Droit du sol : l’UMP veut lancer une périlleuse réforme de ce principe fondateur

Le HuffPost Par Alexandre Boudet Publié 12/12/2013
Le HuffPost Par Alexandre Boudet Publié 12/12/2013

 

IMMIGRATION – « Le droit du sol c’est la France« , a déclaré un ancien président de la République. Lequel? Nicolas Sarkozy, au cours de la dernière campagne présidentielle. C’était sur le plateau de Canal+, durant l’entre-deux tours de l’élection. Aujourd’hui pourtant, au sein de sa famille politique, nombreuses sont les voix qui s’élèvent pour s’interroger sur ce principe voire carrément le remettre en cause. Quitte à marcher allègrement sur les plate-bandes du Front national.

L'UMP veut réformer le droit du sol, une idée jusque là défendue par le FN. | AFP
L’UMP veut réformer le droit du sol, une idée jusque là défendue par le FN. | AFP

Ce sujet sera l’une des thématiques abordées ce jeudi 12 décembre au cours de la convention sur l’immigration organisée par l’UMP. Ce rendez-vous a été annoncé au mois d’octobre par un Jean-François Copé qui tentait ainsi de surfer sur l’affaire Leonarda. « Il faut réécrire complètement la politique de l’immigration », faisait valoir le président du parti en promettant une proposition de loi en ce sens d’ici à la fin de l’année. « Pour devenir Français, il faut le vouloir, il faut le vouloir avec ardeur », a expliqué le député-maire de Meaux au cours de cette convention où il a été question de la réforme du droit d’asile, de l’espace Schengen et de la double peine.

Mais dès le mois d’octobre, c’est bien la remise en cause des critères d’obtention de la nationalité qui avait cristallisé le débat. Le Parti socialiste avait très tôt dénoncé une course effrénée derrière le FN pour remettre en cause un fondement de notre pacte républicain: « Ils sont en train de faire le carburant du FN », expliquait le ministre Benoit Hamon. « C’est irresponsable, cela banalise le FN », ajoutait David Assouline le porte-parole du PS remarquant que cette proposition figure dans « le programme du FN depuis 25 ans ».

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L’initiative n’a d’ailleurs pas trompé les Français. Un sondage réalisé quelques jours après la proposition de Jean-François Copé montre en effet que si l’opinion semble valider le projet de réforme du droit du sol (72%), une majorité estime que la finalité est avant tout électoraliste. 76% des personnes interrogées disent en effet que l’objectif principal du président de l’UMP « est de mobiliser les électeurs en vue des élections de l’année prochaine ». En clair, l’UMP cherche à séduire les électeurs tentés par l’extrême-droite.

Un principe qui date de 1851

« Cette initiative de Copé montre que nous imposons nos choix », se félicite Louis Aliot, vice-président du FN. Le parti de Marine Le Pen était jusqu’à présent le seul à vouloir mettre fin à ce point majeur du code de la nationalité. Depuis le milieu du XIXe siècle (1851), il édicte le principe suivant: tout enfant né en France, de parents étrangers, acquiert la nationalité française de manière automatique à ses 18 ans s’il habite en France à ce moment là et s’il y a habitué au moins cinq ans depuis ses 11 ans. Le musée de l’immigration rappelle sur son site Internet, que c’est pour des raisons démographiques que la France a ouvert ce droit aux étrangers.

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Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.