De l’indignation sélective…

Pierre Duriot, le 26 décembre 2015

Le Colonel 2.0

 

Quand la Corse se réveille, les élites dirigeantes sur le continent tremblent et surtout s’indignent. Mais comme à l’accoutumée, elles s’indignent de manière sélective. Et la victime devient coupable. C’est l’objet de ce billet de Pierre Duriot en exclusivité pour Le Colonel 2.0. Je le remercie vivement pour la confiance qu’il accorde au blog LC2.0. //RO

 

Comme souvent, l’actualité nous offre la possibilité de mesurer à la fois la programmation des consciences et le traitement qui peut être mené par la presse. Les violences corses, avec en premier lieu le guet-apens tendu aux forces de l’ordre et de la sécurité seraient passées totalement inaperçues sans la réaction spontanée des Corses. Pas un ministre, ni un seul officiel n’a commenté à chaud l’agression de nos pompiers. Il est vrai que l’île de Beauté n’est pas vraiment coutumière de ce genre d’acte. En métropole, ils sont monnaie courante sans que cela n’émeuve qui que ce soit et ne suscite le moindre commentaire indigné. Ce type d’agression est même carrément entré dans les mœurs de banlieue et nous sommes « programmés » pour trouver cela quasiment « normal », relevant même d’un certain folklore contre lequel une forme de « tolérance » confinant au masochisme est de rigueur. Pire, il est impensable de mentionner ou même d’évoquer le profil des agresseurs, alors que tout le monde le connaît, sous peine d’être haineux et raciste et de « faire le lit du Front National ». Mais le législateur va encore plus loin, en qualifiant de raciste ou xénophobe la diffusion des images montrant ce type d’exaction, lesquelles sont réservées aux sites et blogs qualifiés d’ « extrême droite ». Comme si montrer la réalité vraie et vérifiable pouvait constituer une atteinte. On en arrive à la situation ahurissante ou le coupable n’est plus celui qui commet l’acte délictueux mais celui qui en parle.

Mais les Français, pardon, les Corses, se sont défendus et dans l’échelle de gravité perçue par la conscience de nos hommes et femmes publics, la défense apparaît comme plus inqualifiable que l’agression première, comme totalement insupportable. Au point que les Ministres, Valls et Cazeneuve, se sentent obligés de prendre la parole, obligés aussi de mentionner l’agression des forces de l’ordre, mais en passant. Estrosi, le pourtant droitier représentant du peuple, va même, dans son tweet, jusqu’à passer sous silence l’agression des pompiers pour concentrer son indignation sur les auteurs du saccage de la salle de prière. Pour lui aussi, le guet-apens tendu aux hommes en uniforme tient du folklore ordinaire. Pour la presse, le choix des mots est également édifiant et elle qualifie immédiatement le saccage de la mosquée comme un acte « islamophobe » et pas comme une « mesure de rétorsion », alors qu’en aucun cas l’agression des pompiers n’est francophobe, ou raciste ou christianophobe. Nous sommes donc programmés pour établir une hiérarchie dans les agressions et les indignations, trouver normal d’être agressés mais anormal un acte d’autodéfense, alors même que les agressions commises contre les hommes en uniformes dans les cités restent la plupart du temps totalement impunies. Et qu’il pourrait sembler logique que la justice du peuple se mette en batterie quand la justice officielle ne passe pas, ne passe plus.

Il se trouve tout de même le controversé Jean-Guy Talamoni pour faire preuve d’un minimum de sens commun et fustiger à égalité les deux agressions et se souvenir que la ghettoïsation des personnes issues de l’immigration est sans doute à l’origine des problèmes rencontrés. La moralité de cette histoire est qu’il sera à jamais impossible de promouvoir et de réaliser le fameux « vivre ensemble » dont on nous rebat les oreilles si les uns ont l’autorisation tacite d’agresser pendant que les autres n’aurons d’autre possibilité que de subir sans réaction, le tout avec la caution des responsables publics décidément plus du tout en phase avec leur peuple.

Photo de Une : Le Colonel 2.0 et francetvinfo.fr

Le blog de Pierre Duriot

 

 

 

 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.

2 thoughts to “De l’indignation sélective…”

  1. Je crains qu’un retour en arrière ne soit désormais impossible. Ou alors, au prix du sang… Hélas. Mais je suis d’un naturel pessimiste.

  2. Désolé pour ceux qui seront choqués mais sans excuser les dégradations commises dans les lieux de cultes, je partage l’indignations de Corses qui nous montrent le chemin de la révolte contre ceux qui veulent nous imposer leurs règles et leurs coutumes. Il n’y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir aussi, il est temps pour les responsables politiques qui se cachent la tête dans le sable, de prendre les mesures adaptées pour que l’on retrouve nos valeurs, le sens du patriotisme et pour que soient appliquées les lois de la République.

Les commentaires sont clos.