D’où l’importance de choisir le bon cheval…

Par le Capitaine (e.r.) J.M., ancien Officier à Titre étranger

Le 20 octobre 2016 – Exclusif Le Colonel


Même les quatre fers en l’air, un tocard reste fier !


Avant toute bonne course hippique qui se respecte, il est de tradition « de faire le papier ». C’est-à-dire d’étudier avec soin les pronostics établis. L’analyse de la cote, du handicap, de la musique et de la filiation sont pour certains passionnés, une véritable quête du Saint Graal. D’autres, les plus nombreux, laissent faire le hasard et comptent sur la chance du débutant, en désignant à la dernière minute, celui qui les mènera aux succès. Un joli nom ou une bonne tête, suffisent la plupart du temps à ces rêveurs pour désigner leur champion. Mais comme la chance est capricieuse, voire carrément une garce la plupart du temps, il est bien sûr toujours préférable de s’informer un minimum avant de faire son choix. Et pour cette course en particulier, vu le profil des canassons, c’est même une obligation. Surtout si le parieur veut un tant soit peu « récupérer sa mise » et ne pas se retrouver « Gros-Jean comme devant » longtemps après la course. Nul n’est besoin de rappeler l’importance de cette épreuve au niveau national, ni que le gagnant est automatiquement présélectionné pour le grand prix de 2017. Pour rappel, sur les treize équidés en liste, seuls sept pourront finalement se présenter sur la ligne de départ de cette course à obstacles. En effet, le dernier recalé est un Hongre que même la Garde Républicaine n’aurait pas voulu dans ses écuries, tellement il est maladroit avec ses sabots. Voyons donc le pédigrée de nos possibles vainqueurs :


Dossard N°1 : Nathalie KOSCIUSKO-MORISET
Que vient faire cette femelle au milieu de tous ces mâles ? Certes, la course est ouverte à tous, mais comment peut-elle prétendre la gagner, alors même qu’elle a échoué lamentablement dans celle de la Mairie de Paris où la concurrence était des plus faibles. Elle souffre de plusieurs handicaps qui la placent très loin dans les pronostics. Ainsi, elle est capable de revirement soudain ou tout simplement de refuser un obstacle, alors même qu’elle prétend être la meilleure dans cette discipline. Elle ne brille, ni par sa constance, ni par son intelligence du terrain et ses sorties complaisamment médiatisées, n’ont d’autres but que d’éviter qu’elle ne sombre dans l’oubli. A ne retenir donc, que si on est objectivement et viscéralement un chantre de l’égalité des sexes.


Dossard N°2 : Nicolas SARKOZY
Ancien crack sur le retour, ce pur-sang croisé avec un poney est un habitué de ce type de course et il sait ménager ses efforts pour arriver à ses fins. D’un caractère plutôt belliqueux, il n’hésite pas à donner des coups de sabots vicieux à ses voisins de paddock, ou à mordre ceux qui passent à sa portée. Il part avec un lourd handicap et ses petites pattes à larges sabots, auront bien du mal à sauter les obstacles de toutes les affaires judiciaires en cours. Il est capable du meilleur comme du pire, et c’est cette attitude qui fait que les avis soient si tranchés à son sujet. Il reste malgré ses défauts, une valeur sûre dans cette course, surtout devant la piètre qualité de la concurrence.


Dossard N°3 : Alain JUPPE
Autre vielle carne également sur le retour. Pendant quelques années, il s’est beaucoup entraîné au Canada, suite à pas mal de déconvenues avec la Justice. Pour la petite histoire, il est surnommé depuis le « Caribou », ce qui de l’avis des turfistes du monde entier, n’est pas vraiment un compliment pour un cheval de course…Très à l’aise lorsqu’il s’agit de démontrer son incommensurable passion pour le « vivre ensemble dans une identité heureuse », il est un des favoris de cette course. Mais sa volonté affichée de passer pour un « bon cheval », alors qu’il a déjà prouvé par le passé, qu’il est aussi rossard que le dossard N° 2, pourrait bien lui faire perdre rapidement la faveur des parieurs. Chasser le naturel et il revient au galop…


Dossard N°4 : François FILLON
Cheval aigri et fatigué qui peine à rester dans la course. Il est obligé de courir avec des œillères, non pas parce qu’il a le sourcil ombrageux, mais parce qu’il garde une haine viscérale envers le dossard N°2 et que le simple fait d’entendre son nom le fait immédiatement ruer dans les brancards. Il en oublie presque avoir fait partie de la même écurie pendant plusieurs années, ce que les parieurs eux, n’ont bien sûr pas oublié… Aucune chance qu’il soit un jour un crack et ce n’est pas à force d’entrainement que ce tocard va s’améliorer.


Dossard N°5 : Jean-François COPPE
Autre tocard qui se présente sur la ligne de départ, mais sa soif de revanche, lui a fait oublier qu’on ne transforme pas un âne bâté en un cheval de course, sauf peut-être dans les contes pour enfants. Mais il est vrai, qu’il a toujours eu un problème avec les comptes. Ceci explique sans doute cela…


Dossard N°6 : Bruno LE MAIRE
Un dicton équestre déclare : « Ne fouettez pas un cheval qui ne demande qu’à marcher ». Nous aurions donc beau cravacher ce cheval pour le faire avancer, qu’il n’en serait pas plus rapide pour autant. N’est pas un Quarter horse qui veut et quand on est mou du jarret de naissance, on a vraiment peu de chance de devenir champion. Cet outsider est, et sera donc toujours un suiveur qui n’aura comme mérite dans cette course, que de participer.


Dossard N°7 : Jean-Frédéric POISSON
Non, ce n’est pas un hippocampe, mais sans doute le seul véritable outsider de cette sélection. Il est encore très peu connu dans le monde des courses au niveau national, sauf pour les « hippophiles démocrates chrétiens » qui fréquentent sa petite écurie. Il est également possible que le nombre de parieurs qui le sélectionneront, ne dépasse pas le nombre total de sabots réunis sur cette épreuve. Mais, à y regarder de plus près, entre les tocards et les deux favoris dont on connait déjà le pitoyable passé équestre, ce cheval donne quand même à réfléchir…

Il n’y aura de toute façon, qu’un seul vainqueur à l’issue de cette course. Espérons pour la suite, que ce champion ne soit pas atteint par la grippe équine d’ici 2017. Ni, qu’il ne soit frappé d’une mise à pied par quelques Hautes Instances, puis remplacé à la dernière minute, par un équidé de la même famille. Les zèbres et les ânes prétentieux étant nombreux dans notre beau pays. Et ils ont pour principal défaut, de se prendre facilement pour des vainqueurs potentiels, pour peu qu’on leur laisse l’opportunité de mettre un sabot en avant…


Quant aux perdants, prions pour qu’un équarisseur soit intéressé et rachète ce lot de « losers » aux poids, afin de nous débarrasser définitivement de ce que Monsieur Marcel Pagnol, nommait les «carognes» (1).


Amis parieurs, parieuses, faites vos jeux, mais avant de miser peut-être sur le mauvais cheval, gardez à l’esprit cette citation : « Le seul homme qui gagne de l’argent en suivant les courses est celui qui les suit avec une pelle et un balai» (2). Enfin, si nous nous trompons encore une fois de cheval, alors que nous sommes déjà jusqu’au cou dans le crottin, il est certain que nous aurons alors beaucoup de mal à respirer… Je rajouterai, pour conclure : « Si l’erreur n’est pas un crime, l’entêtement peut le devenir. » (3).


Nota Bene : Je m’excuse par avance auprès de nos amis équins…


1) La gloire de mon Père.
2) Elbert Hubbard.
3) Pierre-Claude-Victor Boiste.

 


Illustration par Le Colonel : Même les quatre fers en l’air, un tocard reste fier !
tocards.over-blog.com

 


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Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.