Éloge de la censure

Published on avril 29th, 2016 | by Yann Merkado

Bataklan


Ceux qui invoquent l’immoralité d’appliquer la censure à ses ennemis ont le même raisonnement que ceux qui ne veulent pas réagir à la violence par la violence.

«Je ne suis pas choqué par ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de fermer votre gueule.»

 


 

« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. »

On a tous été élevés par cette phrase cucul la praline faussement attribuée à Voltaire, censée symboliser les Lumières et l’esprit de la Révolution. Pourtant, quand on observe ce qui s’est passé dans notre société démocratique, on est loin de cette doxa selon laquelle la liberté d’expression des uns entraînerait la liberté d’expression des autres.

Tout se passerait comme en théorie, si les gens étaient des individus d’un même peuple, ayant les mêmes intérêts et le même but, mais des opinions différentes. Tout se passerait comme en théorie, si les gens appliquaient tous cette merveilleuse théorie, à l’instar des pacifistes qui ne gagneront le désarmement et la paix dans le monde que lorsque tout le monde sera pacifiste comme eux. Force est de constater que ni la liberté d’expression, ni le pacifisme ne sont arrivés à remplir ces conditions.

De la même façon que le camp handicapé face à l’imminence d’une guerre est le camp où il y a le plus de pacifistes, le camp handicapé dans la lutte des idées est celui où il y a le plus de respectueux de la liberté d’expression de l’ennemi.

Les féministes auraient-elles pu monter leurs lobbies si elles s’étaient entêtées à donner la parole à n’importe quel abruti misogyne qui aurait voulu les troller, les contredire, les faire se répéter ? Elles auraient perdu toute leur énergie à essayer de convaincre des machistes moqueurs, et n’auraient probablement rien réalisé aujourd’hui. La censure est absolument nécessaire au niveau des groupes, si vous souhaitez monter un semblant de réseautage sans être parasité par des monomaniaques agressifs, lourds, ennuyeux, toxiques ou démoralisants.

Au niveau de la société, la liberté d’expression ne s’obtient pas en tolérant les propos de nos ennemis, mais il s’agit au contraire d’un bras de fer : plus vous autoriserez de comportements non-verbaux ou de paroles graves de leur part, plus le système sera indulgent avec eux et moins l’opinion publique ne sera compatissante avec vous.

Il est très naïf d’entendre des patriotes dire « Je n’aime pas qu’on crie au racisme donc je ne crie pas au racisme ». L’éternel « Ne fais pas à autrui ce que tu n’aimerais pas qu’il te fasse », principe complètement déplacé dans un contexte de combat idéologique ou physique. Eh bien non, précisément, si vous n’aimez pas qu’on vous traite de raciste, il faut traiter les autres de racistes ! Parce que croyez-moi, ils le sont, ces gens qui vous soupçonnent de racisme du simple fait que vous aimiez le pays de vos ancêtres et que vous ayez le malheur d’avoir la peau blanche.

Ceux qui se croient solides et virils parce qu’ils ne dénoncent pas le racisme dont ils font l’objet en espérant que la censure anti-raciste associative soit plus clémente envers eux sont aussi naïfs que l’enfant qui se fait harceler à l’école mais ne le signale pas à son instituteur en pensant qu’il évitera ainsi de prendre plus de coups pour avoir été « un rapporteur ». Et le pire c’est que depuis des décennies, c’est l’enfant harcelé qu’on dénonce lorsqu’il riposte mollement.

Voilà pourquoi le Renard Du Net est prometteur. Il « croque » et répertorie toute la haine anti-française et anti-blanche sur Twitter, pour que tout le monde puisse en profiter. Et là-dessus, certains devraient se la fermer au lieu de s’inventer une virilité en prononçant le mot-clé « victimisation ». Non, répertorier et dénoncer, ce n’est pas de la victimisation. Demander des réparations c’en est. Dire que c’est plus difficile d’être noir ou arabe en France, c’en est. Soupçonner en permanence l’autre d’être un raciste parce qu’il est blanc et donc un sale dominant privilégié, c’en est aussi. L’anti-France est en permanence dans la victimisation, et pourtant, c’est vous qu’il fait passer pour des victimes. Les Français sont des victimes, parce qu’ils ne se défendent pas, pas parce qu’ils commencent timidement à mettre un mot sur la haine raciale profonde dont ils font l’objet.


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Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.