Drones de Damoclès sur les installations nucléaires françaises ?

Par Maurice Duclos le 04 novembre 2014

Le Colonel Attitude

 

Le raisonnement et la démonstration me semblent se tenir. Je m’en tiens à ce stade aux mêmes éléments. //RO

Depuis mi-septembre, les installations nucléaires françaises sont régulièrement survolées par des drones. Ce sont près de 12 sites nucléaires majeurs (sur 19) qui ont été ainsi survolés (au 3/11/2014).

Vendus de manière très courante dans des magasins de modélisme ou de jouets pour un prix compris entre 400 et 800 euros, ils ont une autonomie de 10 à 30 minutes. Pesant environ 1 kg, ils ne peuvent embarquer qu’une faible masse (250 à 300 g maximums, ils sont généralement prévus pour prendre une petite caméra embarquée). La distance d’éloignement maximum de la personne télécommandant l’engin reste faible : 1 à 2 km. Ces drones ne représentent aucun danger direct pour les installations nucléaires françaises.

Néanmoins, ces survols sont organisés et coordonnés sur des endroits très dispersés du territoire national. Cela implique une capacité d’organisation et de coordination, sans compter le coût de l’opération. Cette coordination exclue qu’il s’agisse à priori de simple particuliers.

On doit s’interroger sur les organisations capables de mener de telles opérations, à priori, on peut identifier trois groupes/institutions qui pourraient y trouver un intérêt :

Des groupes écologistes pour démontrer les failles dans la sécurisation des centrales nucléaires (compte tenu du risque légal et financier, du risque en terme d’image dans une période de risque terroriste majeur, cette option n’apparait pas comme la plus probable, même si on ne peut l’écarter).

Les services de sécurité de l’Etat pour tester les procédures de sécurité, la capacité à détecter les menaces (cela expliquerait pourquoi personne n’a été arrêté malgré qu’il faille se trouver à une faible distance entre le pilote et la centrale nucléaire, ce qui est étonnant et notable)

Des groupes terroristes de la mouvance islamiste pour des raisons obscures ou et multiples. S’il s’agit d’un groupe terroriste, il est pour le moins étonnant de désigner à l’avance des cibles alors qu’on pourrait être beaucoup plus discret en utilisant google earth pour un résultat correct.

Le but est donc peut être étonnamment de ne pas être discret. On pourrait envisager deux raisons pour cela :

Détourner l’attention de cibles à courts termes des services de sécurité tout en faisant du renseignement à plus long terme sur des cibles potentielles via d’autres biais.

Envoyer un message au gouvernement français, en quelques sorte un drone de Damoclès… un message disant : «La menace est bien réelle, si nous pouvons agir ici, nous pouvons agir partout. Laisser nous tranquille en Syrie et en Irak et la menace ne se concrétisera pas immédiatement »

Néanmoins, si les drones ne représentent pas une menace contre une centrale nucléaire, la menace est bien réelle contre une foule et l’utilisation de plusieurs engins conjugués à la panique d’une foule de forte densité pourrait se révéler ravageuse avec de faibles moyens.

La vigilance s’impose donc en attendant que ces vols inexpliqués et mystérieux soient éclaircis.
Maurice Duclos

Illustration : http://www.agoravox.fr

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.

One thought to “Drones de Damoclès sur les installations nucléaires françaises ?”

  1. Qui a intérêt à mener des actions contre les centrales françaises ? beaucoup de monde en effet , là n’est pas le problème , la vulnérabilité en terme de sûreté des centrales construites pour résister à un 747 est négligeable , si un risque subsiste c’est au niveau des installations électriques évacuant l’énergie vers le réseaux HT , ce sont des transformateurs 20/400 kv non protéger par une enceinte et dont le déclenchement par une simple attaque de drone au niveau des bornes de haute tension , provoquerait l’arrêt d’une tranche de 900Mw ce qui individuellement ne mettrait pas le réseaux français à genoux , plusieurs attaques simultanées pourraient provoquer l’effet châteaux de cartes que nous avions connus en 1979 , privant tout l’est de la France de la précieuse énergie pendant 2 heures.

    Comment s’en protéger ? un simple rondier munit d’un fusil de chasse qui dégommerait tout objet suspect suffirait ou un simple filet aux dessus des installations hautes tension comme pour les champs horticoles , simple et rapide à mettre en oeuvre.
    Mais nos crânes d’oeufs ministériels ont surement imaginé des parades plus couteuses et moins fiables.

    j’entendait hier , un ” spécialiste ” nous conter la faiblesse du réseaux « français-européen ” stipulant qu’en cas d’attaque simultanées , l’effet château de cartes est probable en période de forte charge ( pointe de la 1iere semaine de décembre ) à qui profiterait le crime si ce n’est qu’au lobby du nucléaire , pas assez de centrales ! ça me rappelle la panne de la Bretagne en 1974 , à l’occasion de la retransmission du film le jour le plus long qui dura jusqu’à minuit , les prévisions du dispatcher n’en a pas tenu compte et le réseau s’écroula faute d’énergie suffisante , commentaires d’EDF le lendemain ” les Bretons refusent le nucléaires , que faire ? ”

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