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Échos du Mali par Pierre Bertet

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Régis Ollivier, le 05 août 2017

Le Colonel

 

Second billet en direct du Mali par Pierre Bertet. En exclusivité pour Le Colonel.

Je vous en souhaite bonne lecture. Merci pour vos commentaires. //RO

 

 

© Photo de l’auteur

 

Bamako, Jeudi 3 août 2017. Ras Bäth – Laser d’un « retour ?… 

De qui ? De quoi ? Que s’est-il passé au juste ?… Rien de grave, en fait. Un enfant du pays rentre en fin d’après-midi chez lui au Mali par le vol d’Air France : quand il embarque en début de matinée à Paris, un sit-in a lieu dans la capitale à Bamako devant l’ambassade de France. Le motif ? Sans doute intéressant on imagine mais sans objet, au regard de ce qui se passe ensuite.

Car les images parlent d’elles-mêmes, et elles sont tout bonnement stupéfiantes de beauté. Beauté d’une conscience qui se dote d’un bras armé non pas militaire avec check-points, barricades enflammées ou mouvement armé, mais citoyen.

Ici, aucune arme. Aucun accord politique, aucun barrage de pneus qui brûlent, aucune casse ni débris d’infrastructures jonchant le sol, et pourtant des centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants réunis le long d’un parcours de 15 km. Sans préfinancement ni obligation de quoi que ce soit. Le genre d’événement qu’il est absolument impossible de créer, puisqu’il ne s’agit pas ici en l’occurrence du retour d’un bloggeur activiste, en tant que tel. Mais plutôt du retour de la conscience d’une jeunesse et d’un peuple qui en cette fin d’après-midi du 3 août, a simplement été cristallisé par ce retour: ce n’est pas pareil.

 

© Photo de l’auteur

Les pouvoirs qui ont des bras armés au Mali en mesure d’impacter ce qui s’y passe, sont aux nombre de cinq. Je reviens très prochainement dans le second volet de mon analyse opinion à paraître  » Les gouvernances de lumière, le chemin ?  » sur cet aspect particulier, mais on peut affirmer très vite aujourd’hui qu’il y a cinq pouvoirs au Mali : entendre par pouvoir toute entité décisionnelle en mesure d’exercer une pression politique, économique, socio-culturelle ou militaire, sur tout ou une partie du territoire national.

Soit Bamako, Kidal, Ménaka, Iyad Ag Ghali (où il est), et Paris (la Minusma ici n’est pas citée puisqu’elle qu’elle ne s’est pas auto-mandatée pour exercer une tutelle internationale au Mali. Cela s’est fait à l’initiative de feu le gouvernement du président Hollande, qui lui a engagé la France).
Et donc nous avons cinq pouvoirs qui depuis cinq années en particulier, on recouvert de par leurs actions, inactions, tiraillements, déstabilisations, mensonges ou méconnaissances, le pays d’un voile épais sous lequel la conscience populaire s’est retrouvée plongé dans le noir et le désarroi, et accompagné par d’immenses et intenses difficultés. C’est ce voile qui s’est déchiré avant-hier en fin d’après-midi à Bamako, et bien sûr il est à jeter. Alors la suite ?… Nous verrons bien mais encore une fois, les images parlent d’elles-mêmes.

Des 6 pouvoirs désormais en présence, celui de cette rue à l’image est sans doute le seul à porter les espoirs les plus grands, et les plus justes. Mais il est le plus faible de par ses moyens, même s’il n’en est pas moins déterminé. La clef est donc d’entendre d’abord le message, avant toutes autres considérations qui seraient partisanes ou pires, dans le déni de la réalité. Personne ne fera plus le bonheur des maliens à leur place désormais. On peut les aider, les guider ou les orienter, mais les manipuler c’est terminé.

Je finis en relevant un point qui est important. Tout cela s’est produit, c’est FAIT. En bon ordre, et dans le calme. Compte tenu du nombre de participants, il est extrêmement difficile d’obtenir la même chose de façon dirigée (aucun spécialiste du maintien d’ordre au monde ne me dira le contraire). Ce qui prouve une autodiscipline certaine, donc de la conscience. Alors certes, la conscience n’est ni un chemin, ni même un programme en soi. Mais avec de la conscience on peut aborder n’importe quel chemin, et mettre en œuvre n’importe quel programme.

Il faut simplement du respect, des compétences, du réalisme, le sens du devoir et des responsabilités, du travail, et le reste suivra. Je pense.

 

Retrouvez Pierre Bertet ici

 

 

 

About the author / 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.

By Pierre Duriot

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