Conseil municipal : « Après, le maire FN du Pontet est monté dans sa grosse Mercedes »

 

Par Marc Dubois | militant UMP du Pontet le 26/06/2014

Le Nouvel Observateur – Rue 89

 

Commentaire LCA : Enorme polémique sur ce sujet depuis hier sur les réseaux sociaux où les invectives volent bas. Très bas même. Alors, avant de la ramener ainsi, les opposants à cette décision du conseil municipal élu, faut-il le rappeler avec 42,6 % des voix, feraient bien de se poser la question : comment en est-on arrivé là ? J’entends par là, la victoire de Front national sur une municipalité perdante UMP qui a ruiné la commune du Pontet (sic) en aides sociales, entres autres, par clientélisme. La réponse est donc là. Une politique totalement irresponsable, digne du Parti socialiste, qui a mené le FN au pouvoir. Donc la municipalité décide à l’unanimité. Point barre.

Ensuite, qui sont « les enfants les plus pauvres »? Et s’ils vont à la cantine scolaire, c’est que le ou les parents travaillent. Ils ont donc des revenus, le SMIC à minima, plus les minima sociaux et toutes les aides sociales qui vont bien, n’est-il pas (APL, RSA, AME, primes de rentrée scolaires…..)? Si les parents ne travaillent pas, alors il est illogique de laisser les enfants à la cantine, manger gratuitement sur le dos de la société. Les parents n’ont pas 1, 50 euro à mettre par jour pour ces frais minimes de cantine mais ils ont certainement un voire plusieurs smartphones hight tech et les abonnements qui vont bien également, la télévision écran plat, la voiture, j’en passe et des meilleures. Arrêtons le sketch s’il vous plait. Et arrêtons l’assistanat à outrance. 

Pour supprimer les pique-boeufs, il faut supprimer les vaches à lait. C’est du moins ce qu’il se dit dans certaines campagnes normandes. 

Régis Ollivier

 

Au Pontet (Vaucluse), Joris Hébrard a fait valider mercredi la fin de la gratuité totale de la cantine scolaire pour les plus démunis. Un proche d’un membre de l’opposition, qui a assisté au conseil municipal, raconte.

Temps à l’orage dans le Vaucluse où le nouveau maire FN du Pontet (7 684 votants) continue à défrayer la chronique. Après s’être octroyé en mai dernier, une augmentation de plus de 44%, le « beau gosse du FN », comme le désignent ses groupies, s’attaque aux enfants les plus pauvres de la ville en supprimant la totale gratuité des cantines scolaires.

Ce mercredi soir, à l’Hôtel de ville du Pontet, une trentaine d’élus dont 24 de la majorité FN menée par le nouveau maire Joris Hébrard.

Rasé de près, coupe en brosse, l’œil vif et le sourcil frétillant, à 31 ans, il a le profil type des nouveaux cadres « charmeurs » du parti de Jean-Marie Le Pen auquel il a adhéré en 2006.

Non loin du maire, son nouveau directeur de cabinet, Xavier Magnin, récemment importé de la mairie d’Orange (Ligue du Sud) [ancien directeur de com’ et neveu par alliance de Jacques Bompard, maire d’Orange, ndlr] située à quelques kilomètres au nord.

Le public installé en fond de salle déborde largement des quelques chaises chichement prévues. Beaucoup sont restés debout pour assister à la passe d’armes tant attendue. En guise d’apéritif au match Equateur-France qui se jouera moins de trois heures plus tard, Le Pontet doit décider si les enfants les plus démunis de la ville seront définitivement privés de cantine gratuite.

Une démission surprise

Petit échauffement préliminaire au combat des chefs, à l’issue d’un vote désignant une nouvelle adjointe : la démission en pleine séance, d’un jeune conseiller municipal FN. Sans autre explication, Julien Tissot se lève de son siège et déclare « Monsieur le maire, je démissionne ! ». Il quitte aussitôt la salle en traversant le public surpris.

Pas de commentaire du maire qui poursuit la séance comme si de rien n’était.

Il s’agit de la quatrième démission de la liste FN en moins de trois mois, le premier adjoint a claqué la porte la semaine dernière.

Cette hécatombe politique est révélatrice d’un profond malaise dans l’équipe municipale. Il faut dire que passée l’euphorie de la victoire, la réalité de la gestion au quotidien d’une ville de près de 17 000 habitants n’est pas une sinécure. Ceux qui croyaient encore naïvement pouvoir apporter leur pierre à l’édifice doivent se rendre à l’évidence : c’est le Parti qui dirige la ville. Ce sont ses cadres parisiens et orangeois qui prennent les décisions et le maire endoctriné par la propagande lepeniste ne serait qu’une belle façade d’apparat.

« Une décision discriminatoire »

Vient enfin la délibération qui doit décider de l’abandon de la gratuité des cantines scolaires. Claude Toutain, leader de l’opposition (UMP), dont je suis proche politiquement, prend la parole et interpelle les élus frontistes :

« Pendant plus de dix ans, sous l’autorité du maire de l’époque, j’ai eu en charge le Centre communal d’action sociale et j’ai rencontré personnellement certaines des familles qui bénéficiaient de cette gratuité.

Savez vous que certains ont moins de 600 euros par mois pour vivre ? Savez vous combien sont obligés d’aller s’abaisser à mendier pour assurer à leur famille un seul repas par jour ?

Non, Monsieur le maire, tous ne sont pas des escrocs qui ne cherchent qu’à abuser des prestations sociales !

Non, Monsieur le maire, vos clichés sont dépassés. Nous sommes en 2014 et la crise touche tous les Français !

La gratuité totale des cantines a un coût pour le CCAS de 25 à 30 000 euros par an. Par rapport au budget global de la commune de 47 millions d’euros cela représente environ 0,05 %. De qui se moque-t-on quand on parle d’économies ? La seule vérité, c’est qu’une nouvelle fois votre idéologie d’extrême droite se cache derrière cette décision […].

Aujourd’hui, vous, Monsieur Joris Hébrard, vous exercez une activité paramédicale. Si je comprends bien votre logique, est-ce à dire que vous refusez de soigner les allocataires de la CMU [Couverture maladie universelle] ?

Pour une famille de trois enfants, votre décision va représenter plus de 1 000 euros par an de dépenses supplémentaires. C’est une charge énorme qui viendra au détriment du minimum vital […].

Monsieur, vous avez augmenté votre indemnité de maire de 44% soit un peu plus de 1 000 euros par mois, cela représente plus de 600 repas par mois pour les enfants pauvres du Pontet ! »

Sans sourciller, le sourire aux lèvres, le maire FN répond qu’il fait ce qu’attendent ses électeurs. Il se dit « fier » de cette décision qu’il assume totalement et que cette mesure vise à « responsabiliser » les parents qui doivent « prendre leur part dans le coût du repas afin qu’il ne soit plus totalement pris en charge par les seuls contribuables ».

Et « beau gosse » de couper court au dialogue en faisant voter sa majorité qui, d’une seule et même main levée, adoptait la délibération.

Puis il est monté dans sa grosse Mercedes

Beaucoup de rumeurs de mécontentements dans le public. Mais aussi quelques aficionados ouvertement satisfaits que « tous ces fainéants mettent enfin la main au porte-monnaie ! »

Entre une extrême droite populiste qui fait des émules et quelques « résistants », Le Pontet affiche douloureusement les stigmates d’un véritable cancer qui ronge sa population. Ils ont été 42,6% à voter pour le parti de la droite extrême aux dernières municipales. Certains en sont fiers. Beaucoup sont mal à l’aise. Comme un lendemain de cuite où il faut assumer les excès d’une soirée trop arrosée.

Partagés entre la fierté d’avoir franchi la ligne et les remords d’une énorme bêtise qu’il faut assumer en silence. Le FN surfe sur la vague et place ses pions dans ce terreau fertile. Après le vote de ce mercredi soir, ce sont désormais les enfants des familles les plus démunies qui vont payer la facture.

Le front haut et aux lèvres la satisfaction du devoir accompli, le maire FN du Pontet est monté dans sa grosse Mercedes pour aller voir le match.

 

En insertion :

1) Marc Dubois fait partie de l’équipe de Claude Toutain, candidat aux dernières municipales et désormais leader de l’opposition (UMP) au Pontet (Vaucluse). En apprenant la décision de Joris Hébrard, maire FN, de supprimer la gratuité de la cantine pour les populations les plus fragiles, Claude Toutain, qui a longtemps été responsable du Centre communal d’action sociale (CCAS), a décidé d’engager un combat médiatique.
Marc Dubois, qui le soutient, a quant à lui accepté de nous faire le récit (subjectif) du conseil municipal qui s’est tenu ce mercredi.
Le maire FN a réagi ainsi, ce jeudi : « Un repas reviendra à 1,57 euros par jour. Cela ne me paraît pas impossible. » Nolwenn Le Blevennec

2) Dans de nombreuses villes de France, la cantine est aussi un privilège. Elle est réservée aux enfants dont les deux parents travaillent, bien que cela constitue une discrimination. Justification : il faut bien faire une hiérarchie car il manque de la place.
Le Monde.fr a répertorié sur une carte quelques cantines concernées. A Thonon-les-Bains (Haute-Savoie) par exemple, le maire UMP, Jean Denais, a restreint l’accès à la cantine aux enfants de chômeurs en 2011. Et « le bénéfice du service est maintenu pendant un mois », si l’un des parents perd son emploi. NLB

Illustration : Joris Hébrard, maire FN du Pontet, en avril 2014 (ANNE-CHRISTINE POUJOULAT/AFP)

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