Dictées et calcul mental : Najat Vallaud-Belkacem tente de limiter les dégâts sur la réforme de l’école dont personne ne veut

Par Pierre Duriot, le 19 septembre 2015

Atlantico

 

Najat Vallaud-Belkacem dévoile les grandes lignes des programmes scolaires du CP à la troisième pour la rentrée 2016. Des mesures traditionnelles… Qui ont visiblement surtout une visée électorale, alors que les enseignants s’éloignent du PS et que les élections régionales approchent.

 

Atlantico : La teneur de ces programmes semble renouer avec la rigueur de l’Education Nationale. Pensez-vous qu’il s’agisse d’une volonté réelle de « refondation » de l’école ou d’un renoncement de façade destiné à récupérer du soutien politique ?

Pierre Duriot : Comment pourrait-on expliquer pareil revirement ? Suppression de la note de vie scolaire au collège, empoignades sur la théorie du genre, appel permanent à une bienveillance dont les professeurs se demandent en définitive si cela ne correspond pas à une incitation à l’impunité, tant sur le travail que sur le comportement, accompagnement des sorties scolaires en primaire par des femmes voilées, confrontations sur le latin et le grec, attaques régulières contre le système de notation, largesses sur les notes au baccalauréat, révision des programmes d’histoire et de philosophie (cf. Bruno Riondel et son ouvrage sur le sujet), irruption de la lutte contre l’homophobie à l’école… d’une certaine manière, la coupe est pleine pour les professeurs dont les analystes disent qu’ils se désolidarisent furieusement de leur ancrage traditionnel au PS. Nous sommes à deux mois d’une échéance électorale, certes traditionnellement peu suivie mais qui aura valeur de test à un an et demi de la présidentielle. Il est urgent de se repositionner pour un gouvernement régulièrement accusé par ses opposants et même de plus en plus par ses partisans, de casser les valeurs, la culture et de niveler par le bas. L’enseignement dispensé aux enfants des électeurs a toujours été un enjeu électoral de premier ordre et les français veulent des enfants instruits, préparés au mieux à entrer dans la vie professionnelle. Un coup de brosse dans le sens du poil ne nuit donc pas au vu des sondages catastrophiques paraissant régulièrement.

Que pensez-vous plus précisément du recul sur le système de notation ? Comment l’expliquez-vous ?

Un recul pour mieux sauter… Mais plus tard. A la vérité, le système de notation ne dérange personne et surtout pas les parents qui l’ont eux-mêmes vécu, qui y voient un étalonnage fiable et qu’ils comprennent parfaitement. Que l’on explique en quoi un système de couleurs, de lettres ou une notation de un à cinq pourraient être moins « traumatisants » que les notes habituelles ? Certes, elles sont facteurs de différences d’appréciation et peuvent varier selon le professeur qui note, mais cela a toujours été le cas. Un peu comme les erreurs d’arbitrage font partie du jeu. L’acceptation des imperfections humaines qui vont une fois dans votre sens et contre vous la fois d’après, fait aussi partie des apprentissages de la vie. Non, ce qui dérange, ce sont les mauvaises notes et encore, uniquement celles de votre enfant ! Encore une fois, en haut lieu on a sans doute jugé bon de limiter les dégâts réels ou perçus.

En quoi cette mesure peut-elle constituer une démarche électorale ?

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