Et Dieu créa la femme… de militaire

Sur le site Facebook infos soldats

Le 21 septembre 2014

 

 

Le Bon Dieu était en train de créer un modèle de femme de militaire. Il en était à son sixième jour de travail supplémentaire, quand un ange apparu.

Il dit : « Seigneur, il semble que vous ayez là beaucoup de soucis. Qu’est ce qui ne va pas avec ce modèle ? »

Le seigneur répondit : « Avez-vous vu les instructions concernant cette commande ? Cette femme doit être totalement indépendante, posséder les qualités à la fois du père et de la mère, être une parfaite hôtesse pour quatre invités comme pour quarante, et ce, avec une heure de préavis, « marcher » au café noir, parer à toute urgence sans manuel, être capable de poursuivre ses activités allègrement, et même si elle est enceinte et grippée, bien vouloir déménager dans un nouvel endroit dix fois en 17 ans. Ah ! Et puis elle doit avoir quatre bras. »

L’ange secoua la tête : « Quatre bras ? Impossible. »

Le Seigneur poursuivit : « Ne vous en faites pas. Nous ferons d’autres femmes de militaire pour l’aider. Et nous la doterons d’un cœur particulièrement fort pour qu’il puisse se gonfler de fierté au récit des exploits de son mari, supporter la douleur des séparations, continué à se battre régulièrement quand elle est débordée et fatiguée et être assez grande pour dire « je comprends » quand elle ne comprend pas et dire « je t’aime » sans réserve. »

« Seigneur ! », dit l’ange en lui touchant doucement le bras, « allez vous coucher et prenez un peu de repos. Vous pourrez terminer demain. »

« Je ne peux pas m’arrêter maintenant » dit le Seigneur, « je suis si près de réussir à créer quelque chose d’unique. Déjà ce type de femme se guérit toute seule quand elle est malade, peut héberger six invités imprévus pour le week-end, dire au revoir à son mari sur un quai, une piste ou dans une gare et comprendre pourquoi c’est important qu’il parte ».

L’ange fit le tour du modèle de femme militaire, la regarda de près et soupira : « Elle a l’air bien mais elle est trop douce. »

« Elle a peut être l’air douce » répliqua le seigneur, « mais elle a la force du lion. Vous n’imaginez pas tout ce qu’elle est capable de supporter ! »

Finalement, l’ange se pencha et fit courir son doigt sur la joue de la création de Dieu. « Il y a une fuite » annonça-t-il. « Quelque chose ne va pas dans cette construction. Je ne suis pas surpris qu’il y ait une fissure. Vous essayez d’en mettre trop dans ce modèle. »

Le Seigneur parut offensé par le manque de confiance de l’ange. « Ce que vous voyez là n’est pas une fuite dit-il, mais une larme. »

« Une larme ? Pourquoi donc ? » Demanda l’ange.

Le Seigneur répondit : « C’est pour la joie, la tristesse, la douleur, la déception, la solitude, la fierté et c’est une dédicace : toutes les valeurs auxquelles son mari et elle, sont attachés. »

« Vous êtes un génie ! » S’exclama l’ange.

Le Seigneur paru embarrassé : « Mais la larme, ce n’est pas moi qui l’ai mise là. » dit-il…

Rendez-vous sur le site Facebook de Infos Soldats ici

Illustration par infos soldats

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.

3 thoughts to “Et Dieu créa la femme… de militaire”

  1. je comprend que cette vie a été un ensemble de sacrifices et chacun a du oeuvrer pour le bien commun , la défense de la nation , j’ai trop tendance a idéaliser et mettre la barre très haut dans mes concepts .
    Cordialement

    ps: 2cl à la Ba180 de Bou Sfer en 70 , y compris la dissolution de la base , reliquats des accords d’Evian de 62 .

  2. Je comprends bien le fond de votre pensée Pierre. Mais un militaire, y compris en base arrière, est militaire en tous temps, tous lieux, toutes circonstances. Partir au coup de sifflet bref comme on dit. J’ai aussi donné beaucoup. Je partais longtemps soit en missions, soit en manoeuvres. Et j’ai délaissé durant de longues années ma famille. femme et enfants. Je n’ai pas vu grandir les trois premiers car c’était la carrière avant la vie de famille. Tout a reposé sur les épaules de mon épouse. Il aura fallu que nous ayons « un petit dernier », 12 ans après celle qui devait être la dernière pour que je vois grandir un enfant. Il a 15 ans et je m’en occupe toujours, car ce n’est facile un ado, seul à la maison avec une maman qui travaille et un papa retraité et âgé de … 62 ans. Oui, la carrière fut un sacerdoce. Et parfois je m’étonne que mon épouse ait pu supporter une telle vie. mais bon! je me suis engagé 2ème classe en 1969 à 17 ans. J’ai terminé Lieutenant-colonel. Je ne me plains pas à posteriori. Bonne continuation. Et… n’oubliez pas de voter pour lecolonel.net. 1 clic par jour. Cordialement.

  3. Beau texte en effet , à servir en fin de banquet au mess officiers , mais qui appelle à une mise au poing , on parle dans ce cas du militaire fonctionnaire , celui de la logistique , du commandement , ceux qui rentrent chez eux le soir mettre les pieds sous la table et faire du jogging avec les nomes , ceux qui organisent , plannifient et donnent des ordres .
    Quand est il du soldat ou plutot du guerrier ? , non pas que je fasse une distinction hiérarchique de classe , mais celui qui tient l’arme , qui risque sa peau dans des guerres post coloniales , celui qui n’aura pas une pensée pour l’etre aimé , car par devoir il sera resté célibataire à l’instar du moine pour se consacrer entièrement à sa mission.
    Comprennons nous bien , un soldat au combat ne doit avoir aucuns états d’âme si on le veux efficace , la seule pensée du lit douillet et de l’épouse aimante et des études des petits sera un frein à la réalisation de sa mission.
    J’idéalise peut etre la fonction militaire , mais je la vois comme un sacerdosse , ou le sacrifice de Soi passe par une vie frugale en plaisir , ça me rappelle le long monologue du Cl Kurtz dans « Apocalypse Now » , tout y est dit sur la fonction militaire .
    Mes respect Mon Colonel

Les commentaires sont clos.