Face à la mondialisation des menaces, le Général de Villiers défend « l’armée dont la France a besoin »

Par Olivier Berger, le 30 janvier 2015

Défense globale – Blogs La Voix du Nord

 

Concernant le retour éventuel d’un service national obligatoire, je retiens cette phrase sentence du Général de Villiers qui me conforte dans ma propre opinion : « l’armée demeure un acteur social, un intégrateur de la société ». Seulement, avec toutes ces déflations et ces restrictions budgétaires, la réapparition d’un service militaire pur et dur est totalement illusoire (manque d’encadrement, de structures d’accueil, de moyens). //RO

 

 

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L’armée française est sur tous les azimuts en cette période troublée, avec « sa défense de l’avant » en opérations extérieures et le déploiement de 10 000 hommes pour la protection du territoire national (en principe pour quatre semaines). Le chef d’état-major des armées, le général Pierre de Villiers (photo ministère de la Défense), doit aussi mener une transformation, une actualisation de la Loi de programmation militaire, tenant compte des contraintes budgétaires, d’un report et lissage des déflations (il en reste 15 000 à faire dans le périmètre CEMA, c’est-à-dire hors DGA, SGA…) et accessoirement, un déménagement au Pentagone français de Balard (deuxième quinzaine de mai pour le chef d’état-major). « Oui, le CEMA est bien occupé », dit-il avec un petit sourire.

Lors d’un échange, ce vendredi, avec les membres de l’association des journalistes de défense, le général de Villiers a fait un point sur la mondialisation de la menace et ses répercussions sur le théâtre national. « La violence s’exporte, le terrorisme se franchise. » « La banalisation de l’usage de la force » et la réduction de l’avancée technologique (IED, cyber…) posent de vraies questions d’adaptation aux nations et armées occidentales.

Dans cet abîme de réflexions, on suggère que la logique de la Défense comme variable d’ajustements budgétaires a vécu. On verra ce qu’en pense Bercy. Le général de Villiers a ainsi déconstruit « l’illusion de la guerre courte » (15 ans, tarif moyen) et celle de « la notion de guerre, de combat et même de victoire qui ne cesse d’évoluer et à laquelle il faut s’adapter sans cesse, et plus vite qu’auparavant ». Sans négliger le temps long et la constance dans la préparation, les capacités… « C’est mon quotidien. »

Priorité au Sahel

Sur le plan des opérations, le chef d’état-major des armées est clair : « La priorité va au Sahel. Nous sommes leaders avec nos partenaires du G5 (les pays concernés, Tchad, Niger, Burkina Faso, Mali, Mauritanie). » La France « accepte d’être équipier au Levant » (aux Américains de réparer leurs erreurs dirait Jean-Pierre Chevènement). Avec un objectif suprême, « empêcher toute connexion entre les différents foyers terroristes ».

« La protection de la France reste et restera une préoccupation prioritaire. » Ce qui nous amène à glisser vers la transformation, « le modèle d’armée dont la France a besoin ». Pour le général de Villiers, « les crises récentes ont montré la pertinence du choix d’un modèle complet d’armée ». « Il ne faut pas adapter notre outil aux seules menaces d’aujourd’hui, sans penser à l’avenir incertain. »

Armée, acteur social

Les assassinats de Charlie-Hebdo et la résurgence de l’idée d’un service républicain permettent au CEMA de rappeler qu’avec 20 000 jeunes quittant chaque année l’institution, « l’armée demeure un acteur social, un intégrateur de la société ». Seulement, avec toutes ces déflations et ces restrictions budgétaires, la réapparition d’un service militaire pur et dur est totalement illusoire (manque d’encadrement, de structures d’accueil, de moyens).

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