Embrasement du Moyen-Orient : Une perspective inéluctable

Par Roland Pietrini, le 12 juin 2015

ATHENA – DEFENSE

Publié avec l’aimable autorisation de l’auteur que je remercie vivement. //RO

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Alors que l’ensemble du Moyen-Orient s’embrase, les pays occidentaux semblent hypothéquer la chute de Bachar el-Assad dans l’espoir confus de voir s’éclaircir une situation qui se dégrade de jour en jour. Pari risqué, signe d’une urgence gérée au jour le jour,  comme si le fait d’apercevoir dans une tempête de sable le mirage d’un lac, étanchait la soif des caravaniers perdus dans le désert.

 

L’élimination de Bachar  d’ascendance alaouite, branche du chiisme, (1) mais marié à une sunnite anglo-syrienne rencontrée à Londres et de sensibilité laïque ne peut que  complexifier une situation désormais hors contrôle, ce qui ne manquerait pas de  provoquer un effet domino sur toute la région y compris la Turquie. Dès 2013,  dans une interview donnée aux médias turcs Ulusal et au journal Aydinlik, Bachar el-Assad déclarait : « L’incendie en Syrie va se propager en Turquie, malheureusement (Erdogan) ne voit pas cette réalité-là ». Sa prédiction m’apparait d’une actualité brûlante.

Force est de constater que toute la politique américaine de ces dernières  années, en Irak comme en Syrie, au Yémen, en Libye avec ou sans l’aide de la France, est un échec patent. (La France a choisi avec Sarkozy la politique du renoncement et celle du retour dans l’OTAN, c’est à dire l’abandon de notre indépendance géostratégique).  Le rapprochement récent  des Etats-Unis avec l’Iran, alors que le nucléaire iranien est en cause,  traduit  l’absolue nécessité de lutter contre  Daech est contrebalancé au Yémen, puisque Washington semble soutenir  le président Hadi, alors que  Téhéran appuie la rébellion (chiite) houthiste. Quant à Israël et l’Arabie Saoudite que tout oppose, leur guerre larvée contre l’Iran est commune et les E.U sont les alliés à la fois de l’Arabie Saoudite et d’Israël.  

C’est un pot de pus pour employer une expression bien connue des militaires et selon Foreign policy “Nous sommes à deux doigts de voir ces différents conflits se relier pour donner lieu à la pire combinaison que le monde ait connue depuis août 1945.”. Partout où  l’armée loyaliste de Bachar ne bénéficie pas de l’appui crucial du Hezbollah libanais pro-iranien, celle-ci recule. La prise récente par les rebelles du dernier poste frontalier avec la Jordanie, quelques jours après la chute de la ville d’Idleb est un revers de plus pour le régime syrien qui vacille. Le  Liban réarmé par la France grâce au financement de l’Arabie Saoudite et la Jordanie  encerclée par la Syrie  au nord, l’Irak ou ce qui en reste  au nord-est, l’Arabie saoudite à l’est et au sud, et enfin Israël et la Cisjordanie à l’ouest, ne pourront rester hors du conflit très longtemps.

Tous les clignotants sont au rouge, après les Libye (s), où l’EIIL s’est emparé en mai de l’aéroport de Syrte, ainsi que de la centrale thermique voisine. Le contrôle de Syrte par Daesh semble être imminent, a rapporté récemment le Centre américain de surveillance des sites islamistes. En Irak, l’armée irakienne appuyée par la coalition enregistre quelques succès contre l’EI. Ce sont des   succès précaires, Bagdad est sauvé, mais ce n’est que provisoire, une guerre menée par un Etat sans structure, déchiré entre factions et tribus  ne peut avoir d’issue favorable. D’ailleurs, les Etats-Unis en essayant de tirer les leçons de la perte de Ramadi, chef-lieu de la province sunnite d’Al-Anbar, veulent s’appuyer de plus en plus sur les  Sunnites. « Nous avons déterminé qu’il serait mieux de former plus » de combattants irakiens face au groupe Etat islamique, a indiqué mardi le colonel Steven Warren, porte-parole du Pentagone. « Nous travaillons maintenant à une stratégie pour y arriver », a-t-il ajouté. Ce qui en fait traduit très justement une absence totale de stratégie.

Pour compléter ce tableau imparfait, il faut noter le fait que l’Arabie Saoudite considère l’emprise de l’Iran de plus en plus grande en Syrie, comme une agression potentielle. Selon Rami Abdel Rahmane, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), « la prise d’Idleb le 28 mars par la branche syrienne d’Al-Qaïda et des rebelles a été une cuisante défaite pour Damas, car il s’agit de la deuxième capitale provinciale qui lui échappe depuis le début de la guerre. La ville est tombée en quelques jours « grâce au grand nombre d’insurgés et surtout aux quantités d’armes parvenues via la Turquie » » (2)

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