Entre Trump et le renseignement US: la guerre froide!

Frédéric Helbert, publié le 12/11/2016

Frédéric Helbert le blog


 

C’est une situation inédite dans l’histoire des USA. De l’aveu même de plusieurs de leurs hauts-responsables, les tous puissants services de renseignements américains, répartis en des dizaines d’agences, un sentiment général de crainte et de défiance règne à l’égard de de Donald Trump au sein de la communauté du Renseignement US.  « Comment voulez-vous qu’il en soit autrement lorsqu’on reprend ses déclarations à l’emporte pièces nous concernant et concernant certaines de ses options en matière de politique étrangère » confie un « proche »  de la CIA en poste en Europe.

La « guerre froide » interne entre Donald Trump et les services US ne date pas d’hier. En aout dernier, en pleine campagne électorale, le candidat Trump avait déclaré sur Fox News: « Regardez ce qu’il s’est passé depuis 10 ans, ça a été catastrophique, ils ont pris tellement de mauvaises décisions, regardez l’Irak, regardez le Moyen-Orient, ils en ont fait un énorme baril de poudre », je ne leur fais pas confiance » .

Fait sans précédent alors, 50 anciens très hauts responsables de la sécurité nationale des Etats-Unis avaient alors signé une lettre ouverte, rédigée au vitriol, estimant que Trump n’était pas qualifié pour être président et commandant en chef, qu’il serait un président dangereux, risquant de mettre en péril la sécurité nationale.  Et les signataires de cette lettre de 2 pages n’avaient pas mâché leurs mots.

« Donald Trump n’a pas le caractère ni les valeurs, ni l’expérience pour être président. Il appauvrit l’autorité morale des USA, pays leader du « monde libre ». Il n’a pas la connaissance basique du fonctionnement de nos institutions, de la Constitution, de nos lois, notamment quant à la tolérance religieuse, la liberté de la presse, et l’indépendance de l’appareil judiciaire. Il a une pauvre compréhension des intérêts vitaux du pays, des challenges diplomatiques complexes, des alliances indispensables qui doivent être les nôtres. En même temps il ne cesse de soutenir nos ennemis, et de menacer nos amis où alliés (…) Malgré son ignorance, il affirme mieux savoir comment gérer la guerre contre l’état Islamique que nos généraux. Il est incapable, où ne veut pas faire le tri entre vérité et mensonge.Il ne tolère aucune critique personnelle. (…) Nous comprenons la frustration du peuple américain, du fait de l’incapacité du gouvernement fédéral à résoudre des problèmes domestiques où internationaux,  nous savons aussi que nombreux sont ceux qui doutent d’Hillary Clinton. C’est le cas de beaucoup d’entre nous. Mais Donald Trump n’est pas la solution! Nous avons la conviction que Donald Trump serait le président le plus irréfléchi (où inconscient) de l’histoire américaine ».

 


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Illustration Le Colonel :Donald Trump on the need for NSA phone data collection | Fox News Video
video.foxnews.com

 

 


 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.

2 thoughts to “Entre Trump et le renseignement US: la guerre froide!”

  1. C’est presqu’une tradition : Les présidents américains sont, sur le plan international, complètement incompétents. Si Trump met Paris en Allemagne (et je crois que c’est un lapsus), un autre candidat, questionné à la Télévision sur ces vues au Moyen Orient ne sait pas ce que « Alep » veut dire.
    Voyez Truman, Kennedy, Johnson, le jeune Clinton, et même Hillary qui nous assurait que ces nombreux voyages la qualifiait pour la Maison Blanche… Ils ont appris sur le tas, conseillés par leurs généraux, la CIA et les « anciens ». Quant aux quelques présidents « qualifiés », on note Eisenhower, Carter, Teddy Roosevelt (ignorons son cousin), leurs prestations n’ont pas été des meilleures.
    Voyez aussi la distribution des postes d’ambassadeurs qui dépend des contributions au parti : Luxembourg pas cher, mais Londres et Paris une fortune etc.. Si l’ancien ambassadeur John R. Bolton prend les affaires étrangères, ceci pourrait changer (un peu).
    En fait tout ceci est la conséquence de l’éducation américaine et de l’indifférence totale des citoyens en matière de politique internationale. Ils sont plus intéressés à la construction d’une route locale que du tracé d’une frontière en Afrique.

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