Armées, Défense, France, Sécurité

De l’utilité et de la nécessité de l’opération Sentinelle

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Par François Chauvancy, le 11 août 2017

Défense et Sécurité – Le Monde

 

 

Le Général (2S) François Chauvancy a bien opportunément interrompu ses vacances pour commettre cet excellent billet que je vous livre aujourd’hui. Nous nous rejoignons sur bien des points de son propos. Et je suis également en faveur du maintien de l’opération Sentinelle « revisitée ». Ne tendons pas aux islamistes radicaux le bâton pour nous faire battre. Et dans le même ordre d’idée, ne laissons pas la zizanie s’installer insidieusement dans nos rangs. // RO

 

 

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Le débat sur la pertinence de l’opération Sentinelle devient malsain. Chaque commentateur y va de son petit laïus, forcément pertinent, forcément réduit par la focalisation médiatique et bien sûr alimenté par la sixième agression depuis 2015 contre nos soldats. Pour ma part, je suis résolument favorable à l’opération Sentinelle.

En effet, juger d’une stratégie, donc d’une action sur le long terme, en ignorer les objectifs à atteindre pour se limiter à une approche factuelle suite à un événement du quotidien, sont des approches restrictives, journalistiques et donc manquant de réflexion (Cf. Lire cependant cet article équilibré sur le site des Lesinrocks). Je regrette que quelques commentateurs, pourtant investis depuis longtemps dans la pensée stratégique mais positionnés presque idéologiquement contre l’opération Sentinelle, ne fassent pas preuve d’une réflexion plus objective.

En effet, expliquer aux citoyens l’opération Sentinelle sur le long terme serait plus efficace que d’alimenter la polémique, certes coutume très française, et donc d’affaiblir l’action des forces armées contre la menace islamiste. Mauvais message ! Cela montre que la stratégie des islamistes radicaux telle qu’elle est décrite dans « La gestion de la barbarie » fonctionne (Cf. Mon billet du 4 janvier 2016 et aussi les autres billets de ce même mois sur la menace salafiste).

La discorde (Cf. « De la discorde chez l’ennemi », ouvrage du général de Gaulle) est introduite au sein de notre société, le doute est instillé, les revendications internes émergent avec ces épouses de militaires en colère critiquant à la fois les conditions de vie de leurs conjoints – ce en quoi elles ont raison – et la mission Sentinelle – ce en quoi elles ont tort par un manque total de légitimité à s’exprimer sur la question.

Ce n’est pas en entretenant la discorde au sein de nos rangs que nous gagnerons contre les islamistes radicaux. Faut-il rappeler la menace et qui est l’ennemi intérieur ? Le Figaro fait opportunément le point (Cf. Le Figaro, édition du 11 août 2017).

Les radicalisés représentent aujourd’hui 18 550 signalements contre 11 400 cas au moment des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis, soit une hausse de plus de 60 % en moins de deux ans. 6 000 au 1er mars 2017 sont considérés comme des « cas sensibles et préoccupants ». Il faut une vingtaine de personnels pour la surveillance 24/7 de chaque radicalisé. En juin 2017, les radicalisés de sexe féminin représentaient 26 % des cas, les mineurs un peu plus de 16 %, les convertis plus de 34 %. Or il ne s’agit que des radicalisés identifiés et les attentats montrent aujourd’hui que ce recensement n’est pas complet et le sera difficilement.

Lire la suite sur http://chauvancy.blog.lemonde.fr

 

 

 

About the author / 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.

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