Cotta : Valls est-il le mouton noir ou le phénix du PS ?

Le Point.fr – Publié le 

Il focalise toutes les attentions. Particulièrement au sein de sa majorité qui juge son activisme et ses ambitions suspects. L’analyse de Michèle Cotta.

Manuel Valls se défend d'avoir si peu que ce soit envisagé la fin du regroupement familial. © VILLALONGA KARINE/SIPA
Manuel Valls se défend d’avoir si peu que ce soit envisagé la fin du regroupement familial. © VILLALONGA KARINE/SIPA

Les propos de Manuel Valls au cours du séminaire gouvernemental de lundi dernier ne seront sans doute jamais exactement connus. L’intéressé se défend depuis mercredi d’avoir si peu que ce soit envisagé la fin du regroupement familial, d’autant que la loi sur ce sujet – proposée par Jacques Chirac, alors Premier ministre de Valéry Giscard d’Estaing en 1975, votée par la majorité de l’époque – est devenue, depuis, une loi européenne. Elle s’impose donc au gouvernement français, même s’il prenait à son ministre de l’Intérieur le désir d’en changer. Que Manuel Valls ait évoqué le sujet de l’immigration, donc de la politique vis-à-vis de l’Afrique noire (et de l’Afrique en général, dont vient la majorité des immigrés en France), qu’il ait posé le problème de la montée de l’Islam et de ses conséquences partout dans le monde et aussi, bien sûr, dans notre pays, c’est assurément le cas. Il est bien naturel après tout que le ministre de l’Intérieur aborde ces questions. S’il ne le faisait pas, on pourrait lui en faire reproche.

Ce qui l’est moins, naturel, c’est qu’à peine terminé le séminaire gouvernemental, ce soient certains de ses collègues eux-mêmes qui fassent savoir aux observateurs, toutes affaires cessantes, que Valls veut la mort du regroupement familial et juge quasiment l’Islam incompatible avec la République. Ces confidences, dont ils ne pouvaient pas ignorer qu’elles seraient immédiatement rendues publiques, reflètent d’abord l’agacement des socialistes et des verts, au gouvernement ou pas, devant l’activité – certains disent l’activisme – de Manuel Valls. Présent sur tous les fronts cet été, le ministre de l’Intérieur a multiplié les interventions sur les catastrophes naturelles, la criminalité en France, ou encore, la semaine dernière, sur la politique pénale de la France. Son omniprésence paraît suspecte à ceux qui, à l’intérieur de la gauche, affirment depuis quelques mois déjà que Valls vise, dans un futur proche, de plus hauts postes que celui qu’il occupe : Matignon ou, pourquoi pas, en 2022 l’Élysée. Et que les positions prises par celui-ci ne s’expliquent que par sa volonté de se constituer, dès maintenant, un socle électoral.

Il existe une vraie cassure à l’intérieur de la majorité

Lire la suite ici sur la résistible ascension de Manuel Valls

 

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