CSG : bien sûr que les parents vont payer…

Par Pierre Duriot

Le 19 mars 2018

Boulevard Voltaire

 

© Pierre Duriot

L’adulte s’est toujours tu, leur a toujours obéi, a toujours satisfait leurs désirs, a toujours cédé. Pourquoi en serait-il autrement maintenant que, grandis, ces enfants là sont au pouvoir ?

Il y a un rapport particulier entre ces retraités les plus « nantis » qui hurlent à la spoliation dans les rues et cette caste de quadragénaires gâtés, arrivés au pouvoir par la grâce des étiquettes décernées par l’enfant gâté en chef : Macron.

Les premiers sont les parents des seconds. Ces anciens-là, étudiants en 1968, la plupart issus de familles aisées, de familles d’enseignants, pour beaucoup, qui avaient su propulser, grâce à l’école, leur progéniture aux meilleurs postes, ont à l’époque choisi une autre forme d’éducation pour leurs jeunes devenus précieux. Ils ont fait la révolution contre les carcans, le collectivisme, la préséance et voulu l’épanouissement personnel, l’individualisme, la jouissance.

Ils ont promu une nouvelle forme d’éducation, se sont tus dès que le petit a dit ses premiers mots. Ils se sont esbaudis devant les premiers gestes de leurs enfants chéris, ils les ont félicités au moindre lever de petit doigt, leur ont permis de gagner à tous les jeux de société de l’époque, les laissant ainsi s’illusionner.

Eux et les grands-parents en ont fait des enfants centraux, sans coercition, pour ne pas brimer leur développement psychoaffectif, pour ne pas brider leur parole, pour favoriser leur estime de soi, pour se faire aimer de leurs enfants, pour se faire pardonner leurs absences : il travaillaient dur.

 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.

3 thoughts to “CSG : bien sûr que les parents vont payer…”

  1. Exact G de Sorne, le mouvement éducatif a été global, avec cependant des variations dans l’intensité et à peu près partout pour les mêmes raisons.

  2. Je ne pensais pas payer pour cela : origine modeste, famille à Madagascar lors de mai 68 ( donc rien vu) enfants élevés ensuite, dignement dans le respect d’autrui, excellentes hautes études à la force du poignet et coûteuses … Et voilà, votre analyse si juste : le résultat : qui va payer ? Pas ceux qui ont fait mai 68 (eux, ils sont nantis, j’en connais). C’est nous qui avons cru à l’ascenseur social. Ils ont même des visées sur notre maison achetée pour nos vieux jours, à grand peine…
    J’enrage !!!

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