De Paris à Sydney, l’Occident est une autruche !

Par Gabrielle Cluzel le 17 décembre 2014

Boulevard Voltaire

 

Dans l’affaire Man Haron Monis, comme dans l’affaire Merah, j’y vois une très grande responsabilité de la part des institutions et des responsables étatiques. Et, partant, je suis en accord total avec les propos de Gabrielle Cluzel. Arrêtons cette politique stupide de l’autruche. //RO

 

 

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L’affaire Man Haron Monis, comme l’affaire Merah, est un bâton de dynamite.

 

Sur Twitter, la journaliste Sophie de Ravinel s’indignait : lundi, en Australie, toutes les chaînes d’info étaient en permanence sur la prise d’otage, mais pas le lendemain à Peshawar avec les 130 morts.

Deux morts australiens vaudraient-ils plus que 130 morts pakistanais ?

Inutile de le nier. La vieille Europe — et notamment la France — s’apitoie sur le sort des enfants pakistanais, mais de façon détachée, comme s’il était entendu, n’est-ce pas, que ces régions-là avaient toujours été à feu et à sang. On pouvait pleurer, mais pas s’étonner. Quand elles ont observé avec fascination et horreur la prise d’otage de Sydney parce que celle-ci, pour s’être déroulée à l’autre bout du monde, était aussi la leur.

Les deux otages, pimpantes comme deux Occidentales partant travailler, qu’un photographe a prises au télé-objectif, accrochant maladroitement sur la vitrine du café un drapeau noir avec la chahada (« Il n’y a de Dieu qu’Allah et Mahomet est son prophète ») juste au-dessus de l’inscription « Merry Christmas » (tout un symbole…), étaient australiennes, elles auraient pu être françaises. Le jeune gérant du café, l’avocate mère de trois enfants qui y ont laissé la vie, aussi.

L’affaire Man Haron Monis, comme l’affaire Merah, est un bâton de dynamite, une déflagration de plus qui ébranle, sans – encore – le faire tomber, le bel édifice « occidental way of life », où l’on s’était persuadé que la guerre avait été éradiquée aussi sûrement que le virus de la variole, et que le bonheur ne s’y mesurait plus qu’au chiffre du PIB, à la libéralité des mœurs, et au degré de précaution en matière sanitaire. La guerre existe de par le monde, bien sûr. Mais chez les autres. Que l’on accueille d’ailleurs bien volontiers. Avec l’orgueil fou de penser que, sitôt passé le seuil doux et ouaté de l’Occident, la magie opérera, qu’ils s’y sentiront si bien qu’ils laisseront sur le paillasson, comme de vieux godillots crottés, leur paradigme, leur référentiel et leurs idées belliqueuses.

Man Haron Monis était un réfugié iranien. En Australie depuis 1996. Accusé d’une cinquantaine d’agressions sexuelles, il était aussi soupçonné d’avoir poignardé sa femme. Il avait aussi été condamné à 300 heures de travaux d’intérêt collectif pour lettres d’insultes et menaces à des familles de soldats australiens tués en Afghanistan. Mais il avait toujours le statut de « réfugié ». Et n’était pas en prison mais en liberté surveillée. Pourquoi ?

De Paris à Sydney, l’Occident est une autruche, et une autruche incrédule. Sur i>Télé, le « spécialiste du terrorisme » Mathieu Guidère, commentant en direct la prise d’otage, ne « [croyait] pas à la piste islamiste ». Selon lui, il devait s’agir d’un individu « souhaitant mettre cet acte sur le dos des musulmans » puisque l’islamophobie est « très forte » en Australie.

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