Des soldats français en Centrafrique dénoncent l’indigence de leur équipement

Publié: 22 avril 2014 in FRANCE TV INFO
Publié: 22 avril 2014 in FRANCE TV INFO

 

Selon France Info, les militaires de l’opération Sangaris se plaignent sur le web, parfois via des tiers, du mauvais état de leurs équipements, mais aussi de mauvaises conditions de vie et d’hygiène.

 

Illustration par l'auteur
Illustration par l’auteur

 

Des tentes sans moustiquaires, des véhicules qui ne démarrent pas ou qui ne sont pas blindés… Les 2 000 soldats français déployés en République centrafricaine dans le cadre de l’opération Sangaris souffrent de leurs conditions de vie et de l’état de leur matériel sur place, rapporte France Info, mardi 22 avril.

Une armée « bout de ficelle », selon l’Association de défense des droits des militaires (Adefdromil). France Info précise que les militaires, tenus par le devoir de réserve, « se confient (…) anonymement à des tiers », souvent des mères ou des femmes. Selon la radio, des forums, des blogs et des pages Facebook hébergent des témoignages anonymes de soldats.

Des gilets pare-balles dépliés sur des véhicules sans blindage

« Nos garçons racontent qu’ils doivent frapper très fort le démarreur avec une barre de fer pour essayer de faire repartir ces vab [véhicules de l’avant blindé]. Quelquefois, cela fonctionne. Quelquefois pas. Et il faut espérer qu’à ce moment-là, ils ne soient pas pris pour cible par des insurgés », raconte Caroline, 50 ans, mère de deux soldats présents à Bangui. Elle alimente une page Facebook qui relaie des témoignages anonymes de militaires. « Mes fils me disent parfois qu’ils ont le sentiment qu’un jour, on finira par leur demander d’aller au front avec un bâton. » Ces pannes de blindés confirmées par « quasi tous les reporters qui ont été embarqués », ajoute le site de la radio.

Caroline raconte que les militaires doivent eux-mêmes s’acheter une partie de leur matériel : « Les équipements qui leur sont fournis par l’armée sont de mauvaise qualité. Ces sont des ‘premiers prix’, les coutures cèdent, les semelles se décollent, ça n’est pas fiable pour une mission de plusieurs mois à l’étranger. » D’autres témoignages font froid dans le dos : comme celui, anonyme, d’un soldat qui raconte que des véhicules sans blindage circulent dans les zones sensibles. « On fait avec les moyens du bord : on prend des gilets pare-balles et on les déplie sur les portières en guise de protection. A l’arrière, là, on met des sacs de sable pour arrêter les balles », rapporte un militaire.

Pas de moustiquaire : 56 cas de paludisme

Autres difficultés soulevées par les militaires français en Centrafrique : les conditions de vie et d’hygiène. Douches insuffisantes, problèmes d’évacuation d’eau ou encore des tentes sans moustiquaires ni ventilation efficace… Conséquence : 56 soldats auraient contracté le paludisme au cours des deux derniers mois, selon France Info.

« Tout cela alourdit les opérations et cela mine le moral », explique le président de l’Adefdromil, le colonel Jacques Bessy. L’armée française reste peu bavarde à ce sujet et se veut rassurante. « Les conditions de vie ont été rustiques au départ, car il a fallu se déployer très vite. Ces conditions se sont maintenant améliorées et je ne constate pas d’indisponibilité de la force due aux conditions rustiques d’intervention », a indiqué il y a deux semaines le général Francisco Soriano, commandant de l’opération Sangaris en Centrafrique.

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7 réflexions au sujet de “Des soldats français en Centrafrique dénoncent l’indigence de leur équipement”

  1. Merci beaucoup pour cet excellent commentaire que je valide bien sur. On en a tous bavé comme vous dites. Que ce soit comme moi à Djibouti dans la chaleur infernale ou en Allemagne dans la rigueur de l’hiver. On est encore là pour témoigner. Ce sont nos souvenirs. Bons ou mauvais. Cordialement. //RO

  2. Bon, OK nous en avons bavé. Mais les conditions de travail et de vie ne devaient pas être bien meilleures dans les mines ou sur les chantiers. Oui il y a une évolution ou bien une involution si on veut voir l’aspect pessimiste des choses. Aujourd’hui on se précipite chez le toubib dès qu’on a un bobo, celui-ci prescrit une foultitude d’examens car il a peur du juge, les médicaments ne sont pas pris car on a lu la notice des effets indésirables….
    Devant une évolution, soit on s’adapte soit on disparaît. Il faudra faire avec l’idée du combat sans mort, de l’exercice sans accident, du travail sans fatigue, de la mixité sans sexe,…
    Plusieurs milliers de combattants islamistes intégristes ont été éliminés par des drones pilotés par des gamins dans des pièces climatisées non loin de leur lieu de résidence. Pas un armement moderne ne fonctionne sans informatique et aide à la décision. Demain ces équipements seront capables de prendre la décision tout seul.
    La guerre de demain sera comme ça et ce pourrait être déjà la guerre d’aujourd’hui pour l’armée française si on n’avait pas continuer à privilégier le SNLE qui date de la guerre froide. A quoi servent ces SNLE dans les opérations passées, récentes et actuelles?
    On préfère payer des spots publicitaires en boucle pour tenter d’attirer des recrues alors qu’un déçu en dissuade plusieurs dizaines.
    Nous sommes sans doute à la croisée des chemins où la décision d’intervenir sera conditionnée plus par les moyens résiduels que par la nécessité. Nous laisserons ainsi des peuples affronter leur destin, se battre ou être battus, résister, se relever. Des envahisseurs se voir conquérants un jour et défaits des années plus tard. C’est à dire ce que l’Histoire humaine a toujours vécu sans forcément l’intervention des armées françaises.

  3. Merci pour ce commentaire que je valide bien évidemment. 27 ans pour vous, 43 ans pour moi. Engagé à 17 ans. Toute ma vie….. Pour voir ça aujourd’hui. Waterloo morne plaine. Cordialement. //RO

  4. Bonjour, ADC en retraite j’ai effectué 27 ans de bons etloyaux services.Notre armée est hélas comme notre pays sur le déclin et cela me désole et m’inqiète.Hélas les « grands chefs » tel Bigeard ont disparus, ils ne reste que des carriéristes! Cordialement

  5. Je veux bien qu’il y ait un coté « armée experte en débrouillardise », mais tout de même, sorti du petit confort personnel du soldat, le changement de matos, les véhicules ou autres, ne serait pas du luxe, on le sait tous, à ce niveau là, on commence sérieusement à craindre.

    Y a quand même un minimum, on ne peut pas demander aux soldats d’intervenir au quatre coins du monde, et ce, avec un matos datant de Mathusalem !!!

    Pour l’hygiène c’est pareil, « 56 soldats auraient contracté le paludisme », un soldat malade ne sert à rien et coûte de l’argent, merde, demander un peu de modernisation ce n’est pas demander la lune !! (quoi que)

    Soyons sérieux 5 minutes !!!

  6. Merci Pascal pour ce commentaire que je valide. L’armée dite moderne est également frappée par ce fléau. Le Web est une arme de destruction massive. Ajoutons à cela un constat que je me vois régulièrement opposer « l’évolution normale de la société », là où je vois une dégénération. Le constat dressé par nos jeunes (et moins jeunes) soldats pourtant professionnels, tient à cette société de l’enfant roi. Tout, tout de suite. Consommation, pas de contrainte, le froid, le chaud, les privations….. on ne connait plus. Alors on s’épanche. Pourtant, rien de vraiment pire que ce que nous avons nous mêmes connu. Que ce soit en France ou à l’étranger, où j’ai passé plus de 15 ans. Lorsque j’ai été affecté à Djibouti en 1971, toujours Territoire Français des Afars et des Issas (TFAI), la climatisation n’existait pas encore. Alors, certes, nous râlions lorsque l’on passait 24/24 et 7 jours sur 7 dégoulinant de sueur sur laquelle venait se coller le sable porté par le Khamsin. En Allemagne, par grand froid, on n’osait même pas pisser de peur que ça gèle….. On n’en faisait pas un plat. Tous nos militaires ne s’épanchent pas ainsi sur le Net fort heureusement, et même si certains problèmes logistiques sont réels. Et en 14, Et en 39, et en Indochine, et même à Madagascar….. savent-ils ce que nos soldats ont enduré. Et l’armée napoléonienne qui se glissait dans les entrailles des chevaux morts pour échapper au froid. J’arrête là mon propos et je suis d’accord avec vous, l’armée en général et les OPEX en particulier, ce ne sont pas des vacances Club Med ou à Pierres et Vacances! Ou alors, il faut changer de métier. On ne peut pas border tout le monde. Ah oui, j’oubliais! Et le doudou aussi. Important pour le moral le doudou. //RO

  7. C’est le problème du Web où tout un chacun s’épanche. Un soldat a un devoir de réserve et n’a pas à se plaindre de sa condition sur le terrain.
    J’ai séjourné à deux reprises en R.C.A., dans des conditions similaires. Ce n’est pas le Club Med.
    Nous allons au devant de grandes déconvenues et bien des défaites avec ces états d’âme.
    Nous ne fabriquons plus des guerriers, mais des militaires qui peinent à ressembler à des soldats.
    Tout ceci est déplorable à constater. Ce n’est pas d’aujourd’hui que nous avons une armée pauvre et c’est ce qui faisait de nous des spécialistes du système démerde, mais l’éducation d’aujourd’hui fera de nous des vaincus.
    Amen.

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