Elections allemandes 2013 : « Dans dix ans, nous serons au gouvernement »

14 SEPTEMBRE 2013 Filip Gańczak (3) Polityka Varsovie Traduction : Lucyna Haaso-Bastin
14 SEPTEMBRE 2013 Filip Gańczak (3) Polityka Varsovie Traduction : Lucyna Haaso-Bastin

« L’heure est aux gestes de bonne volonté à l’égard des immigrés ».

Alors que les Français se préparent à au moins deux échéances électorales en 2014, les municipales et les européennes, Polémia a cru intéressant pour ses lecteurs de se livrer à un tour d’horizon parmi les pays proches de même situation ou qui ont une influence certaine sur les destinées de notre nation. Il y a peu nous avons présenté un commentaire sur les toutes récentes municipales de Moscou, aujourd’hui c’est au tour de l’Allemagne, par le truchement d’un organe de presse polonais (1) qui montre combien le vote émigré est sollicité. On trouvera dans cet article les nombreuses similitudes avec ce dont souffrent les Français .

Image : Dans une rue de Munich, le 2 septembre 2013, une affiche électorale pour le parti de gauche Die Linke

Munich, le 2 septembre 2013, une affiche électorale pour le parti de gauche Die Linke

Lors des législatives du 22 septembre, un électeur sur dix sera d’origine étrangère. Ce sont plus de 5,5 millions de voix que les partis se disputent, en ouvrant très timidement leurs listes aux candidats issus de l’immigration.

Berlin, jardin du Palais du Kronprinz. C’est la fête estivale des chrétiens-démocrates (CDU). Le ministre des Transports Peter Ramsauer pose, comme le veut la tradition, une chope de bière bavaroise à la main, mais la chancelière Angela Merkel vise de toute évidence un autre électorat. A la lumière des flashes des photographes, elle découpe la viande pour un kebab. C’est un signal clair que les élections approchent. Le 22 septembre prochain, les Allemands choisiront les membres du nouveau Bundestag [Parlement]. « Les immigrés deviennent de plus en plus importants pour les partis politiques », constate Orkan Kösemen, politologue à la Fondation Bertelsmann, auteur d’une étude sur le comportement électoral des immigrés. D’ores et déjà, un citoyen sur dix disposant du droit de vote a des origines étrangères. Pas moins de 5,5 millions de voix sont en jeu.

Les électeurs issus de l’immigration polonaise ou soviétique votaient traditionnellement pour les chrétiens-démocrates.

A la fin de la Guerre froide, les préférences politiques des immigrés étaient faciles à déterminer. Les électeurs issus de l’immigration polonaise ou soviétique votaient traditionnellement pour les chrétiens-démocrates. La CDU, dirigée par Helmut Kohl, et la CSU bavaroise de Franz Josef Strauss symbolisaient alors l’anticommunisme. En revanche, les anciens Gastarbeiter, ces travailleurs immigrés venus de Turquie et des pays arabes, étaient plus proches des sociaux-démocrates du SPD. Ces divisions subsistent mais les voix des immigrés sont sollicitées de plus en plus ouvertement par les Verts, et même par l’extrême gauche post-communiste.

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