Cette presse « fire and forget » incendiaire et amnésiante

Par Stratediplo

Le 24 avril 2018

 

 

© Tosque Jean-Louis

 

 

« Fire and forget », c’est le feu et l’oubli d’une presse incendiaire et amnésiante. Dans certains pays passés directement de la barbarie à la décadence sans avoir connu la civilisation, on dit que la police tire d’abord et interroge ensuite. Or voici que la presse aux ordres a perfectionné la méthode, elle tire d’abord et ne pose pas de questions ensuite. Cependant, ne pas rectifier une information fallacieuse c’est mentir par omission, et lorsque ce mensonge est commis pour justifier une entrée en guerre, crime contre la paix considéré comme la plus grave infraction au droit international, cela constitue une complicité de crime contre l’humanité.

 

La presse française (en réalité occidentale) a été unanime et volubile à rapporter les images, les vidéogrammes et les accusations colportées par les « réseaux sociaux » antisyriens et clamant que la Syrie avait procédé à un bombardement chimique sur la ville syrienne de Douma, en Ghouta orientale, samedi 7 avril 2018. La presse française (en réalité occidentale) est unanime à avoir complètement occulté les aboutissants de ces allégations, ayant soudain des milliers d’autres sujets plus importants à traiter qu’un prétendu crime assez grave pour que la France décide d’agresser ouvertement un pays, violant la charte de l’ONU, sans même attendre l’enquête internationale.

Pourtant les rebondissements n’ont pas manqué, avant même l’attaque française, et les invitations syriennes à la presse accusatrice étrangère non plus. Les images et accusations ayant commencé à circuler sur les « réseaux sociaux » dimanche 8, et étant tout de suite diffusées par les trois agences de presse des pays de l’OTAN (AFP, Reuters et AP) qui détiennent le quasi-monopole de la fourniture d’informations dans le monde occidental (Europe, Afrique et Amérique), l’armée russe a décidé lundi d’ouvrir une enquête pour événement chimique, et dépêché une équipe de spécialistes. Dès mardi 10 les chercheurs d’information indépendante pouvaient lire ou écouter ce que les receveurs passifs d’information livrée peuvent toujours attendre, le rapport (formellement négatif) à la presse du colonel Alexandre Rodionov, commandant le détachement russe de défense NBC en Syrie. A l’hôpital de Douma où les faux Casques avaient tourné leur court-métrage personne n’avait vu ou traité la moindre victime d’attaque chimique, et sur le lieu prétendu de l’attaque, difficile à trouver car les habitants disaient qu’aucune attaque chimique n’avait eu lieu dans la région, il n’y avait rien à voir, ce qui n’a d’ailleurs pas empêché l’équipe NBC des trouver des laboratoires chimiques des terroristes islamistes.

Il n’est pas inutile de rappeler ici que l’armée russe est une armée européenne, pas américaine (sans insulte ici pour les armées brésilienne, uruguayenne et encore récemment canadienne non représentatives de l’Amérique), qui ne s’exprime pas par les éructations télévisées de n’importe quel sous-caporal anonyme ayant supervisé l’abattage par ses soudards débraillés d’une statue du chef d’Etat vaincu ou des gazelles d’un parc zoologique. Comme tout porte-parole du commandement voire simple officier supérieur autorisé à s’exprimer devant la presse, cet ingénieur-docteur, diplômé d’école de guerre et haut fonctionnaire de son pays s’identifie, engage la signature de son gouvernement et donne ses coordonnées pour pouvoir être recontacté. Un véritable journaliste devrait y porter plus d’intérêt qu’aux « déclarations d’un haut responsable sous couvert d’anonymat » que font si souvent circuler les agences de presse du phare ouest et qui garantissent l’impossibilité d’authentification, de cotation de crédibilité, et de conséquences en cas de démenti ultérieur par les faits, surtout quand ces « déclarations d’un haut responsable sous couvert d’anonymat » proviennent d’un pays dont le gouvernement est coutumier du fieffé mensonge avéré jusque devant les plus hautes instances internationales. Au contraire, le gouvernement russe doit jouir auprès de la presse sérieuse (malheureusement pas auprès de l’auditorat endoctriné occidental) d’une crédibilité impeccable puisqu’il n’a jamais été pris en délit de mensonge en ce siècle, fait particulièrement rare parmi les grandes démocraties.

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Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.

4 thoughts to “Cette presse « fire and forget » incendiaire et amnésiante”

  1. C’était une évidemment pour le peuple. Pourquoi le président syrien, vainqueur sur le terrain serait bêtement aller se risquer à un tel acte très contre productif pour lui et son pays ??? Tout comme  » l’affaire du poison en Angleterre lancée juste avant la réélection de M. Poutine pour tenter de mobiliser son peuple contre lui, M. Poutine est donc si gênant ? Et il gène qui ? . La question est donc : À qui profite le crime.

  2. Les preuves manquent parce que Washington ne veut pas d’une enquête internationale, qui conclurait, comme le rapport de Carla del Ponte en 2015, qu’ Assad n’est responsable d’aucune attaque chimique. Et contrairement à cette attaque chimique perpétrée par un groupe de rebelles cette année-là, aujourd’hui il n’y a qu’une mise en scène des Whites Helmets, pour faire croire à une attaque chimique sur des personnes. Ces casques blancs font la propagande des groupes terroristes, comme on a déjà vu il y a 2 ou 3 ans, avec de vraies fausses victimes maquillées, lors des bombardements russes à Alep.

  3. Détail:
     » Le journaliste étatsunien Pearson Sharp a annoncé… », etc.
    De quel pays se réclame donc Mister Sharp ?
    Du Mexique peut être qui est aussi un ETATS UNIS ?

    Les zamericains se disent Américains, les Mexicains se disent Mexicains et même les gens de la Gaule se disent Francais…
    Alors pourquoi ces etatsuniens ?

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