Coupes budgétaires : Valls veut mettre Le Drian en slip

 

Par JEAN GUISNEL Publié le 13/05/2014

Le Point.fr

 

Le Colonel dit : A force de tirer sur la corde, celle-ci va casser, c’est certain. Il faut être socialiste pour ne pas le savoir. Vers une mort programmée de notre outil de défense. Tout ceci est pitoyable. Il ne faut pas compter sur François Hollande pour les arbitrages. Et j’ai bien peur que Monsieur Le Drian ne soit contraint, une fois de plus, à faire profil bas face à Bercy-Matignon. //Régis Ollivier

La tension monte dans les armées, dont le budget est une nouvelle fois visé par l’axe Matignon-Bercy. Pourquoi Hollande, chef des armées, reste-t-il silencieux ?

De démentis vagues en déclarations ambiguës, Matignon et Bercy ont donné du corps et de la véracité aux déclarations faites dimanche à la télévision par le député UMP de l’Aisne Xavier Bertrand. Ce dernier n’a pas voulu faire état de ses sources, mais ses accusations se baseraient sur une note ayant fuité du SGDSN (Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale), un service dépendant du Premier ministre. Selon les déclarations de Xavier Bertrand, la défense pourrait perdre 1,5 à 2 milliards d’euros chaque année durant trois ans. Selon certains cadres militaires, ce chiffre pourrait être le « bas de la fourchette », mais les rumeurs sont une spécialité des armées.

Toujours est-il que « radio popote » prétend que Bercy réclame effectivement ces sommes, qui seraient donc cumulatives. Le budget annuel sanctuarisé par la loi de programmation militaire votée en décembre 2013, soit 31,5 milliards d’euros, perdrait donc 1,5 milliard en 2015, 3 milliards en 2016 et 4,5 milliards en 2017. Soit neuf milliards en trois ans. Est-ce réaliste ? Non. En revanche, le quotidien économique Les Échos a publié mardi matin une évaluation qui a du sens : « Bercy est décidé à couper dans les crédits de l’armée : plusieurs scénarios sont à l’étude, qui pourraient aller jusqu’à 2,3 milliards d’euros d’ici à 2017. »

Sanctuarisation du budget militaire

À ce stade, selon nos informations, les services de la défense n’ont reçu aucune information venant de Bercy qui concernerait une éventuelle remise en cause des promesses du chef des armées. Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, qui joue politiquement très gros sur cette affaire, n’en démord pas : non seulement la sanctuarisation du budget militaire se trouve inscrite dans la loi, mais elle a été maintes fois réitérée par François Hollande. On n’en sortira pas : sauf à se renier publiquement, le chef de l’État est le garant d’un budget préservé sur toute la durée du quinquennat, après, il est vrai, de sérieux coups de rabot.

Lors d’une intervention dimanche soir sur TF1, Manuel Valls a cependant confirmé que les promesses de François Hollande ne l’engageaient pas. Si les mots ont un sens, les siens sont parfaitement ambigus : « Tout le monde doit participer à la réduction des déficits. Et nos armées, qui se battent courageusement sur différents terrains (…), doivent être préservées. Chacun doit faire un effort. » Comment veut-il « préserver » les armées en leur demandant des « efforts » ? La suite le dira…

Le silence de Hollande

Mardi après-midi, lors des questions au gouvernement, Michel Sapin n’a nullement démenti les inquiétudes de Xavier Bertrand en déclarant : « Une loi de programmation a été votée. C’est dans le cadre de cette loi de programmation que toute réflexion sur l’avenir des crédits de la défense nationale doit s’inscrire. » Langage technocratique codé dont nous proposons à nos lecteurs une traduction qui vaut ce qu’elle vaut : Bercy entendrait effectivement rogner le budget sur les trois prochaines années, mais en s’engageant à réaffecter ces crédits avant 2019, date de la fin de la loi, dont la dotation de 190 milliards ne serait donc pas écornée… Qui crierait à ce scénario ?

Quoi qu’il en soit, depuis dimanche, les armées sont sur des charbons ardents. Un seul homme peut jeter de l’eau sur les braises : François Hollande. Or, depuis le début de la semaine, s’il a souvent parlé à des journalistes, il n’a apporté aucune réponse aux questions sur le budget militaire. Mais pourquoi donc ?

 

Illustration : Manuel Valls n’a pas démenti des coupes budgétaires possibles dans le budget de la défense. © Christophe Petit Tesson / MAXPPP

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Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.

One thought to “Coupes budgétaires : Valls veut mettre Le Drian en slip”

  1. Malheureusement il y a longtemps que notre Armée est en slip, et avec GRANULE au commande et sa bande de Mickey, le pire risque de se produire, ce n’est qu’une mise en bouche, et tous les chefaillons dont les cerveaux sont cousus au fil d’or, feraient bien de se réveiller. Je pense que dans toute cette affaire de milliards d’économie pour maintenir la paix sociale d’une populace avide d’allocs et de les encourager à ne pas retrousser leur manche, oui on risque tous gros dans cette affaire. Le début de la FIN aux larmes citoyens.

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