Budget, Défense, Finance, France, Politique

Détournement de moyens

360

Par Stratediplo

Le 26 novembre 2018

 

 

« Quel que soit le pourcentage exorbitant que l’Etat prélève sur la société productive française, en ne consacrant qu’un dixième de son budget à la diplomatie et à la défense il détourne les neuf-dixièmes des moyens qui lui sont confiés à des activités sans rapport avec son impérieuse mais unique raison d’être. »

 

© Pierre Duriot

 

On s’interroge sur la légitimité, la pertinence et l’efficacité de l’appareil étatique en France.


La société est antérieure à l’Etat. Les personnes, les familles, les villages sédentaires ou tribus nomades, et les peuples existent depuis la nuit des temps de la préhistoire. La solidarité et la mise en commun de moyens apportés par chacun se sont imposées spontanément dès que des nécessités collectives ont dépassé la capacité des individus isolés, au niveau d’abord du chauffage et de l’abri, puis de la chasse et enfin de la protection et défense. C’est dans ce dernier domaine que la collectivisation des moyens est le plus cruciale puisque la nécessité y est vitale, s’agissant non pas de confort mais de survie.


A l’échelle historique, c’est lorsque l’Etat impérial romain a cessé d’exercer ses fonctions élémentaires de protection que les provinces (après que l’anarchie leur ait coûté la moitié de leur population) se sont, par nécessité, données à de petits chefs locaux capables d’assurer leur défense, même s’il a fallu ensuite plusieurs siècles pour qu’on reconstruise de véritables administrations étatiques, notamment là où la caste militaire ignorait le concept de chose publique et ne connaissait que le droit privé (chez les Francs par exemple). Et dans une Europe à la population réduite par le désordre et regroupée pour la défense il a fallu ensuite sécuriser les communications (grands chemins) entre agglomérations, donc hors des bourgs policés par les sergents de ville, fonction qui ne pouvait être confiée qu’à un acteur supra et intermunicipal, à savoir le domaine, ou encore la seigneurie ou province. Puis face à la multiplicité voire la conflictualité des petits fiefs défensifs on a ressenti le besoin d’une autorité plus centrale pour arbitrer entre eux et corriger leur arbitraire, origine de la fonction royale en France, un pays qui a conservé jusqu’à aujourd’hui le titre de « magistrature suprême », symbolisée par le chêne de Louis IX et la main de justice, et théoriquement inadapté aux régimes modernes qui professent la séparation des pouvoirs définis par Montesquieu, dans la plupart des Etats de droit sauf d’ailleurs la France dont le Conseil Constitutionnel de la V° République a solennellement réaffirmé en janvier 1987 la subordination du judiciaire à l’exécutif.


About the author / 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.

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