Du microcosme au cosmos…

Par Pierre Duriot le 12 novembre 2014

Le Colonel Attitude

En exclusivité pour Le Colonel Attitude, Pierre Duriot nous livre ici un billet impertinent, en harmonie avec les publications lecolonel.net. Je l’en remercie vivement. Bonne lecture. //RO
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La promotion Voltaire n’en finit plus de se faire des amis. Jean-Pierre Jouyet en sort, il a donc toute la confiance de François Hollande, qui en sort lui aussi. Mais Jean-Pierre avait également la confiance de Nicolas Sarkozy, son mentor en politique, aimât-il à dire, avant qu’il n’occupât le poste de fonctionnaire le plus stratégique du pays. Il a donc travaillé comme sous ministre du gouvernement Fillon et en juin dernier, il déjeunait donc avec son ancien patron.

Mais voilà, le Sarthois Fillon lui aurait demandé d’accélérer les procédures judiciaires en cours contre le petit Nicolas. Cela nécessite tout de même de penser une seule seconde que ce genre de demande puisse être suivi d’effet et quand on a été premier Ministre cinq ans, on doit savoir de quoi on parle. Les gauchistes pourront toujours arguer du fait que la vraie indépendance de la justice, c’est seulement depuis que François Hollande est au pouvoir. On a le droit de ne pas y croire, surtout quand la fine lame du Figaro, Yves Thérard, explique tout à trac à la télévision, lors d’un débat, que cette indépendance n’est et ne sera toujours qu’une chimère, vu que les parquets sont tout de même aux ordres de la chancellerie et que l’indépendance en question a l’air de bien le faire rigoler. Lui aussi sait de quoi il parle.

Il oublie tout de même de raconter ce que François Hollande a sous-entendu tout bas : «C’est difficile de faire sans la franc- maçonnerie », en parlant de sa candidature. Or l’expérience a largement montré que les camarades à tablier étaient nombreux dans l’administration judiciaire. Bref, toutes les conditions sont réunies pour qu’effectivement l’indépendance soit toute relative, dans les affaires sensibles du moins.

Le sieur Fillon ne fait pas partie de la promotion Voltaire, mais il a étudié au collège privé de Saint Michel des Perrais, dans sa chère Sarthe, d’où il fut exclu provisoirement pour avoir jeté une ampoule lacrymogène en plein cours. En a-t-il gardé le goût pour les boules puantes ? Toujours est-il que les deux journalistes rapporteurs de l’affaire sont régulièrement en contact avec le président, pour la très bonne raison qu’ils préparent un livre sur la première partie du quinquennat, ils seraient même dans un genre cul et chemises avec lui, tout en étant frontalement engagés dans une lutte anti-Sarkozy confinant à l’idéologie, étant donné qu’ils en sont rien moins qu’à leur second livre sur les déboires de l’ancien président.

Le même Thérard, du Figaro, va encore plus loin. Alors que les deux gars du Monde, ont affirmé qu’avec leur enregistrement sensible, ils n’avaient que la confirmation de ce qu’ils savaient déjà par une autre source, sur la demande supposée de Fillon, le gars du Figaro cite carrément le président comme étant la probable source en question. Et s’amuse de voir le bazar lui revenir dans la figure, sur le mode de l’arroseur arrosé. On se marre.

Le seul problème… on a comme l’impression que ce microcosme tourne en circuit fermé, non seulement entre gens de l’UMP et du PS, mais également avec les journalistes concernés. On a du mal à croire qu’Hollande n’était pas au courant du repas, de ce qui s’y est dit et de ce que les journalistes du Monde, qu’il fréquente assidûment, avaient l’intention d’y faire.

Rappelons nous que la presse écrite aussi, vit sous perfusion d’argent public. Tout cela ne sent pas vraiment la démocratie, mais la Rome antique décadente et ne pourrait servir que le Front national, bien positionné en arbitre, mais qui ne sent pas non plus très bon la démocratie.

On peut toujours se gausser des coups de poignard de Nabilla, les couteaux symboliques de tout ce beau monde ne font pas vraiment moins de dégâts.

Pire, on comprend pourquoi les gens intelligents ne font pas de politique, ils ne supportent évidemment pas la bassesse des manœuvres que nécessite ce métier, ni la pourriture de certaines mentalités. Où sont-ils alors ? En ce moment, à travailler en équipe, dans les salles de contrôle du Centre national d’études spatiales, pour réussir l’atterrissage d’un robot sur une comète lointaine. Il leur a fallu être patients, opiniâtres, inventifs et collaboratifs, en fait tout ce qu’on attend de nos dirigeants politiques et qui ne semble pas pour demain.

Pierre Duriot

Pierre Duriot est enseignant du primaire.Il s’est intéressé à la posture des enfants face au métier d’élève, a travaillé à la fois sur la prévention de la difficulté scolaire à l’école maternelle et sur les questions d’éducation, directement avec les familles.Il est l’auteur de Ne portez pas son cartable (L’Harmattan 2012) et de Comment l’éducation change la société (L’harmattan 2013).
Photo : L’homme : un micro-cosmos ? poitiers.rose-croix-d-or.org

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.

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