Exécution des deux journalistes de RFI : “Envoyé Spécial” révèle un possible scandale d’Etat

 

Par Emmanuelle Skyvington

Publié le 25/01/2017. Mis à jour le 26/01/2017 à 19h15

Télérama


 

Les deux journalistes de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, auraient été enlevés et assassinés par Al-Qaïda, en représailles au versement incomplet de la rançon pour la libération des otages d’Arlit. Scandale d’Etat en perspective si cette révélation explosive d’“Envoyé Spécial” se vérifiait.

Un an durant Envoyé spécial a enquêté sur une affaire d’Etat : la question des négociations qui ont rendu possible la libération des otages d’Arlit, enlevés au Niger en septembre 2010. Signée Geoffrey Livolsi, Michel Despratx, Antoine Husser, Loup Krikorian et Marielle Krouk, cette investigation aux révélations explosives, explore les liens qui existent avec une seconde affaire : l’enlèvement et l’assassinat de deux journalistes français de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, à Kidal, au Mali.

Le point de départ, c’est l’enlèvement, le 16 septembre 2010, à Arlit, dans le Sahel, de six hommes et une femme travaillant sur le site minier d’Areva, par un commando d’AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique). Leur kidnapping a eu lieu en pleine nuit, après une fête entre collègues. Les ex-otages racontent qu’à 2h30 du matin, ils se sont fait sortir du lit « de manière assez violente » puis ont été embarqués « encore pieds nus » dans un véhicule. Direction le massif des Ifoghas au nord-est du Mali, une zone contrôlée par les Islamistes. Sur ces sept employés d’Areva, quatre hommes, Pierre Legrand, Marc Féret, Thierry Dol et Daniel Larribe, vont rester captifs durant trois ans. Lorsque ces quatre ressortissants français sont finalement libérés le 29 octobre 2013, la France se félicite d’avoir récupéré ses otages « vivants », et d’avoir maintenu « l’unité de la Nation ».

Loin de ces satisfecit, Envoyé spécial, au terme d’une enquête extrêmement délicate, ponctuée de menaces sur son équipe et la rétractation de certains témoins-clés, révèle une autre histoire. Un récit très différent de la version officielle qui, s’il se vérifiait, constituerait un véritable scandale d’Etat qui éclabousserait la présidence de la République, le ministère de la Défense et la DGSE. Explications en quatre points.

Comment la France a mis en place deux équipes rivales de négociateurs pour obtenir la libération des otages

Très vite, l’identité des ravisseurs des Français est connue : il s’agit d’une équipe sous les ordres d’Abou Zeid, cofondateur d’AQMI. L’homme s’est spécialisé, depuis 2003, dans le rapt de touristes dans le Sud de l’Algérie. Avec lui naît le business juteux des otages.

Le film explique bien comment deux équipes de négociateurs ont travaillé en parallèle. Soutenu par Areva et la DGSE, Jean-Marc Gadoullet, ex-agent secret, est le premier à être mandaté par la France pour aller négocier la libération des otages. Officiellement, c’est Areva qui paye, mais c’est l’Elysée qui supervise les opérations. Gadoullet finit par rencontrer Abou Zeid, qui est prêt à libérer les otages par paquets. Mais la négociation n’aboutit pas et Gadoullet est blessé par balles en novembre 2011 : il doit rentrer se faire soigner en France, mais assure qu’il continue à travailler.

Un nouveau négociateur (concurrent) surgit en la personne de Pierre-Antoine Lorenzi. Lui aussi ex-agent de la DGSE et patron de la société de sécurité Amarante, il est introduit dans le jeu avec l’aval du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian. Plan A contre à plan B, DGSE contre ministère de la Défense… Envoyé spécial dépeint un fiasco, une guerre des négociateurs, de l’argent qui s’évapore, le refus de la France de payer une rallonge au nom des « frais d’opérations »…

Pendant ce temps, les otages vivent l’enfer : « des interrogatoires, des simulacres d’exécution, beaucoup de tirs de kalashnikov. La haine et l’atrocité de ces individus, c’était de la torture », résume l’un d’entre eux, Thierry Dol devant la caméra.


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Envoyé spécial, le jeudi 26 janvier 2017, à 20h55 sur France 2.

 

 


 

 

1 réflexion au sujet de « Exécution des deux journalistes de RFI : “Envoyé Spécial” révèle un possible scandale d’Etat »

  1. Tiens, tiens, Jean-Yves Le Drian, le fameux dormeur du « Valls » de la finale de la BAP retransmis à la TV.
    Tiens, tiens, Jean-Yves Le Drian, le soi disant « très grand vendeur d’armes » de la république socialiste serait-il impliqué lui aussi dans une « évaporation financière » pour des intérêts socialistes de châtelain parisien ou breton à la fois.
    Entre le soi disant « chrétien et fier de l’être mais pas trop », faut pas pousser quand même, et le multi vrp des industries d’armes de la nation, y aurait-il une piste d’enrichissement personnel cachée?.
    On sait que, l’argent n’a pas d’odeur (de sainteté) mais il sert à tellement de chose que certains cachent leurs destinations finales. La remise en état de tout petits manoirs provinciaux.

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