Et maintenant, la Sécurité Sociale en fonction du revenu. Ben voyons.

Publié le 20/05/2013 Contrepoints

Si vous avez un sentiment désagréable lorsqu’on vous parle de sécurité sociale, de système de soins français que le monde nous envie, et d’excellents remboursements de prestations médicales, c’est normal : plus personne ne semble réellement croire à ces fariboles. Le problème avec les systèmes collectivistes, c’est que même lorsqu’on a cessé d’y croire, il faut continuer à les financer. Et en période de crise, ça pose de furieux problèmes.

 

C’est un peu toujours le même problème avec les bonnes intentions mal boutiquées financées sur la bonne volonté, les calculs faux et une bonne dose de mensonges optimistes : ça finit toujours en catastrophe budgétaire. De ce point de vue, l’ensemble des différentes branches de la sécurité sociale (chômage, maladie, retraite) répond de façon parfaitement prévisible à ce qu’on pouvait attendre d’un système collectiviste qui aura soigneusement détaché les responsabilités de ceux qui coûtent aux devoirs de ceux qui payent : c’est la faillite.

Oh, bien sûr, pour le moment, on louvoie, on bricole, on travestit un peu la réalité parce qu’on la sait douloureuse et ce peuple enfantin que les politiciens dirigent ne pourrait encaisser pareille nouvelle. Pensez donc ! « Votre retraite ? Des nèfles. Les indemnités chômages ? Cacahuètes. Les remboursements sécu ? Peanuts. » Voilà qui n’est pas très vendeur électoralement parlant.

François Bricorama et Jean-Marc Jardiland occupent donc le terrain pour arrondir les angles qu’on va de toute façon se prendre dans la pommette. Avec les retraites, ce qui était du domaine de l’impossible (augmenter la durée des cotisations) est redevenu réalité dans la décontraction qui caractérise les gens déjà élus dont les promesses n’engagent finalement personne, pas même ceux qui les ont écoutés, ces derniers étant endormis on ne sait trop où.

la france jardiland et bricolage

Pour le chômage, ne vous inquiétez pas : les tours de passe-passe statistiques suffiront à pipeauter le peuple. Dans mon godet droit, la catégorie A. Dans mes deux autres godets, du vide élyséen. Je déplace un peu par ici, un peu par là, zip, zoup, la main est plus rapide que l’œil, zip, zoup, catégorie D, catégorie E, ni vu, ni connu, zip, zoup, et où sont les chômeurs ? Dans le godet du milieu ? Non. Dans le godet de droite ? Non plus. Celui de gauche ? Eh non. Disparu. Pfuit. Sacré François.

Quant à l’assurance maladie, il en ira de même : puisqu’on n’arrive plus à boucler les budgets, dépensons l’argent autrement, c’est-à-dire arrêtons de le dépenser, et, si possible, continuons de faire payer ces cochons de riches (pour rappel, est riche en France celui qui gagne plus de 1700€ net, le salaire médian). Comment allons-nous nous y prendre, et surtout, quelle gélatine devra enrober le suppositoire à hameçon pour qu’il s’insère sans douleur ?

Le plus simple, dans ce genre de cas, c’est de faire appel à quelques chercheurs du CNRS triés sur le volet pour être à l’économie ce que l’aspartame est au glucose. Le mode de fonctionnement est simple, regardez : on insère une subvention de recherche dans la fente ici, on pousse sur le gros bouton rouge là, cela fait un petit ronronnement rassurant, et en quelques minutes, un « plonk! » mat nous indique qu’une étude vient de tomber. Et ce sont donc Pierre-Yves Geoffard (CNRS) de la Paris School of Economics et Grégoire de Lagasnerie (doctorant au CNRS) qui décrochent la timbale en préconisant de réformer le système de remboursement de la Sécurité Sociale en prenant en compte le revenu des malades.

Oh, une réforme ! Que voilà une bonne idée ! Il est vrai que la réforme des systèmes collectivistes, en France, se faisait attendre puisqu’on n’en parle qu’une fois ou deux par an.

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Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.