Découvrons l’Allemagne… et la lune

Par Denis Sieffert, le 20 septembre 2017

Politis

 

 

« Avec cette Allemagne-là, pas besoin de boule de cristal, notre avenir est tout tracé. » //DS

 

 

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Les laudateurs du modèle allemand semblent découvrir une autre réalité : les temps partiels, les « mini-jobs », la grande misère des services publics et la détérioration des infrastructures.

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Voilà que quelques-uns des éditorialistes les plus en vue, des économistes les plus libéraux, et des amateurs de tableaux les plus comparatifs semblent ces jours-ci s’être donné le mot pour mettre en veilleuse leurs dithyrambes habituels sur le « modèle allemand ». Ce miroir qu’ils nous tendent depuis des années pour faire honte aux cancres européens que nous serions semble soudain s’être brisé entre leurs mains. Comme s’ils découvraient à la fois l’Allemagne… et la lune. Ce stupéfiant aggiornamento médiatique n’est évidemment pas fortuit. Il survient à la veille d’élections, dimanche, qui devraient assurer un quatrième mandat à Angela Merkel, sans toutefois lui donner de majorité absolue, et permettre l’entrée au Bundestag de l’extrême droite. Un scrutin qui marquerait l’échec de la stratégie du SPD qui a contraint son candidat à un impossible exercice de contorsionniste : faire campagne contre celle avec laquelle il gouverne depuis quatre ans.

Mais il y a une autre raison à cet accès de lucidité : l’Allemagne ne serait plus seulement un modèle abstrait auquel se réfère la doxa libérale, elle serait le très proche avenir de la France. La loi travail ressemble en effet comme deux gouttes de schnaps aux lois Hartz qui, depuis 2005, régissent la société allemande. On y trouve la même facilitation des conditions de licenciement, et bientôt le même appauvrissement de l’assurance chômage. Avec cette Allemagne-là, pas besoin de boule de cristal, notre avenir est tout tracé.

C’est une bonne raison pour y regarder de plus près. La faute historique des commentateurs a été de ne considérer sciemment qu’un seul critère : le chômage. Avec ses 9,4 % de chômeurs, la France ne brille pas face à une Allemagne qui compte deux fois moins de sans-emplois. Oui, mais on semble prendre conscience que les Allemands paient très cher ce résultat en trompe-l’œil. Les fameux tableaux comparatifs prennent ces jours-ci une autre couleur. On y voit que l’Allemagne bat des records de « temps partiel », que les femmes en sont les principales victimes, et que les travailleurs pauvres sont légion. On y comprend que c’est au prix de la multiplication des « mini-jobs », parfois rémunérés à 451 euros, que le pays peut se targuer d’avoir « vaincu » le chômage de masse. Nous avons là un jeu cynique de vases communicants dans lequel les classes inférieures sont perdantes à tous les coups. Et ces emplois, appelés pudiquement « atypiques », touchent aujourd’hui un cinquième de la population active.

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Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.

2 thoughts to “Découvrons l’Allemagne… et la lune”

  1. @ Françoise
    EXCELLENT……..Je ne saurais dire mieux ….. Chapeau Madame…Je rêve d’un monde omniprésent qui refléterait la même pensée ..

  2. avec cette Allemagne là , misère et esclavage assurés , , la déchéance de l’Europe par une Merkel qui l’aura offerte aux islamiques !

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