« Désarmé »

JM DZESAMEDI 4 JUILLET 2020

« Une belle plume au service de nos valeurs »

Selon un célèbre dramaturge anglais : « Qui masque ses fautes se voit, en fin de compte, démasqué par sa conscience. ». Mais ce qui pourrait être encore vrai de l’autre côté de la Manche, ne l’est plus du tout, et depuis longtemps, de ce côté. Dans ce merveilleux pays où cohabitent, les quelques derniers gaulois réfractaires, une très grande majorité de citoyens dociles, voire soumis et quelques indigènes excités qui n’ont de républicain, que le nom. Car si nos politiques avaient une conscience, depuis le temps, cela se saurait. Et si toutefois ils en ont en une, celle-ci est si bien cachée qu’il est quand même tout à fait légitime et judicieux de s’interroger sur l’existence réelle de cette conscience que l’on peine tant à reconnaitre. Même avec beaucoup d’effort, nous ne pouvons que constater, avec dépit, combien nous sommes désarmés devant leur insondable et criminelle inconscience.

Prenons l’exemple des masques, lors de cette pandémie, dans cet épisode franco-français, aussi navrant que honteux, dont le monde entier a été témoin. Alors même que ce ridicule objet, était identifié comme « vital », nos inconscients d’hier et d’aujourd’hui, ont cru bon, de délocaliser sa fabrication à l’étranger et de gérer ces stocks, en flux tendus, comme n’importe quelle autre production, selon les préceptes d’un toyotisme stupide, héritier d’une non moins absurde fordisme. Nous laissant désarmé face à cet ennemi invisible et sournois. Nous avons pu depuis, constater à quel point ces préceptes dogmatiques et quasi religieux pour ceux qui, en toute conscience, imposent leurs décisions dans les conseils d’administration, étaient pertinents et performants, au niveau financier et accessoirement sur le plan humain…

Depuis, les masques sont tombés. Ces impérities criminelles, ces hésitations coupables, ces inconsciences révoltantes ne seront, sans aucun doute, aucunement sanctionnées. Mais, le plus important n’est pas là. Aujourd’hui, il est absolument vital de faire le point, sur notre niveau réel d’indépendance dans tous les domaines, qu’ils soient régaliens ou pas. Car d’autres dangers nous guettent, et bien d’autres coalitions dangereuses et sournoises nous menacent. Il est de plus en plus urgent, en effet, de reconsidérer nos vaniteuses politiques industrielles, d’inquiéter, voire de bousculer ces inconséquents qui nous gouvernent et de démasquer ces lâches qui n’osent jamais assumer leurs actes une fois le péril passé. Car dans ce monde de plus en plus incertain, s’il existe bien un adage à garder en mémoire, c’est celui-ci : « Si vis pacem, para bellum ». Car le bon sens populaire, saupoudré d’une pointe de sagesse et d’un zeste d’intelligence, voudrait que nous ne nous puissions jamais nous retrouver, complètement désarmés face à de funestes imprévus…

Prenons comme exemple, cet élément de langage que notre inconscient en chef des Armées a usé jusqu’à la corde : « Nous sommes en guerre ! ». Imaginons, que la France entre réellement en guerre, que cette dernière soit décrite comme asymétrique ou dissymétrique, n’a ici pas grande importance. Que les combats se déroulent sur notre territoire ou à l’étranger, non plus, même si le premier cas de figure serait assurément le pire et plus sanglant des scénarios. Elle pourrait être d’ailleurs, qualifiée de « guerre civile », que cela ne changerai rien au problème. Pour faire la guerre, il faut une armée. A cette armée, il lui faut des armes, en particulier des fusils d’assaut, l’arme de base du soldat. Et pour utiliser ces armes, il faut des munitions. Croyez-vous que la France soit indépendante dans la fabrication de ces armes et de ces munitions ? Eh bien, non, et ce depuis plusieurs années déjà. Aujourd’hui, c’est l’Allemagne qui fabrique nos fusils . Pour ce qui est des munitions, c’est un très grand pays, très proche de nos alliés américains, qui doit nous livrer ces précieuses et indispensables munitions : Israël.

Avec juste un tout petit peu de réflexion, et pardonnez-moi par avance, la faiblesse de mes facultés intellectuelles (une longue tension d’esprit, depuis l’élection de Jupiter, les a malheureusement, usées bien trop vite), quelques questions me viennent malgré tout à l’esprit. Sommes-nous sûr et certain, que notre ami européen, sera toujours en mesure de nous fournir quantitativement et qualitativement ces armes ? Y compris, si la chancellerie allemande n’est pas sur le même diapason, que la France sur les causes de cette guerre et en particulier si nos partenaires européens, hésitent à nous désigner comme l’agressé ou comme l’agresseur. Sommes-nous sûr et certain que nos amis israéliens, nous livrerons quantitativement et qualitativement, les stocks de munitions attendus ? Y compris si nos amis américains, ne sont pas non plus à l’unisson des décisions prises par l’Etat français. Et dans cette réflexion simpliste, je ne prends même pas en compte, l’acheminement de ces stocks, jusqu’aux premières lignes…

Doit-on attendre d’être dans ce cas de figure, d’une extrême imprévisibilité, comme l’était le virus du COVID, pour subir une nouvelle et tragique déconvenue mortifère ? S’il n’y avait pas assez de masques pour tout le monde, en particulier pour nos héros qui étaient en première ligne, pensez-vous qu’il y ait aujourd’hui, alors que nous sommes en paix, assez de fusils en dotation dans l’Armée française pour équiper tous les soldats actuellement en service ? (Je précise bien « tous »). Vous pouvez facilement démasquer mes craintes, car en posant cette question, vous avez votre réponse…Dois-je quand même poser la question, pour ce qui concerne nos stocks de munitions ? Petit élément de réflexion supplémentaire : En temps de guerre, il faut presque toujours mobiliser…

La mondialisation, source de félicité pour tous les actionnaires de grands groupes internationaux et véritable Saint Graal de nos politiques utopiques, sera-t-elle à la hauteur de leurs espérances de richesse et surtout de nos nécessités bassement populistes et si terre à terre pour nos soldats ? Notre inconscient en chef des Armées, usera-t-il des mêmes formules éhontées que lors du COVID ? « Les armes ? elles arrivent, le gouvernement est à la tâche… », « Les munitions ? Elles vont être livrées, le gouvernement est à la tâche… ». Pas sûr, que ceux qui seront nos nouveaux héros et qui seront malheureusement face à l’ennemi, goûteront à ces arguties logistiques éculées, preuves flagrantes de la vacuité abyssale de nos stocks et du niveau de compétence de nos irresponsables.

Je n’ose même pas pousser cette réflexion simplificatrice, presque binaire et proche du manichéisme, jusqu’aux problèmes d’approvisionnement en tous genres (alimentation, médicaments, énergie, carburant, etc.), qui se feront cruellement ressentir, dans une situation aussi extrême. Si gouverner, c’est prévoir, il me semble que nous sommes bien désarmés face aux menaces qui rodent. Et si d’aventure, une improbable et inédite conjecture néfaste nous menait dans cet enfer, à qui devrons-nous vendre notre âme, pour survivre dans un pays vaincu, soumis et totalement désarmé ?

Capitaine (e.r.) Jean-Marie Dieuze, ancien officier à titre étranger.

2020 – Tous droits réservés

  • 1) Si tu veux la paix, prépare la guerre
  • 2 Le Famas était fabriqué par la Manufacture d’armes de Saint-Etienne (groupe Giat Industries), qui a fermé ses portes en 2001.
  • 3) Le HK 416 F dérivé du fusil d’assaut M4 est fabriqué par l’Allemand Heckler und Koch.

1 réflexion au sujet de « « Désarmé » »

  1. Avec les incompétents au pouvoir, soit on finira dans une dictature genre Grèce des Colonels, super chouette, où tu ne pouvais même pas parler aux gens dans la rue… Soit une dictature genre Allemagne de l’EST, super cool, où tu ne pouvais parler à personne.
    On y arrivera très vite et sans opposition, c’est encore plus facile.

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