électeurs, majoritaire ou pas, aura préféré Trump.

C’est un tournant. C’est le fait majeur de cette présidentielle puisqu’il n’y a pas de précédent à une telle percée d’un outsider qui s’est imposé à l’appareil républicain, qui n’était pas le candidat du parti mais d’une base en révolte qui ne se reconnaît plus dans aucune des deux grandes formations structurant le bipartisme américain.

 Les Républicains sont libre-échangistes, Donald Trump ne l’est pas. Il pourfend, au contraire, l’ouverture des frontières non seulement aux immigrants latino-américains mais également, surtout, aux importations étrangères. Les Républicains veulent non seulement continuer à asseoir l’influence des Etats-Unis et leur capacité de projection sur l’Otan mais l’élargir encore à de nouveaux pays. Donald Trump, lui, ne veut plus que les contribuables américains assurent la protection militaire d’Etats alliés qui se refusent à financer leur Défense. Complète rupture avec les fondamentaux de la diplomatie américaine, il est même allé jusqu’à mettre en doute l’automaticité de l’engagement des Etats-Unis auprès d’un autre pays membre de l’Otan, objet d’une agression extérieure.

Oui, bon, d’accord dira-t-on, mais qu’importe tant que cet homme n’entre pas à la Maison-Blanche. Sa défaite, c’est vrai, relativiserait les choses mais on aurait bien tort de penser qu’une parenthèse se refermerait alors sur une épisode sans lendemains car, côté démocrate, l’ébranlement n’est pas moins grand.

On tend à l’oublier mais Hillary Clinton, candidate sans rivale de l’appareil démocrate, avait eu bien du mal à s’imposer, dans les primaires, face à un vieux sénateur, Bernie Sanders, qui se proclamait « socialiste » au pays de la libre entreprise et voulait rediriger les dépenses militaires vers les budgets sociaux.

 


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Illustration : Les succès de Trump s’appuient sur l’angoisse d’une société américaine complètement désemparée face à une économie en totale mutation. Et c’est un miroir des peurs européennes, et françaises. MANDEL NGAN/AFP

 

 


 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.

One thought to “Cette peur qui dévaste l’Amérique, comme le reste de l’Europe”

  1. Et finalement tout se terminera comme cela avait commencé.
    Chacun chez soi et les vaches seront bien gardées.
    La France aux français, l’Allemagne aux allemands, et l’Angleterre aux anglais qui l’ont bien compris avant nous.
    Chaque nation devra « remettre » ses frontières, afin de sauver son peuple autochtone. Sinon, on aura en France, toute l’Afrique et plus, dans nos grandes villes.
    Chaque nation devra « nourrir » ses habitants avec ce que leurs paysans cultivent et non pas ce que des « acheteurs traders » font venir du bout du monde pour gonfler leurs chiffres d’affaires.
    Chaque nation ne devra plus « autoriser » les dynasties politiques » et le tirage au sort des élus de la nation devra être expérimenté pour choisir les dirigeants politiques.
    Et les impôts seront payés par tout le monde, surtout les plus pauvres, qui trouvent toujours de quoi financer leurs penchants d’alcools et de cigarettes.
    Et tous les « sauvageons mis en examen », seront exportés dans des contrées désertes et laissées à la nature que tout le monde sait qu’elle est « sauvage ».
    Bien entendu, l’État français, devra se débarrasser de ses entreprises non régaliennes, transports, enseignements, cultures, médicales et j’en oublie.
    L’État jacobin centralisateur français, a failli à sa mission de protection des citoyens et de leurs biens, devra être remplacé par les anciennes régions seules capables de garder la spécificité des provinces françaises. Les parisiens n’auront plus à dicter leurs diktats aux provinciaux.
    Et je terminerai en disant: « Charbonnier est maitre chez soi ».
    L’Europe aux européens, l’Afrique aux africains.

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